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 vienne la nuit, sonne l'heure | peter

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bad blood - we live here

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◆ Manuscrits : 101
◆ Arrivé(e) le : 31/10/2016
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Sujet: vienne la nuit, sonne l'heure | peterMer 5 Avr - 1:59


vienne la nuit sonne l'heure ≈ les jours s'en vont je demeure
“There’s a lot of things you need to get across this universe.
You know the thing you need most of all? You need a hand to hold.”

Le soleil était déjà bien proche de la ligne d'horizon lorsqu'elle arriva au pier. Elle aurait dû s'en douter, elle avait mis un peu plus de temps que d'habitude en venant à pieds, ayant été retenue par l'une de ses clientes croisée sur le chemin. Alba aurait bien coupé court à la discussion prétextant une chose urgente à faire, n'importe quoi, mais elle s'était sentie obligée de jouer les hypocrites et de feindre un intérêt pour l'histoire qui tracassait visiblement son interlocutrice : après tout, elle était l'une des personnes qui lui achetait les plus grosses quantités de pain et gâteaux. La règle d'or, Alba l'avait bien vite apprise : rester agréable avec la source du revenu. Elle avait donc patienté poliment pendant un quart d'heure avant de céder : c'était largement suffisant, et puis surtout, si elle se mettait à faire ça avec tout le monde, elle ne s'en sortirait jamais.

Cela faisait quelques temps qu'elle ne s'était pas rendue au pier. Lors de son arrivée à Fairhope, c'était l'un des premiers endroits qu'elle avait découvert. Malgré sa peur (plutôt rationnelle, quoiqu'en disent les médisants) des profondeurs de l'océan, le bleu profond d'une mer calme avait des vertus apaisantes sur son esprit, et dieu sait qu'elle en avait bien besoin. Pour Alba la petite tempête, toujours tout feu tout flamme, quoi de mieux que la vue d'une étendue infinie d'eau pour calmer ses tourments ?

La date fatidique approchait à grands pas, et jamais le souvenir ne la laissait tranquille. À côté, la commémoration de la mort de sa cousine Lila était une partie de plaisir. Mais ça... l'anniversaire de l'accident de Kelly, il lui avait fallu une thérapie pour en sortir, et certains soir son visage revenait la hanter, lui crachant son péché en pleine face. En cochant les cases des jours sur son calendrier, elle ne pouvait empêcher son regard de glisser vers la date si ordinaire et si tragique qui ne se trouvait plus qu'à quelques coups de crayon. Alors, direction le refuge. Elle n'avait pas assez d'argent ce mois-ci pour s'échapper au Chili : faute de mieux, elle retournait sur ses premiers pas.

À cette période de l'année et à cette heure-ci, en pleine semaine, le pier était presque désert, laissant de la place à la jeune femme pour s'installer contre la rambarde et perdre son regard contre l'étendue bleue. On aurait pu la prendre pour une spirituelle, ou une rêveuse ; elle n'attendait vraiment que l'hypnose des ondulations de l'eau fasse son effet et la sorte de ses propres pensées. Et le temps s'écoule, les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
.

Une heure, pense-t-elle, lorsque sa conscience sort de sa torpeur : le jour n'est plus qu'une douce lueur au loin. Un soupir, et Alba fait demi tour - son dos est un peu endolori et son corps courbaturé : au lieu de rester debout, elle aurait peut être dû s'asseoir. Peu importe: sa soirée s'annonce calme, elle espère peut être pouvoir regarder un film sympa, lovée dans le canapé.

Sur le pier, elle discute encore quelques instants avec un marchand ambulant de douceurs et pour combler son humeur morne, s'offre le luxe d'une glace, parfum framboise. Oui, une glace en janvier, mais que voulez-vous, l'Amérique est un pays libre et Alba n'aime pas qu'on entrave ses envies, aussi fantasques soient-elles.

C'est en remontant vers la terre ferme que depuis le ponton de bois, la chilienne aperçoit une voiture qui lui semble familière. Peu s'en faut pour qu'un sourire malicieux naisse sur ses lèvres parfumées : elle a trouvé qui fera le fruit de ses états d'âme. Plus guillerette, elle s'approche furtivement : il ne faudrait pas gâcher l'effet de surprise. C'est bien un visage blond qui se dessine à travers le pare-brise, dont les yeux surveillent les alentours de la jetée - et visiblement, il a l'air aussi peu enchanté qu'elle ne l'était quelques heures auparavant.

Sans prévenir, elle frappe au carreau de la voiture, côté passager, et ouvre la portière pour s'installer à l'intérieur du véhicule - comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, et que cette voiture de police était la sienne.

