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 Caught in the tide

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◆ Manuscrits : 4682
◆ Arrivé(e) le : 05/08/2015
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Sujet: Caught in the tideMar 28 Mar - 0:26

I followed you to the deep end
I was helpless but still you pulled me in
Now I'm caught in the tide

fin janvier 2016

Willow avait cessé de chercher le confort de son foyer. Ca s'était fait comme ça, tranquillement, à son insu. Une course à faire par-ci, un détour par-là, une excuse de ce côté, des papiers à remplir de l'autre, tant et si bien qu'elle rentrait à présent rarement avant l'heure du couvre-feu qui faisait convulser la ville, et que plus personne ne respectait. Lorsqu'elle n'était pas dispatchée sur l'une des nombreuses altercations qui animaient les rues, les séances de sport de fin de journée prenaient le pas sur celles du matin, et la salle où elle était inscrite avait rouvert ses portes jusqu'à 21h, faisant fi des interdits, pour son plus grand plaisir. Malgré son travail au sein des forces de l'ordre, elle n'avait jamais été première de la classe lorsqu'il s'agissait de respecter la loi. Et puis, rien ne valait le sandwich de la supérette du coin avalé en quelques minutes après l'exercice, et elle échappait ainsi au rituel du dîner où la tradition voulait que l'on s'assoie et que l'on prenne son temps. Lorsque, après nombre d'efforts, quelqu'un, souvent Adam, parvenait à l'asseoir à table pour lui faire ingurgiter de la véritable nourriture, elle se joignait volontiers aux conversations et participait à la bonne humeur générale, mais elle ne tenait plus en place, et ne tardait pas à retourner à ses errances. Elle était même allée jusqu'à se perdre à la bibliothèque, épluchant divers ouvrages sur la police, les tueurs et ses études. Elle qui ironiquement n'avait jamais aimé lire. Tous les prétextes étaient bons pour être seule, alors qu'en vérité c'était des autres dont elle avait besoin.

On lui avait toujours connu ce penchant pour la fuite. Auparavant, elle fuyait la mort et s'échappait dans l'alcool, buvant verre sur verre jusqu'à ce que le temps où l'esprit lui manque. Puis elle s'était échappée vers Peter, remplissant ses journées avec le parfum du blond, délaissant la réalité pour le monde utopique qui ne répondait qu'à eux. Aujourd'hui, elle fuyait l'immobilité, elle fuyait les pensées qui venaient l'empoisonner lorsqu'elle cessait de bouger, elle fuyait la solitude qui s'était fait un nid dans son lit. Surtout, surtout, elle fuyait ses amis. Elle fuyait Adam et sa bonne humeur, elle fuyait Chloe et son innocence, elle fuyait Jesse qu'elle avait du mal à regarder dans les yeux. Ses sentiments à l'égard du brun étaient d'une complexité qui la dépassait entièrement, et elle se haïssait d'être incapable de les résoudre. Jamais elle n'avait douté du jugement de Jesse. Elle avait suivi ses conseils et avait rejoint la police lorsqu'il l'avait aidée à remonter la pente, elle avait toujours tenu son amitié en estime et son avis pour loi, et lorsqu'il lui avait apporté des preuves incriminant Peter, elle l'avait chassé, émiettant son âme au passage. Alors pourquoi cette fois-là était-elle différente ? Elle avait elle-même placé la décision dans les mains de l'aîné, lui exprimant honnêtement qu'elle avait confiance en son jugement. Il n'avait fait rien de plus que suivre ce jugement, révélant aux autres ce qu'ils avaient jusque-là gardé caché. Depuis lors, la brune s'était trouvée mal-à-l'aise, malgré tous ses efforts pour comprendre et accepter. Son désir n'avait certainement pas été que Jesse se sente coupable ou remarque son embarras, alors elle avait tenté de graviter un peu plus loin, elle avait félicité sa promotion et détourné le regard lorsque la mairie en quarantaine entrait dans son champ de vision. Il était entièrement possible que la seule raison de sa réticence était qu'elle n'approuvait pas. Que si elle avait été concertée, elle aurait pu formuler sa désapprobation et lui dire que ça ne lui semblait pas être une bonne idée. Elle ne savait pas si cela aurait eu une influence sur la décision finale, mais elle aurait au moins été entendue.

Quoi qu'il en soit, c'était ce genre de pensées contradictoires qu'elle évitait en courant d'un bout à l'autre de la ville pour un mauvais prétexte ou un autre. Jesse était revenu habiter à la villa avec eux, aussi il était d'autant plus difficile de maintenir les apparences. En d'autres temps, elle aurait pu concerter Peter, recueillir son avis ou, à défaut, trouver du réconfort auprès de lui. Qu'importait que lui et Jesse ne se soient pas entendus, elle savait qu'il aurait fait en sorte de l'aider. Seulement elle l'avait elle-même arraché à sa vie, et chaque moment d'éveil était passé à se marteler que c'était la bonne solution, dans l'espoir que l'idée tienne. Mais à part se frapper sur les doigts et frapper dans le vide, ça n'avait jusqu'à présent pas été très efficace. Tous les autres avaient leurs propres problèmes à gérer, et elle ne voulait pas encombrer qui que ce soit de cette puérilité injustifiée. Et en parler à Jesse n'entrait même pas en ligne de compte. Il n'avait pas que ça à faire, de s'occuper d'elle, il l'avait déjà trop fait. C'était un lieutenant, maintenant. Alors elle tournait dans le vide, spiralant à l'infini jusqu'à ce qu'un mur arrête sa course.

C'était là qu'elle en était lorsque Jesse l'avait invitée à boire un café. Ils avaient convenu d'un jour où ils quittaient en même temps, et se rendirent au coffee shop le plus proche. Et c'est ainsi que Willow finit par s'asseoir face à son ami, café en main, un peu anxieuse. Même si ça n'était pas rarissime, ça n'était pas arrivé fréquemment ces derniers temps. «Drôlement longue cette journée encore.» Elle avait enroulé ses mains autour du gobelet en carton pour les réchauffer. «Vivement qu'il fasse jour -et chaud- quand on termine à cette heure-là.» Il faisait nuit avant de partir, nuit en revenant. Lorsqu'elle travaillait normalement, ses journées n'étaient qu'une longue nuit, éclairée de patrouilles. Elle avait légèrement l'impression de marcher sur des œufs. Ils avaient une conversation en attente depuis quelques mois, suspendue au-dessus de leurs têtes, projetant son ombre sur eux. Elle ne s'était pas présentée, et ça n'était pas exactement comme si les occasions avaient été multiples. Entre les journées remplies d'appels, de patrouilles et de paperasse, et les soirées désagréables qu'ils passaient à arrêter des gens qui n'avaient rien fait, janvier était passé à toute vitesse. Quand elle finissait par rentrer, Willow faisait la sourde oreille aux éventuelles remarques quant au couvre-feu et ne s'attardait pas dans les pièces communes. Voilà qu'à présent ils étaient là, entre quatre yeux, et elle n'allait certainement pas s'y aventurer. «Encore quelques mois et ça sera bon.»
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Sujet: Re: Caught in the tideSam 8 Avr - 13:43