« Hellooo, what's up ? elle sort son arme fatale, son sourire mignon qui lui donne un air angélique, espérant que Pete n'aura pas assez d'arguments pour lui dire de foutre le camp de sa voiture alors qu'il est en service. Mierda Pete, you look rather tired. And your car's a mess, gosh. Man, I didn't know you were on duty ! D'you want some ice-cream ? I just got it, barely licked it. Helado de frambuesa, not so bad. Pour confirmer ses dires, elle la porte à sa bouche. So, how's the evening going ? Better than mine I hope. »

Et voilà, intrusion réussie : s'imposer et ne pas s'arrêter de parler, classic Alba Montero. Et elle n'est même pas désolée : au fond, elle sait que Peter sera content de la voir... enfin, elle espère.

Emi Burton

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Sujet: Re: vienne la nuit, sonne l'heure | peterVen 12 Mai - 2:39

Ils s’étaient rencontrés par hasard. Ou peut-être que c’était elle qui l’avait trouvé, qui l’avait sauvé d’une noyade certaine alors qu’il s’offrait à la liqueur comme on aurait pu se laisser bercer par les vagues. Le blond avait d’abord ignoré sa présence, grommelant, gesticulant sur son coin de banc ou de muret - le souvenir n’était pas suffisamment clair dans son esprit - en espérant qu’elle disparaisse aussi rapidement qu’elle était apparue. Il s’était même demandé s’il ne l’avait pas inventée de toute pièce, s’il ne l’avait pas faite apparaître juste pour se distraire un peu et se concentrer sur autre chose que sur les milliers de pensées qui lui rongeaient l’intérieur du crâne, le vacarme de leur festin n’étant visiblement pas suffisant pour faire taire son désespoir. Il ne se souvenait plus exactement de leur conversation, ni de ce qu’elle avait dit pour lui arracher une réaction digne de ce nom et ainsi lui donner envie de ne plus se comporter en simple spectateur, endossant l’un des rôles principaux sans vraiment le vouloir ni même s’en rendre compte. Il n’y avait sûrement pas grand chose à expliquer, et un seul constat à faire dans ces cas-là : Alba était douée.

Et elle le prouvait une fois encore, alors qu’elle toquait contre la fenêtre du véhicule de fonction de Peter, faisant sursauter le jeune officier. S’il n’avait pas eu les deux mains prises par son sandwich, pas de doute, sa paume aurait automatiquement trouvée sa place sur la crosse de son arme, chaque surprise jugée comme meurtrière dans cette ville où l’air commençait à être irrespirable. L’ancien journaliste n’aurait pas eu le courage de pointer le canon de son flingue contre la tempe de qui que ce soit de toute manière, les images de la cervelle explosée de son paternel sur le béton du garage resurgissant du passé à chaque fois qu’il sentait le métal froid entre ses doigts ; mais dans le fond ce n’était pas pour ses qualités de tireur qu’on l’avait recruté, alors il pouvait dormir sur ses deux oreilles, et se persuader qu’en cas de réelle attaque, il pourrait réagir et se défendre autrement qu’en perforant la peau de son potentiel adversaire. Mais pas question de cela ce soir, pas vrai ? Pas encore, son heure n’avait pas encore sonné, et celle d’Alba non plus.

Le blond leva les yeux au ciel alors qu’elle s’installait à côté de lui comme si de rien n’était, à l’image de leur première rencontre où elle s’était imposée à lui ; la solution à tous ses problèmes. Mine de rien, elle avait réussi à lui redonner le sourire quand d’autres avaient lamentablement échoué, et elle était bien la seule dans Fairhope dont le visage aux traits naïvement dessinés ne lui rappelaient pas le sang qu’il avait sur les mains, le gout amer qui lui engourdissait les papilles, l’horreur qui avait toqué plusieurs fois à sa porte et qu’il avait laissé entrer sans réfléchir. Peter se plaisait néanmoins à jouer les agacés, feignant un certain désintérêt en mordant à nouveau dans son sandwich, honorant son diner comme si la jeune femme ne l’avait jamais rejoint. Elle finit néanmoins par piquer son attention ; ce qui n’avait rien d’étonnant. « Hella de- what ? » Il fallait définitivement qu’elle prenne le temps de lui expliquer ce qu’elle disait quand elle changeait de langue aussi rapidement qu’il clignait des yeux. Mais l’officier ne la regardait toujours pas, le regard rivé vers le large, conscient que la soirée serait forcément moins longue s’il pouvait la passer à taquiner la boulangère. « Hella cold for this weather, that’s what it is. » Et de toute façon, le blond ne raffolait pas des friandises de manière générale, ou seulement pour faire plaisir à Alba quand elle insistait pour qu’il goûte un de ses mets - autrement dire, très rarement.