Il courrait dans le vide. Dans le brouillard.
Vers le néant, ou peut-être vers la lumière. Il n'y avait personne dans les rues de Fairhope à cinq heures trente. La ville était encore endormie et les premières âmes commençaient à s'agiter. Celles qui comme Jesse étaient incapable de trouver le sommeil et qui tentaient de s'ajuster à la lumière du jour avant qu'on soit capable de les voir. Le métis se réveillait de plus en plus tôt pour son jogging matinal, de cette façon, il pouvait revenir se blottir contre Adam avant que ce dernier ne remarque son absence et avant qu'il ne lui arrive quoi que ce soit. Ce matin-là, les genoux de Jesse étaient particulièrement endoloris, il savait qu'il avait dépassé ses propres limites et pourtant ses foulées prenaient toujours naissance. Pourtant il courrait toujours, pas après pas, incapable de s'arrêter, incapable de stopper tant qu'il n'était pas revenu à la maison. Son coeur ne lui faisait pas mal et son esprit se vidait quand il courrait, les paroles qui étaient murmurées à son oreille par ses écouteurs le poussaient uniquement à courir.

Ce moment était là était à lui. Entre le réveil et le sommeil, entre la réalité et ses propres rêves, ses propres espoirs, il n'était rien d'autre que des muscles, rien d'autre qu'un amas de cellules et il n'avait pas besoin de penser à quoi que ce soit. S'il pensait alors là... alors là il voyait les dégâts, voyait sa vie en morceau, voyait qui il devait recoller avec quoi et comment avancer. Jesse voyait clairement, pour la première fois depuis l'agression d'Adam, Jesse n'était plus aveuglé par sa peine ou sa colère, il voyait vraiment et s'il y avait quelqu'un à blâmer, il savait que c'était lui. Sa dernière conversation avec Adam avait fait plus que lui ouvrir les yeux, il avait réalisé qu'il ne pouvait pas s'apitoyer éternellement sur son sort ou juste blâmer son coeur. Il n'était pas ce coeur, il n'était pas un passé tragique et pitoyable. Il n'était que la somme de ses actions, et c'était à lui de décider de ce qui arriverait ensuite. C'était à lui d'écrire, de continuer de vivre, de s'époumoner et de tout faire pour que quelque chose ait de l'importance. Fairhope n'était pas sa prison, la ville devait être un horizon et une pierre droite posée à plat pour la suite de sa vie, ni plus ni moins.

Alors oui, il courrait dans le brouillard, mais il savait où il allait. Pour la première depuis longtemps. C'était cette conclusion qui frappait Jesse depuis plusieurs matins lors de ses appartés quotidiennes, avant de devoir retourner à la station de police pour chercher le moindre indice, quelque chose qui le guiderait jusqu'à la prochaine victime. S'il ne pouvait pas trouver le meurtrier, il pouvait au moins faire en sorte de limiter son action, non ? Jesse aurait souhaité que Willow répond à ses questions silencieuses ou encore que la jeune brune soit dans son bureau au moment de ses réflexions. Il fallait qu'il répare les choses avec l'étudiante également. Jesse le savait, les quelques hey échangés ça et là ne pouvaient pas faire office de pansements, ils devaient tout recommencer eux aussi et trouver un meilleur moyen de communiquer. Un café, ça paraissait tellement innocent, un bon début. Un endroit autre que la demeure d'Adam, il leur fallait un endroit neutre pour cette discussion, la dernière chose que Jesse voulait soit que son petit-ami se sente obligé de s'interposer entre eux. Non, Jesse avait rencontré Willow avant et au commissariat, la brune lui manquait comme allié et depuis sa promotion, c'était avec une certaine solitude qu'il avait abordé la suite de l'enquête.

Jesse se rendit au diner en avance, l'endroit était déjà rempli d'une partie du commissariat, mais le brun préféra ignorer ses collègues pendant un temps, son regard bleuté sur le menu qu'il connaissait par coeur. "Un Latte s'il vous plait." marmonna le brun, passant une commande incertaine et se demandant si Willow allait vraiment venir. Il ne lui en voudrait pas de le fuir, du moment qu'elle ne lui reprochait pas d'essayer. C'était sa seule arme désormais. La jeune femme face à lui, Jesse esquissa un sourire, elle préférait commencer la conversation lentement. "Juste quelques mois..." releva Jesse. Il fixait Willow avec une certaine inquiétude, elle avait l'air fatigué, il savait qu'elle n'allait pas se confier ou lui expliquer les longs regards que lui lançaient Peter parfois. Howell n'était guère discret et s'il était honnête, Jesse devait admettre que les sentiments du blond... il s'en contre-balançait. Willow en revanche... c'était une autre histoire. "Willow si je t'ai demandée de venir ici aujourd'hui ce n'est pas juste pour faire la simple conversation. On ne le fait déjà pas à la maison alors..." Jesse préféra ne pas tourner autour du pot, elle savait pourquoi elle était là, ou du moins, lui ne pouvait plus supporter le malaise et le froid qu'il avait jeté entre eux. "Je suis désolé." Le détective était sincère, ses yeux bleus plantés dans ceux de Willow. "Je réalise que je ne te l'ai pas dit. Et que tu as plus été là pour moi que je ne l'ai jamais été pour toi et je m'en excuse. Tu as été là pour Adam quand je aurais dû l'être et tu n'as rien dit dans la salle de conférence quand j'ai de toute évidence trahi ta confiance."

Lui qui lui avait fait promettre sur la tombe de Mary Wilson de ne rien dire avait été le premier à cracher l'information ... pour quoi ? La mairie était fermée désormais et les fouilles continuaient sans grand succès. Si Jayla ou qui que ce soit d'autre trouvait quelque chose, peut-être que cela en vaudrait la peine, mais pour l'instant, il n'y avait rien de concluant. "Je ne l'ai pas fait pour la promotion et j'espère que tu le sais... il me semblait juste que nous étions arrivés dans une impasse." Jesse savait que son excuse n'en était pas une, mais il lui devait des explications, ça c'était certain. "En tout cas je veux toujours travailler avec toi... Je suis censé choisir plusieurs officiers pour ma propre petite équipe... j'ai pensé à toi en premier."

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Sujet: Re: Caught in the tideSam 15 Avr - 18:53

Ce qui la dérangeait, c'était qu'elle avait eu l'impression de compter. Lorsque Jesse l'avait invitée à partager sa séance de recherches, tous les deux planqués dans une vieille salle inusitée du commissariat, elle s'était sentie importante. Ses interventions avaient été entendues, et mieux encore, écoutées, et c'était véritablement la première fois que quelqu'un prenait la peine de considérer son avis. Ce soir-là, elle n'était plus seulement la gamine endeuillée qui s'était engagée sur une mauvaise voie pour de mauvaises raisons, elle n'était pas la gamine impulsive et agressive qui donnait plutôt l'impression d'être sur le chemin que d'aider à le construire. Jesse, peut-être sans le savoir, peut-être sans le vouloir, lui avait donné de la valeur. Puis il la lui avait enlevée. En lui soustrayant tout ce qu'elle avait jamais apporté à l'enquête sans même la consulter, il l'avait rabaissée au rang sans valeur qui était le sien. Willow semblait trouver la chute un peu rude.

Certes, cette fois, c'était Jesse qui avait fait l'effort de les réunir. Il était celui qui avait fait un pas vers elle, et elle avait vaguement le sentiment que ça aurait dû compter, mais que ça n'était pas le cas. La dernière fois, si elle n'avait pas passé l'appel, il avait tout de même semblé que c'était elle qui les avait réunis, fermant les yeux sur le comportement pourtant inacceptable de Jesse comme elle savait si bien le faire. Elle avait passé outre sa disparition et son abandon pour l'entraîner sur une piste qui, au final, n'avait apporté quelque chose qu'à lui. Ca lui avait semblé important, cette promesse qu'elle lui avait faite, les arbres pour témoin. Parce qu'il avait dit on, Jesse, il avait dit nous, et elle avait cru faire partie de quelque chose. Ca n'avait apparemment pas eu autant d'importance pour lui. Il s'était contenté de balancer leur trouvaille aux chiens, et elle avait dû se contenter de la regarder se faire déchiqueter.

Elle eut beau le souhaiter de toutes ses forces, le temps refusa de se figer. Les secondes continuèrent de défiler, battant une mesure régulière mais bien bien trop rapide au goût de la brune, les volutes de fumée s'élevaient tranquillement des deux cafés qui tentaient vainement de donner une saveur moins formelle et embarrassée à leur rencontre. Ainsi, aucun de ses efforts ne saurait empêcher Jesse d'ouvrir la bouche, morcelant l'illusion que tout allait bien. Cette illusion était de toute manière bancale, puisque même leurs comportements criaient au malaise et à la tension. Ses épaules nouées et tendues lui donneraient certainement des douleurs dans quelques heures, et tout son être semblait ralenti par une tension presque paralysante. Jesse prit la parole, et elle apprit sans le vouloir que Jesse ne l'avait pas invitée mais l'avait demandée. Au moins, elle ne pouvait pas se faire de faux-espoir quant à ses intentions. Il aurait très bien pu dire qu'il l'avait convoquée, l'impression aurait été la même. Le café entre leurs mains n'était qu'une formalité, et les sentiments confus qu'elle nourrissait depuis des mois commençaient à prendre forme. Chaque phrase que Jesse prononçait les affinait, les affûtait. Les excuses qu'elle avait inconsciemment espéré firent naître un sentiment de colère si intense qu'elle se redressa sur sa chaise. Il y avait tellement de choses qui remuaient à l'intérieur. Willow soutenait le regard du brun, les dents serrées, en silence, parce qu'il devait bien savoir que prononcer ces trois mots ne suffisait certainement pas à tout effacer.

Peut-être que n'importe quels autres mots auraient eu le même effet, mais il semblait que Jesse choisissait les mauvais. Trahi. Là. Il était là, le mot qu'elle avait tenté d'éviter. Cela faisait des mois qu'elle tournait autour de ces quelques lettres, fabriquant d'autres excuses, d'autres prétextes et d'autres raisons pour justifier et expliquer ce que Jesse avait fait. Elle avait réussi tant bien que mal à se cacher derrière l'idée qu'il n'avait fait que suivre son meilleur instinct et qu'il était immature de se sentir trahie alors qu'elle n'était même pas dans l'équation. Dans l'ensemble, elle n'avait qu'une importance mineure dans cette affaire, et il était présomptueux d'imaginer qu'elle avait le droit de se tenir en travers de sa progression. Sauf qu'elle avait la ferme conviction que la non-divulgation de cet indice en particulier était la clé, ou l'une des clés, de la progression de l'enquête. Alors elle avait continué avec cette idée en tête, ne s'en contentant pas vraiment mais refusant de s'en détourner. Trahi. Ils avaient fait une promesse, et Jesse l'avait brisée. Une main puissante venait de lui enserrer le cœur, un vif sentiment de nausée pulsa à travers son corps. Elle avait été la seule à promettre. Jesse n'avait pas fini. Si elle n'avait pas été si pétrie de sentiments soudain trop vifs, elle aurait pu rire face à l'ironie. Il ne manquait définitivement pas de culot pour lui proposer ça.

Il lui fallut quelques secondes pour trouver sa voix, et pour dénouer sa mâchoire. Quelques secondes supplémentaires pour trouver quoi dire. Ou plutôt quoi dire en premier. Tout ce qu'elle avait réprimé, enfoui au fond d'elle-même et ignoré venait de remonter. Elle ne pouvait plus fuir, elle ne pouvait plus se défiler. «Pour ton équipe, sérieusement? C'est une blague? Moi, dans ton équipe? Alors que mon avis n'a pas la moindre espèce d'importance à tes yeux?» Elle avait commencé par regarder son café, et puis elle avait levé les yeux vers Jesse, la voix vibrante d'une colère qu'elle tentait de contenir. «Tu étais là avec tes belles paroles, on ne divulgue rien, on ne peut faire confiance à personne, mais même à toi je peux pas faire confiance!» Il semblait que ses piliers s'effondraient un à un, ces derniers temps. D'abord Peter, dont elle avait aperçu le vrai visage, et qu'elle s'efforçait de ne plus regarder et maintenant Jesse, qui se révélait moins fiable que ce qu'elle avait cru. D'abord Adam, et maintenant ça. «Et là, tu me ''demandes'' de venir et tu me sors tes phrases aseptisées, t'as écrit un discours ou t'en as naturellement rien à foutre?» La plaie saignait à nouveau, ou peut-être pour la première fois, et Willow réalisait seulement qu'elle avait été véritablement blessée par le brun. «Tu disparais quand tes proches ont besoin de toi, tes paroles n'ont aucune valeur, comment– » Elle voulut s'arrêter un instant, elle voulut penser aux conséquences de ses mots, elle voulut considérer ses sentiments, ses ressentis, mais elle estima que de telles considérations se méritaient. Et s'il y avait toujours eu droit jusqu'à présent, il venait de perdre le privilège. «Comment tu veux que je travaille avec toi?» 