« My evening was fine until you came in. » Son sourire en coin indiquait pourtant le contraire, et il se disait bien qu’il n’avait même pas besoin de le faire savoir. Elle savait, sinon elle n’aurait certainement pas mis les pieds ici. « How many times do I have to tell you. This- » Il gesticula, ses bras faisant de grands gestes circulaires pour désigner l'intérieur de la voiture, son sandwich menaçant au passage de régurgiter salade et autres ingrédients sur les genoux de son propriétaire. « -is a police vehicle. Which means, no one but me -and my sandwich- is allowed to be here. So unless you have a badge to show me, Miss Montero, you have no reason to stay on this seat. And the worst part is, if you do not cooperate, I’m gonna have to arrest you. » Ce qui serait alors une excellente excuse pour la garder auprès de lui toute la soirée.

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Sujet: Re: vienne la nuit, sonne l'heure | peterSam 27 Mai - 16:30


vienne la nuit sonne l'heure ≈ les jours s'en vont je demeure
“There’s a lot of things you need to get across this universe.
You know the thing you need most of all? You need a hand to hold.”

L'air de rien, Alba se glissa confortablement dans le siège, signifiant ainsi qu'elle n'avait nullement l'intention de partir. Mieux qu'une distraction, Peter était un ami, l'un des rares avec lesquels elle ne se sentait pas perpétuellement obligée de faire semblant. Il savait - ou plutôt, il en savait plus que la plupart du monde, et assez pour la cerner vraiment.Inutile de préciser que tomber sur lui ce soir s’apparentait à une bénédiction.

Elle leva les yeux au ciel et parla lentement, comme pour s'adresser à un enfant. « He-la-do, Peter, helado. Spanish for erm, straw... no, raspberry is it ? Yes. What do you Americans learn at school ? I can't take you anywhere if you don't make an effort, y'know ? » Son regard se posa un peu partout dans l'habitacle, repérant ce qui y trainait, ce qui n'y trainait pas. Elle ne se vexait pas de l'air prétendument absent de Peter, le ton de sa voix indiquant le contraire. Ce n'était pas souvent qu'elle avait l'occasion de provoquer une étincelle de joie sur le visage des autres. D'habitude, elle s'attirait plutôt les moues (vraiment) exaspérées de ses concitoyens, leurs regards dépités.

Après tout, ils ne la connaissent que comme ça, comment leur en vouloir ? Oh, ce qu'elle était, ce qu'elle aurait pu être... cette Alba-là est partie depuis longtemps, il n'en restait désormais qu'une version amère et froide. Pourtant, Fairhope l'avait peu à peu adoptée, cette ville également froide et amère de peur et de douleur. Alba avait trouvé un écho à son esprit tourmenté dans les rues qui non plus ne trouvaient pas la paix. Depuis trois ans, les choses allaient un peu mieux, cependant. Peter n'était pas un hasard dans ce processus. Le blond lui avait permis de s'ouvrir et d'apprendre à respirer à nouveau. La vie faisait son oeuvre sur lui également, ne le couvrait pas de cadeaux, loin de là. L'un à l'autre, ils s'accrochaient, voguant un peu à la dérive, deux bouées de sauvetage un peu perdues en mer, tâchant de s'approcher du rivage.

« Ohh, but that's a threat ! Not cool. Did you ever say that anyway ? I can't remember. Not that I usually pay attention. So, if I refuse to leave, are you gonna knock me out with your sandwich ? That's no way to treat a lady, I am so offended. You're a police officer, your duty is to protect me, from... from the boredom of my evening. How does that sound ? » Difficile de manquer le triomphe sur son visage. La chilienne parle trop, mais la journée avait été horriblement silencieuse - il fallait qu'elle compense. Plus on se rapprochait de la date fatidique, plus elle se renfermait, fuyant toute présence humaine pour ne pas avoir à leur imposer ses détestables remarques ou sautes d'humeurs qu'elle-même ne maîtrisait pas. « I can help. I can help you do whatever they let you do. Including staring at the sea with a deep look on my face. » Elle ne plaisantait qu'à moitié, et termina sa tirade d'un clin d'œil tout en continuant de manger sa glace.

Alba se rêvait souvent en aventurière intrépide, arrêtant les méchants, prouvant sa valeur. Malheureusement, son univers ne lui laissait que peu de place pour rêver. Ça ne lui appartenait plus désormais, cette faculté d'imaginer qu'un jour les choses seraient plus belles. Elle l'avait vécu, ce voeu, et l'avait brisé. Maintenant, la chilienne se contentait de regarder rêver les autres.