Les volutes s'élevaient toujours tranquillement entre eux.
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Sujet: Re: Caught in the tideSam 22 Avr - 21:38

Jesse avait toujours détesté les confrontations. Il n’était jamais celui qui allait chercher les conflits et au fil des années, cela s’était avéré être une grossière erreur. Jesse appartenait à cette espèce, probablement en voie de disparition, qui savait se contenter d’un simple silence et les apprécier. Mais dernièrement, le métis s’était mis à haïr cette voix qui ne s’élevait jamais et cette langue qui ne se remuait pas quand il était le temps de dire ce qu’il avait sur le coeur et d’expliquer de quoi il était fait. Car ce que le monde avait vu dans son silence était juste de la faiblesse. Une faiblesse qu’il était facile d’exploiter et de lui renvoyer un pleine figure quand le moment y était propice. Sa mère l’avait fait, son père en avait allègrement profité et même Peter avait eu sa part du butin au moment le plus crucial de son adolescence. C’était un circle vicieux qui n’en finissait jamais et un cercle dont Jesse tenait absolument à sortir, quitte à taper du poing sur la table, à casser des portes et à hurler lui aussi. Parce qu’il ne l’avait jamais fait et parce que sa voix n’était en rien celle de quelqu’un qui avait peur ou qui ne savait pas dans quelle direction se diriger ou qui voulait fuir une fois de plus et cette fois-ci sans aucun retour en arrière. Non, sa voix était celle d’un homme qui était marquée et qui essayait de protéger les choses les plus importantes dans sa vie. Adam était sa famille oui, pas que, Denis aussi, Peter aussi dans une certaine mesure et surtout, Willow.

Willow qui semblait incapable de le regarder en face, qui elle aussi cherchait ses mots. Elle finit par les trouver et Jesse inspira profondément, cloué sur place par la vérité et par la blessure profonde dans son coeur qui se ravivait une nouvelle fois. La dernière question flotta dans l’air pendant quelques secondes et le métis ignora le regard de certains de leurs collègues, qui se demandaient probablement ce qui se passait et il se concentra sur Willow. Qui était de toute évidence en colère, une colère qu’il ne pouvait pas lui refuser et qu’il ne voulait absolument pas lui enlever. Qu’elle s’en serve, c’était exactement ça qu’il lui fallait, si elle voulait le trainer dans la boue et le maudire, tant mieux, mais qu’elle le fasse en travaillant sur la même affaire que lui. Oui, voilà où Jesse en était réduit, il ne voulait plus perdre personne, il était prêt à accepter cette forme d’amour bancale plutôt que le silence le plus dur. "Bien sûr que si que ton avis a de l’importance Willow, pourquoi est-ce que tu crois que c’est toi que j’ai réveillé à 6 heures du matin pour qu’on aille se perdre dans les bois ?" répondit Jesse, ses yeux bleus plantés dans ce Willow. Oui, ses confessions prématurées avaient tout de suite effacé leur découverte mais pour le détective, la matinée restait importante. Elle aurait pu choisir de ne pas décrocher, de se murer dans le silence et de ne pas le suivre, ils avaient fait confiance à leur instinct l’un comme l’autre et cela avait toujours fini par payer.

Ils travaillaient bien ensemble, ils avaient le même esprit logique et même si Willow ne se prédestinait pas à cette carrière policière, Jesse pouvait la voir aller très loin.'Oui je sais, j’ai eu une façon absolument ignoble de le montrer, oui, je sais ce que j’ai fait était horrible. Je le sais. Tu veux savoir la vérité ?' La voix de Jesse traduisait d’une certaine irritation elle aussi, mais pas contre Willow, contre sa propre personne, il se détestait pour avoir laissé trainer les choses de cette façon. Il les avaient tous blessés : Adam, Willow et maintenant il se retrouvait à devoir briser des murs qui avait été dressés pour le mettre dehors lui."La vérité c’est que tu n’as absolument aucune raison de me faire confiance et aucun moyen de savoir si ça ne va pas se reproduire ou si je dis la vérité, voilà." Il n'y avait pas de coté tout blanc ou tout noir, il y avait juste cette ignoble réalité, Jesse était désespérément humain et le coeur qu'il avait allait forcément être corrompu. Il n’allait pas le jeter pour autant, il en avait besoin, à elle de décider si elle avait besoin de lui ou pas. "Je ne voulais pas en arriver là. Non. J’étais désespéré, je sais la fin ne justifie pas les moyens et je ne suis pas en train de te demander ton pardon là Willow… On a toujours un meurtrier qui courre dans les rues et peu importe ce que tu penses, je crois te connaitre assez pour savoir que ça t’irrite et peu importe toute la haine que tu me portes… tu sais qu’on a une chance de le coincer." Jesse mettait toutes ses cartes sur la table, en espérant, priant que Willow revienne sur sa décision, il savait que rien ne serait comme avant, rien. Mais il ne parlait plus d’être des amis mais juste d’attraper le Poète, une bonne fois pour toute. « Ou alors si je me trompe vraiment, dis le moi et je disparais de ta vue. »

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Sujet: Re: Caught in the tideDim 21 Mai - 20:39

Elle aurait souhaité qu'ils puissent reprendre du début, eux aussi. Mais à l'inverse de l'enquête, leurs vies n'étaient pas faites de dossiers, d'indices et d'interrogatoires, et personne n'avait encore réussi à rembobiner le temps. Quelque chose s'était brisé. Il n'y avait pas eu de bruit, il n'y avait pas eu de sang, mais mille morceaux de verre jonchaient à présent le sol de leur amitié. La confiance s'était fracassée et gisait là, à leurs pieds, irréparable et larmoyante. Elle les suppliait de ne pas la laisser là, de ne pas la piétiner alors qu'ils s'évitaient, de ne pas l'oublier là, mourante et brisée. Mais c'était précisément ce qu'ils avaient fait, et elle s'était éteinte. En silence, sans prévenir, tant et si bien que Willow venait seulement de s'en rendre compte. Assise face à Jesse, elle contemplait enfin les miettes de la confiance aveugle qu'elle lui avait si longtemps accordé. Elle était furieuse. Furieuse de voir qu'il l'avait encore laissée tomber. Comme un jouet dont un enfant se lasserait, qu'il délaisserait au profit d'un autre, plus brillant, plus neuf, plus prometteur. Oubliée là, dans la boue du lac qui portait son nom, alors qu'elle avait promis, qu'elle avait tout placé entre ses mains. Elle n'avait pas vu que c'était là qu'il l'avait lâchée, qu'il l'avait laissée derrière lui alors qu'il l'emmenait ailleurs.

Willow n'avait pas hésité à partager sa trouvaille, ramenant Jesse dans le monde dont il s'était exclu lui-même, l'entraînant pour une promenade funèbre, recherchant ses conseils, ses idées et sa présence. Elle s'était réjouie de le retrouver, réjouie qu'il ait accepté de la suivre parce qu'à coup sûr, ça devait vouloir dire qu'il revenait, qu'il reprendrait sa place dans son univers, qu'il rétablirait l'équilibre avec sa simple présence et sa force tranquille. Elle l'avait mis sur la piste et lui avait tout confié, puis elle s'était laissé guider jusqu'à cet arbre dont le tronc était souillé, jusqu'à cet arbre où le sang d'Adam s'était mêlé à la sève. Pas un seul instant elle avait pensé que ça les mènerait là, elle méfiante et lui... quoi ? Elle n'était même plus certaine de ce qu'elle lisait dans son regard. Un gouffre d'incertitude venait de s'ouvrir devant elle. «J'en sais rien, parce que tu te sentais mal de nous avoir tous abandonnés? J'ai jamais su pourquoi t'appelais vraiment, même cette conversation-là on l'a évitée.» Et voilà qu'il retournait la situation, voilà que c'était elle qui l'avait suivi, comme si ç'avait été son idée.

Quelles rumeurs agiteraient le commissariat après ça? Quels ragots seraient colportés dans les couloirs par ceux-là même qui, à cet instant précis, feignaient si mal l'indifférence? Et surtout comment Jesse avait-il pu juger que leur parole était plus importante que la sienne? Willow sentait ses yeux brûler de rage lorsqu'elle repensait à l'humiliation qui avait suivi. Celle, brûlante, qui lui avait enflammé les joues alors que Jesse avait parlé à la conférence, qu'elle avait ignoré, et celle plus sournoise qui lui avait laissé la bouche sèche alors que les détails étaient révélés et qu'on était venu lui demander, à elle. Celle qui avait été trahie. Celle qui, alors que tous ces sentiments se manifestaient, se sentait enfin bafouée. Elle aurait voulu murmurer que non, non, elle ne voulait pas connaître la vérité. Qu'elle en avait assez de se faire blesser par la vérité. Qu'elle voulait juste retourner au mensonge dans lequel elle avait été heureuse. Quelques mois plus tôt, quand Peter n'était que Peter et quand Jesse était toujours fiable. Mais elle s'était contentée de le fixer, mâchoires serrées. Ses mots n'engendrèrent aucune réaction visible, Willow ne bougea pas d'un millimètre, mais ses yeux verts durcirent. La vérité. La vérité puante et toxique qui l'empoisonnait lentement. Trahison par trahison, mensonge par mensonge. La vérité dans toute sa splendeur, étalée là pour son bon plaisir. Elle n'aurait pas pu parler s'il l'avait fallu. La vérité lui restait en travers de la gorge. Mais Jesse continua sur sa lancée, et une fois encore, Willow eut besoin de quelques instants. Quelques instants de silence où elle pouvait prétendre que rien ne s'était passé.

«Jesse, if I hated you, it wouldn't hurt so much.» Elle n'avait pas pu le regarder, alors elle avait dit ça à son gobelet de café, ne relevant les yeux qu'après. Si elle le haïssait, elle pourrait simplement se détourner de lui, l'oublier comme il l'avait oubliée quand il avait lancé son trésor aux ordures. C'était pire. C'était la déception. La trahison. On n'est pas trahis par ceux qu'on hait, mais bien par les autres. «And what chance are you talking about exactly? What chance do we have of catching him? What chance have we ever had? Oh, ou alors tu parles de la chance qu'on a maintenant que tu l'as dit à tout le monde? Maintenant que tu lui as dit à lui Ces derniers temps, il avait été doublement plus dur de ne pas penser à abandonner. Rendre le badge et l'uniforme auxquels elle s'accrochait depuis plus d'un an. Fermer cette porte-là aussi, et en ouvrir une autre. Une autre que personne ne franchirait avec elle comme Jesse avait franchi celles du commissariat. «But you know what, I don't even care why you did it. I don't even care that I don't think you've accomplished anything besides letting him know that we know. You believed it was right, and you know, I could have respected that. I wouldn't have agreed, but I could have respected it. But you didn't tell me. You just... You just went for it and disregarded me completely and then, and then... And then nothing. Just left it there. Just... Like– Like none of it mattered. Like our promise didn't matter.» Elle s'arrêta un instant, pause théâtrale qu'elle ne remarqua même pas, le temps de se faire à l'idée. «Like I didn't matter.» Mais elle était lancée à présent, elle dévalait la pente un peu trop vite à son goût. «And now, and now you're just sitting there. You're just sitting there asking me to work with you, telling me that yeah, it might happen again, that whatever we promise won't matter, that whatever you say will have no value, that... That I can't rely on you anymore.» Elle prenait de la vitesse, et elle ne pouvait pas voir ce qu'il y avait en bas. Elle ne voyait pas ce qui l'attendait. «So tell me, Jesse, please, if there is no trust in this team of yours, what are we supposed to accomplish? How would it work?» Elle n'était pas stupide pour autant. C'était une opportunité. C'était l'occasion de poursuivre son but, de le chasser sans relâche. Elle ne doutait pas des intentions de Jesse, c'était sa seule certitude. «But you're right. I do want him caught. I want him behind bars, or or dead, or or I don't care. I never want to see a John or an Adam again. And I know that's what you want, too. So if it's the way... I'm in.» A peine quelques années plus tôt, elle n'aurait jamais su voir au-delà d'elle-même, au-delà de sa douleur. C'était ça, grandir? Se sacrifier?

«But I will never trust you again.»
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Sujet: Re: Caught in the tideMer 14 Juin - 21:44

De quoi parlait-il en effet ?
Peut-être que passer ses nuits avec Adam dans ses bras l’avait rendu complètement fou, rendu complètement ivre d’une possibilité et d’un futur qui ne viendrait pas. Qui ne viendrait jamais. Il y avait l’avant et l’après. Ce que Jesse devait comprendre c’était que plus rien ne serait jamais comme avant. Des gens, il en avait déçus. Des coeurs, il en avait brisés et ce avec une facilité déconcertante. Oh que oui. Il ne s’était même pas retourné, il n’avait pas stoppé sa course, il avait juste continué d’avancer, comme le lâche qu’il était, sans un regard par dessus son épaule, parce que c’était plus simple ainsi. Jesse avait couru, il avait fuit, tourner en rond véritablement, tout ça pour se prendre la vérité en pleine figure et réaliser qu’il ne pouvait pas vivre sans ces gens-là, tout ça pour comprendre qu’il avait besoin de toutes ces pièces-là. Adam et son éternel sourire. Chloé et ses conseils bien avisés qui avait tout de même compris qu’elle devait lui laisser son espace. Et bien entendu, Willow. Willow qu’il avait rencontré il y a des années en arrière dans cette station de police. Of course it’s not her, avait articulé Jesse sans aucune once d’hésitation dans son regard, quand tous les regards s’étaient braqués sur elle. Il n’avait jamais douté, ne l’avait jamais rangée dans la catégorie des suspects et il avait continué de toujours regarder par dessus son épaule pour voir si elle était bien là. Quand elle avait poussé la porte du commissariat en tant qu’élève, il n’avait pas cru à une blague, il ne l’avait pas renvoyée chez elle en lui disant de laisser cette histoire aux grands non, il l’avait écoutée, pris sur lui de la former et de faire en sorte que personne ne lui marche sur les pieds ici.