« Or put me in jail, I don't mind. Just don't drive me back home. »


Emi Burton

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Sujet: Re: vienne la nuit, sonne l'heure | peterVen 9 Juin - 19:07

 « That’s the whole point of being American, Alba. We don’t learn anything at school but to be American. »

Elle lui avait rendu son sourire. Sans vraiment le vouloir, sans vraiment le prédire. Peter ne savait clairement pas ce que c’était d’avoir une famille, ou bien il ne savait tout simplement plus. Sa mère était partie alors qu’il avait à peine sept ans, son père l’avait ensuite lâchement abandonné en se faisant égoïstement exploser la cervelle dans le garage de leur domicile ; ce n’était pas vraiment comme si Peter avait pu se permettre d’exiger un petit frère ou une petite soeur à un moment donné. Il s’était fait à sa solitude, il s’était construit un monde entre les murs de sa chambre, il s’était inventé une vie dans les rues de Cowpen Creek, qu’il remontait de long en large, courant à perdre haleine dans cette ville qui ne pourrait jamais rien lui offrir à part un peu de peine, un poids supplémentaire sur ses larges épaules. Il ne s’était pas autorisé à songer à tout ceci, à une éventuelle famille, une femme, des enfants ; encore moins des frères et soeurs. Et pourtant, il y avait bien Sean, qui ne partageait pas son sang mais qui avait tout d’un aîné parfait, le seul sur qui il pouvait compter. Et puis il y avait la petite Alba et ses cours d’espagnol qui lui mettait du baume au coeur et qui faisait en sorte que ses soirées paraissent moins longues.

Croquant distraitement dans son sandwich, son sourire ne quittait pas ses lèvres, son air fier devenu quasiment indélébile sur son visage. Il la surveillait du coin de l’oeil, la laissant s’expliquer sur la raison de sa présence, son oreille beaucoup plus attentive qu’il n’y paraissait. Ils ne se connaissaient peut-être pas par coeur, mais était-ce vraiment nécessaire ? Elle lui permettait de se défaire de toutes ces histoires de meurtres, d’enquêtes, de pièces à convictions, de plans et d’appâts qui commençaient sérieusement à lui ronger l’esprit et à consumer ses pensées ; c’était déjà un exploit, alors le blond ne pouvait pas se permettre d’en exiger davantage. Et puis, quelque part, il avait envie de la protéger de tout ça, de Fairhope. Il se doutait bien qu’elle était plus forte que ce qu’il se laissait croire, mais cela ne l’empêchait pas de craindre que quelque chose puisse un jour lui arriver. Il ne lui restait pas grand chose après tout, à part elle et Sean, ses bouteilles et… Son sandwich, qui disparaissait bien vite. Une chance que Peter ait la bouche pleine, l’empêchant de pouvoir répondre, laissant la chilienne aller jusqu’au bout de son discours.

« What’s wrong with home these days ? » Fronçant légèrement les sourcils, une once d’inquiétude s’emparant de sa voix, il se tourna finalement vers elle. « I thought it was where most people actually wanted to be. » À part pour Peter, qui retrouvait finalement la solitude des murs crasseux de Cowpen Creek après avoir goûté au marbre de Beach Road, aux rayons du soleil couchant frappant contre la baie vitrée de sa villa, la cime des arbres dansant dans l’air du soir. Il était maintenant condamné à se repasser les films de son adolescence, repensant à la nuit tragique où il avait retrouvé le cadavre de son père en rentrant, tous ces souvenirs dont son esprit n’arrivait clairement plus à se débarrasser. Seul l’alcool l’aidait à panser ses blessures, à panser ses erreurs, à penser à autre chose. « Wanna go somewhere ? Or we could just walk aroung I guess. » Il était en uniforme, son badge, sa matraque et son arme sur lui, les menottes également attachées à sa ceinture. Personne ne viendrait jamais les importuner alors qu’il était vêtu de la sorte, même s’ils dépassaient le couvre-feu de quelques précieuses minutes… Ou de quelques heures. « Too bad we can’t light a fire on the beach, people might see it and that’s not really allowed these days. But maybe some marshmallows could have helped somehow ? » Que faire dans ces moments-là ? Comment être certain qu’Alba pourrait se débarrasser de ce qui la tracassait sans avoir recours aux mêmes solutions extrêmes que celles que Peter utilisait d’habitude ?

« Maybe we’ll just figure it out. Come one, let’s go. » Reposant son sandwich rapidement dans l'emballage qu’il avait laissé trainer négligemment sur le tableau de bord, il sortit de la voiture avant d’en faire le tour pour aller ouvrir la portière d’Alba. « First one with his feet in the sea wins… Something. » Restant immobile, il allait naturellement la laisser prendre un peu d’avance avant de la battre à plate couture. Sinon, quel intérêt ?

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