Et tout ça pourquoi ? Voilà où ils en étaient des années plus tard, de chaque côté de cette table, avec tous les deux des rêves en mille morceau et toujours à la recherche d’une ombre. Ce n’était pas ça le futur que le métis avait imaginé pour eux, pas ça du tout, certain qu’ils auraient déjà coincé ce fou furieux, et qu’ils seraient tous passés à autre chose. Pas ici, pas dans ce chapitre et décidément pas dans cette réalité non. Alors la rage et l’incompréhension de Willow, Jesse les acceptait. Il prenait tout, même si cela lui fendait le coeur, il prenait tout et il comprenait. Cela n’aurait pas du être leurs vies, ils auraient dû avoir d’autres rôles, être heureux et continuer d’avancer sur un fond de ciel bleu. Mais non, ils étaient là, les yeux bleus de Jesse posés sur ce café froid, puis sur le visage de la jeune fille qui ne lui avait jamais paru aussi perdue que maintenant. Il comprenait ce qu’il lui avait retiré, par seulement une raison d’avancer mais un véritable ami et il s’en voulait. Trop pour ses propres épaules et beaucoup trop pour son coeur, le détective n’allait cependant pas flancher, il n’allait pas se permettre de flancher et de lâcher prise non, il ne pouvait pas le faire.  

Jesse avait fait un marché avec lui-même, que peu importe les événements des prochaines semaines, bon ou mauvais, il aurait la tête haute et il ne reculerait pas. Il avait déjà failli perdre Adam et dans un sens, il avait perdu une partie du blond, il y aurait toujours des semaines qu’il ne pourrait jamais récupérer et un vide qu’il ne pourrait jamais combler. Si Jesse partait encore, qui perdrait-il cette fois-ci ? Willow ? Non, c’était hors de question, aussi, il prit une profonde inspiration à sa première question, son regard azur posé sur elle, le métis ignorant les larmes qui se formaient dans ses yeux. "You matter. If you didn’t matter, you wouldn’t be there, this wouldn’t be coffee, this would be a meeting in my office." lâcha t-il d’une voix posée. Il ne pouvait pas répondre à ses questions, Willow le savait, Jesse le savait également. S’il répondait à ces questions-là, il faisait de nouvelles promesses qu’il ne pouvait pas tenir et c’était le même cycle infernal qui allait recommencer et il était hors de question de passer par là encore une fois, encore une fois pour se perdre et pour ne jamais revenir. C’était hors de question. "And I deserve that. Willow I got that, I know I broke your trust, yours and Adam’s in the process, I know." Savoir n’excusait rien, il en avait bien conscience. Il ne voulait pas de son pardon, non, il ne le méritait pas et puis de toute façon, ça aurait été beaucoup trop simple comme ça, commettre une petite faute, juste comme ça et demander pardon ? Non c’était hors de question d’espérer une quelconque forme de rédemption. Pas pour lui du moins. "I’m not proud of what I did. I ran away, like a coward, because everything that I was scared of was finally happening so yeah… I took the easy way out. Do I regret it ? Yes. Should I have come to you sooner ? God yes." Jesse marqua une pause, fixant son café, de nouveau, pour cacher les larmes et paraitre un tant soit peu maitre de la situation. C’était lui qui l’avait invitée après tout, lui qui quémandait son aide, lui et encore lui. "I’m here now." C’était la seule chose que Jesse avait à offrir. Lui. Lui changé, peut-être pas pour de bon, mais il ne pouvait pas faire autrement. S’il pouvait jeter ce coeur qui lui avait déjà fait défaut et en demander un nouveau, il le ferait sans aucune hésitation. Les choses n’étaient pas aussi bien faites malheureusement.

"The offer is on the table, Willow. I want you to work with me. But this isn’t your superior asking you to do something you don’t want to do." Il hocha négativement la tête. Il ne pouvait peut-être pas avoir sa confiance, mais il pouvait avoir sa volonté et son envie d’avancer et sa rage dans un sens. Tout ça, tout ce qu’elle ressentait, bon ou mauvais, juste ou pas, tout ça, il pouvait l’utiliser.  "This is me Jesse, asking you. And soon enough, even if you think we shouldn’t talk again, you’ll give me an answer, I’m sure of that." Si c’était un silence radio qu’elle lui offrait en retour, il comprendrait alors, si elle finissait par passer la porte de son bureau, il s’agirait uniquement de parler affaires et rien d’autres. La proposition était là, dans l’air et aussi aiguisé qu’un couteau. Jesse finit par sortir son porte-feuille de sa poche, déposant un billet de vingt sur la table. "For the coffee. "

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Sujet: Re: Caught in the tideJeu 22 Juin - 10:26

Willow était seule. C'était ce que le monde avait si souvent tenté de lui faire comprendre. Depuis toute petite, déjà, alors que sa mère crachait son dernier souffle dans la voiture familiale, valises dans le coffre et sourires aux lèvres. Rouge sur neige, les moufles neuves inusitées et le ballon éclaté dans l'impact. Elle avait été seule quelques temps après ça, elle s'était retirée quelque part dans sa tête, dans le silence et la forêt du lac où elle regardait les saules pleurer en se disant qu'elle leur ressemblait un peu. D'une certaine façon, son père était parti avec sa mère, mourant un peu lui aussi au volant de cette voiture, laissant son amour pour sa fille se vider de son sang alors qu'ils attendaient des secours inutiles. Elle avait été seule, mais elle s'était bien vite accrochée à Amber, appuyant sa silhouette contre celle de sa voisine et proclamant qu'elle refusait qu'on l'appelle par son prénom, puisqu'elle n'avait rien de la pierre précieuse que sa mère avait vu en elle. Elle avait claudiqué aux côtés d'Amber, et puis Amber était partie aussi. Sans vraiment regarder en arrière, sans trop penser à la gamine qu'elle laissait dans son sillage. C'était John qui l'avait maintenue debout ensuite. C'était peut-être quand il lui avait été arraché si cruellement qu'elle aurait dû comprendre. Pourtant non, elle s'était précipitée dans les bras de Peter, s'était écroulée aux pieds de Jesse, et elle les avait laissés la ramasser, réassembler toutes les pièces éparpillées de son cœur. A force de se briser en tombant, il manquait des bouts, il y avait des cicatrices, mais ils avaient réussi. Et voilà qu'ils disparaissaient aussi. Qu'ils l'avaient lâchée à nouveau. Et enfin elle comprenait le message. Elle était seule. Et c'était seule qu'elle devait tenir debout. Assez des autres, ils finissaient toujours par s'en aller. Elle ne pouvait pas attendre d'eux qu'ils soient parfaits, qu'ils correspondent à l'image erronée qu'elle avait d'eux. Personne n'était parfait. Personne ne pouvait la porter au bout du monde et la réparer quand elle se brisait.

Willow était seule. Et pour la première fois, c'était peut-être mieux comme ça. Elle avait trop attendu des autres sans jamais rien exiger d'elle-même. Parce qu'elle n'avait jamais cru qu'elle pouvait faire quoi que ce soit seule, jamais cru qu'elle serait assez forte pour supporter son propre poids. Elle le pouvait pourtant, il n'y avait qu'à la regarder. Elle se tenait toujours là, quand la plupart des membres du commissariat ne lui avaient pas donné deux semaines, avaient accueilli son arrivée avec des sourires moqueurs ou des soupirs exaspérés. La brune avait toujours tout attribué à Jesse. C'était lui qui l'avait menée là, lui qui l'avait aidée à traverser les remarques et le sexisme qui polluaient le service de police parfois arriéré de la ville, c'était lui, lui et seulement lui qui était victorieux et à qui revenait tout le mérite. Pourtant non. Il l'avait abandonnée, et elle était toujours là. Et puis c'était bien elle qui avait dû faire ses preuves et démontrer qu'elle n'était pas bonne qu'à faire du café. C'était bien elle qui avait dû remettre leurs collègues à leur place quand ils l'avaient considérée comme un objet, quand ils s'étaient adressés à son apparence plutôt qu'à la personne qu'elle était, elle qui avait dû gagner le respect de tout le monde, elle la gamine sans avenir qui parlait un peu trop fort et qui aboyait dans le vide. Regardez la à présent, debout sur le fil sans personne pour lui tenir la main.

Jesse n'était qu'un homme. Il n'était ni parfait, ni sans reproche. Il avait ses démons et ils coulaient sur ses joues. Ses larmes apaisèrent finalement la colère de la jeune femme. Elle était toujours là, bien sûr, légitime et vibrante. Willow n'avait pas encore de pardon à accorder, et elle allait garder sa confiance pour elle-même à l'avenir. Mais il était là, devant elle, vulnérable. Ses mots ne valaient rien, ils ne voulaient rien dire, ils étaient creux et vides, elle le savait à présent, mais ses larmes étaient gorgées de vérité et de signification. Elles auraient pu parler pour lui, s'il avait seulement voulu se taire. Les autres n'étaient que ça, des êtres comme elle qui ne détenaient pas toutes les réponses et qui blessaient ceux qu'ils aimaient. Le Poète n'était pas étranger à tous leurs maux, et Willow devait rediriger sa colère vers celui qui la méritait, vers celui qui, s'il n'était pas à l'origine de tout, ruinait continuellement leurs vies et les menait dans toutes les impasses où ils se retrouvaient coincés. C'était lui qui méritait sa rage, pas Jesse et ses larmes, Jesse et les fautes impardonnables qu'il avait commises et qui faisaient couler des larmes sur ses joues. Elle n'était pas attendrie, pourtant. Elle était restée ferme et impassible, là où elle aurait auparavant été attirée et atterrée par sa peine, prête à lui offrir quelques gouttes de pardon pour lui éviter de souffrir. Elle se serait persuadée qu'il méritait toutes les secondes chances du monde, comme elle l'avait fait avec Peter. Non, aujourd'hui elle l'avait regardé pleurer sans s'effondrer aussi. Elle refusait de se laisser ramasser à nouveau. Elle allait perdre l'équilibre, pourtant, sans lui. Sans ses béquilles. Elle allait tituber et tanguer, et peut-être même qu'elle irait s'écorcher les genoux contre le bitume, mais elle se relèverait seule. «I've said all I had to say, Jesse. You know how I feel. There's no point trying to justify what happened.» On ne l'y prendrait plus. Comme le brun l'avait si bien dit, l'offre était là, sur la table, entre eux deux, et c'était tout ce qu'il restait entre eux. Du travail, un but commun. Il ne servait à rien de se demander si autre chose renaîtrait de ce travail. Après les avoir rapprochés, puis déchirés, voilà que le Poète allait les maintenir en contact à nouveau. «One more question: Who else would be in on this?» Le silence serait étouffant s'il n'y avait qu'eux. «Then I can have a think about it and let you know if I'm ready to work with you.» Quand elle voyait les sacrifices qu'il était prêt à faire, peut-être que c'était en effet bien lui qui avait une chance d'attraper l'assassin.  
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Sujet: Re: Caught in the tideMar 11 Juil - 16:03

« My point is you don’t have to say yes. I’m just asking here. » ajouta simplement Jesse, son regard croisant enfin celui de Willow. Parce qu’ils n’étaient pas amis et ils ne le seraient probablement plus jamais. Il était impossible de recoller les morceaux à présent, Jesse le savait, elle le savait. Faire semblant aurait été futile et dans le fond, presque insultant. C’était dans les contes de fées qu’on avait une fin heureuse, qu’il suffisait d’agiter une baguette magique pour revenir en arrière et faire en sorte que les larmes n’apparaissent jamais. S’il avait pu retourner en arrière, le métis ne se serait pas contenté d’effacer la peine qu’il avait causé au cours de ces derniers mois, non; il se serait carrément effacé des vies de Willow et d’Adam. Il n’aurait jamais croisé leur route, il ne serait jamais rentré dans leur vie, il n’aurait jamais appris à les connaitre, il n’aurait jamais fait naitre des sourires sur le visage et tenter de les sauver. À quoi cela lui servait s’il ne pouvait même pas se sauver lui-même ? À absolument rien. C’était totalement hypocrite, Jesse s’était immiscé dans toutes ces vies car la sienne était beaucoup trop chaotique et lui causait trop de peine. Il avait refusé de se pencher sur son propre coeur, pas parce que c’était difficile, pas parce qu’il avait peur d’y trouver des réponses, mais bien car il était lâche et que c’était plus simple ainsi. Tellement plus simple de fermer les yeux, d’ouvrir la porte à la volée et se laisser bercer par le vent qui l’emmenait loin. Loin de la peine et loin des responsabilités, ainsi, il n’était jamais coupable; ainsi, il n’était jamais la victime et tout s’arrangeait, tout était beaucoup plus simple…

Il y avait cru, il avait cru avoir trouvé la solution parfaite, jusqu’à ce que la solitude et le vide qu’il aimait tant reviennent à la charge. Pour dévorer son coeur, pour consumer la moindre de ses pensées et le laisser complètement vide et froid, presque mort. Le résultat n’était guère glorieux et Jesse se rendait compte à présent qu’il n’était pas trop tard pour sortir un pied de cette tombe. Tout ça n'était que temporaire, peut-être que mettre le Poète derrière les barreaux ne le rendrait pas meilleur, peut-être qu’il y aurait un autre moment de sa vie où le besoin de courir dans l’autre direction se ferait ressentir mais au moins… c’était un début. Et c’était tout ce que le brun avait pour se raccrocher à la réalité ces temps-ci, la seule chose qui lui permettait de se rendre compte que le temps passait vraiment, oui, toutes ces personnes étaient mortes, oui, tous ces corps n’allaient plus jamais ouvrir les yeux et continuer de vivre. Pour eux, tout ça c’était fini, pour Mary, pour Laurel, pour Tobias, pour John… Il n’y aurait plus de battements de coeurs, il n’y aurait plus jamais de souffle pris et plus jamais d’avenir et de futur. Tout s’était éteint brutalement sans qu’ils en aient le contrôle et c’était surement ça qui révoltait le plus Jesse. Que dehors, là bas, il y avait quelqu'un qui s’amusait à jouer les dieux alors qu’il n’avait absolument aucun contrôle. La vie était suffisamment merdique comme ça, sans ajouter des meurtres ou des horreurs pareilles. « You, me. » finit par souffler Jesse. Sa phrase n’était pas finie, si Willow avait un minimum de jugeote, elle trouverait sans aucun problème la troisième personne qu’il voulait ajouter à l’équation. « Probably Peter at some point. »

Le métis fronça les sourcils aussitôt que ces mots-là furent dans l’air, il savait qu'il devrait avoir une conversation avec Peter dans les semaines à venir, cela ne l’enchantait guère, mais s’il pouvait avoir un aperçu de ce qui se passait dans l’esprit de l’ancien journaliste… il pourrait anticiper les prochains dégâts que Peter allait causer. Peut-être. Sans doute. Ou alors Jesse se berçait encore d'illusions dès que Peter était concerné. « Just because I’d rather know what he’s doing than not knowing. » avoua Jesse à demi-voix. Là encore, il ne comptait pas se justifier, lui et le grand blond avaient une relation assez particulière et le détective était incapable de mettre des mots dessus. « People are treating him like garbage and as much as I would like to do the same, I do know him. And we both know it won’t do any good if he’s left with his own thoughts. But I wouldn’t tell him everything… he does have a big mouth. » Peter restait néanmoins un mystère, Jesse ne savait pas pourquoi il arpentait les couloirs du commissariat comme si de rien était. C’était juste un moyen d’avoir plus d’informations ? De combler le vide qui ne pouvait pas être rempli avec de l’alcool ou en tapant sur quelqu'un d’autre ? Probablement.   « Anyway that answers your question. » termina Jesse avant que son regard ne croise de nouveau celui de Willow. « Just the three of us on the long run. »

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Sujet: Re: Caught in the tideMer 6 Sep - 16:48

Leur foyer n'allait plus ressembler à rien. Avant, quelques minutes plus tôt, ils avaient encore une illusion à maintenir. Tous ces mots n'avaient pas été dits, toutes ces vérités qu'ils venaient de se lancer au visage, toutes ces réalisations qu'ils avaient pu faire là, devant deux cafés délaissés aussi froids à présent que les regards qu'ils allaient désormais échanger. Ils devraient s'éviter un peu plus, s'ignorer un peu plus, leur amitié définitivement morte, enterrée sous cette conversation qui était pourtant nécessaire. Ils n'auraient décemment pas pu continuer à se tourner autour pendant des mois, évitant les mots qui avaient mis un nom sur ce qu'ils traînaient depuis la conférence, depuis qu'Adam avait été attaqué et que Jesse les avait abandonnés parce qu'il avait été lâche. Pourtant, aussi nécessaire qu'elle ait été, Willow était loin d'être ravie d'avoir eu cette conversation. Elle avait perdu Jesse, elle avait perdu Jesse et un peu plus son chez elle, cet endroit immense où chacun gravitait autour de son propre monde, mais où ils pouvaient toujours se retrouver lorsqu'ils le voulaient, se retrouver autour d'un repas, devant un film, devant la porte d'entrée, ça importait peu. Rentrer à la maison aurait un goût encore un peu plus amer, la porte semblerait encore un peu plus dure à pousser. Pourtant ça l'avait rendue heureuse si souvent, qu'ils se retrouvent ainsi. Elle devrait peut-être s'en aller, trouver un autre appartement où elle n'aurait à éviter personne et à contempler les cendres de ce qui avait jadis été chaleureux. Il n'y avait pas de réparation pour elle et Jesse, était-ce seulement juste d'imposer à Adam leur froideur? De se tenir là, plantée entre eux deux comme un rappel constant de tout ce qu'ils avaient foiré? Elle ne pouvait plus passer la moitié de ses nuits chez Peter, à présent. Ces réflexions n'étaient sans doute pas bien placées, pas maintenant, pas alors qu'ils avaient encore l'arme à la main, et qu'ils venaient seulement d'arrêter de se tirer dessus.

Avec un peu de chance, avec le temps, ils arriveraient à être professionnels, à travailler ensemble, se regarder dans les yeux sans y apercevoir le fantôme de ce qu'ils avaient été. Ca lui paraissait difficile à imaginer, là, maintenant, alors qu'elle était presque prête à faire partie de cette équipe de fortune. Bien sûr, il y avait de plus grands enjeux, mais ça ne changeait rien au passé qui était toujours là, même lorsqu'on regardait vers l'avenir. Même lorsqu'on plissait les yeux pour n'apercevoir que le Poète, l'enquête, les indices et les progrès, le passé se faisait entendre, se faisait voir, petite voix agaçante qui vous susurrait à l'oreille, qui retenait un instant la main alors qu'on tendait l'indice, qui arrêtait les mots alors qu'ils révélaient un secret. Par crainte d'être trahie à nouveau. Parce que malgré tout, malgré leurs mots froids et la confiance éventrée qui gisait à leurs pieds, pour travailler ensemble, il allait bien falloir se faire confiance. Elle allait bien devoir espérer qu'elle ne faisait équipe qu'avec Jesse, pas avec tout le reste du commissariat, sinon ça n'avait aucun sens, aucun intérêt, et ils ne faisaient que préparer le terrain pour plus de déception, et de tristesse.

Peter. La brune manqua d'éclater de rire. Trop préoccupée par la stupéfaction et la détresse, elle avait apparemment raté la partie amusante. Elle se contenta de fixer Jesse, incertaine de ce qu'elle venait d'entendre. «He has a big mouth?» s'entendit-elle rétorquer à mi-voix. C'était assez ironique de la part du brun. Elle ne prétendait pas comprendre pourquoi Peter avait rejoint les rangs de la police, d'autant qu'elle n'avait pas pu lui demander elle-même. Mais ça ne pouvait pas être une mauvaise chose, ou pour de mauvaises raisons, ça elle en était certaine. «I mean, to keep an eye on him? He's not –» Elle s'arrêta avant de le défendre. Elle s'arrêta avant de s'emmêler dans ses récentes convictions et de rentrer avec encore plus de doutes. Elle n'avait plus à le défendre, elle n'avait plus à essuyer les regards désapprobateurs des collègues qui savaient bien qu'elle ne l'ait jamais étalé publiquement. Certains l'avaient même accusée d'avoir refilé des informations au journaliste, et elle n'avait pu que les écouter parler et démentir leurs accusations. Elle n'avait plus à le faire. Elle n'avait plus à se mêler à Peter et aux sentiments qu'il évoquait chez les autres. Pourtant elle était là, prête à prendre sa défense alors que ce qu'elle aurait voulu dire était qu'elle ne pouvait pas travailler avec lui. «Okay, you know what, that's –» Elle prit quelques secondes pour rassembler ses esprits émiettés, et ne pas perdre contenance maintenant, pas après tous les efforts qu'elle avait faits jusque là. «That's it. I'm done, I'm leaving. Thanks for the coffee.» Quelles têtes auraient leurs réunions, leurs rassemblements, sans personne pour se regarder dans les yeux? Elle se leva, enfila son manteau. Rien de tel que l'air glacial de la rue pour l'aider à mettre tout ça au clair.

«I'll let you know.»
Elle n'allait pas rentrer tout de suite.
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