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 vienne la nuit, sonne l'heure | peter

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bad blood - we live here

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◆ Manuscrits : 291
◆ Arrivé(e) le : 31/10/2016
◆ Âge : 31 ans (15/08/85)
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◆ Métier : boulangère douée et impliquée, fouineuse à ses heures perdues, ancienne journaliste radio déchue.
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Sujet: vienne la nuit, sonne l'heure | peterMer 5 Avr - 1:59


vienne la nuit sonne l'heure ≈ les jours s'en vont je demeure
“There’s a lot of things you need to get across this universe.
You know the thing you need most of all? You need a hand to hold.”

Le soleil était déjà bien proche de la ligne d'horizon lorsqu'elle arriva au pier. Elle aurait dû s'en douter, elle avait mis un peu plus de temps que d'habitude en venant à pieds, ayant été retenue par l'une de ses clientes croisée sur le chemin. Alba aurait bien coupé court à la discussion prétextant une chose urgente à faire, n'importe quoi, mais elle s'était sentie obligée de jouer les hypocrites et de feindre un intérêt pour l'histoire qui tracassait visiblement son interlocutrice : après tout, elle était l'une des personnes qui lui achetait les plus grosses quantités de pain et gâteaux. La règle d'or, Alba l'avait bien vite apprise : rester agréable avec la source du revenu. Elle avait donc patienté poliment pendant un quart d'heure avant de céder : c'était largement suffisant, et puis surtout, si elle se mettait à faire ça avec tout le monde, elle ne s'en sortirait jamais.

Cela faisait quelques temps qu'elle ne s'était pas rendue au pier. Lors de son arrivée à Fairhope, c'était l'un des premiers endroits qu'elle avait découvert. Malgré sa peur (plutôt rationnelle, quoiqu'en disent les médisants) des profondeurs de l'océan, le bleu profond d'une mer calme avait des vertus apaisantes sur son esprit, et dieu sait qu'elle en avait bien besoin. Pour Alba la petite tempête, toujours tout feu tout flamme, quoi de mieux que la vue d'une étendue infinie d'eau pour calmer ses tourments ?

La date fatidique approchait à grands pas, et jamais le souvenir ne la laissait tranquille. À côté, la commémoration de la mort de sa cousine Lila était une partie de plaisir. Mais ça... l'anniversaire de l'accident de Kelly, il lui avait fallu une thérapie pour en sortir, et certains soir son visage revenait la hanter, lui crachant son péché en pleine face. En cochant les cases des jours sur son calendrier, elle ne pouvait empêcher son regard de glisser vers la date si ordinaire et si tragique qui ne se trouvait plus qu'à quelques coups de crayon. Alors, direction le refuge. Elle n'avait pas assez d'argent ce mois-ci pour s'échapper au Chili : faute de mieux, elle retournait sur ses premiers pas.

À cette période de l'année et à cette heure-ci, en pleine semaine, le pier était presque désert, laissant de la place à la jeune femme pour s'installer contre la rambarde et perdre son regard contre l'étendue bleue. On aurait pu la prendre pour une spirituelle, ou une rêveuse ; elle n'attendait vraiment que l'hypnose des ondulations de l'eau fasse son effet et la sorte de ses propres pensées. Et le temps s'écoule, les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
.

Une heure, pense-t-elle, lorsque sa conscience sort de sa torpeur : le jour n'est plus qu'une douce lueur au loin. Un soupir, et Alba fait demi tour - son dos est un peu endolori et son corps courbaturé : au lieu de rester debout, elle aurait peut être dû s'asseoir. Peu importe: sa soirée s'annonce calme, elle espère peut être pouvoir regarder un film sympa, lovée dans le canapé.

Sur le pier, elle discute encore quelques instants avec un marchand ambulant de douceurs et pour combler son humeur morne, s'offre le luxe d'une glace, parfum framboise. Oui, une glace en janvier, mais que voulez-vous, l'Amérique est un pays libre et Alba n'aime pas qu'on entrave ses envies, aussi fantasques soient-elles.

C'est en remontant vers la terre ferme que depuis le ponton de bois, la chilienne aperçoit une voiture qui lui semble familière. Peu s'en faut pour qu'un sourire malicieux naisse sur ses lèvres parfumées : elle a trouvé qui fera le fruit de ses états d'âme. Plus guillerette, elle s'approche furtivement : il ne faudrait pas gâcher l'effet de surprise. C'est bien un visage blond qui se dessine à travers le pare-brise, dont les yeux surveillent les alentours de la jetée - et visiblement, il a l'air aussi peu enchanté qu'elle ne l'était quelques heures auparavant.

Sans prévenir, elle frappe au carreau de la voiture, côté passager, et ouvre la portière pour s'installer à l'intérieur du véhicule - comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, et que cette voiture de police était la sienne.

« Hellooo, what's up ? elle sort son arme fatale, son sourire mignon qui lui donne un air angélique, espérant que Pete n'aura pas assez d'arguments pour lui dire de foutre le camp de sa voiture alors qu'il est en service. Mierda Pete, you look rather tired. And your car's a mess, gosh. Man, I didn't know you were on duty ! D'you want some ice-cream ? I just got it, barely licked it. Helado de frambuesa, not so bad. Pour confirmer ses dires, elle la porte à sa bouche. So, how's the evening going ? Better than mine I hope. »

Et voilà, intrusion réussie : s'imposer et ne pas s'arrêter de parler, classic Alba Montero. Et elle n'est même pas désolée : au fond, elle sait que Peter sera content de la voir... enfin, elle espère.

Emi Burton

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Sujet: Re: vienne la nuit, sonne l'heure | peterVen 12 Mai - 2:39

Ils s’étaient rencontrés par hasard. Ou peut-être que c’était elle qui l’avait trouvé, qui l’avait sauvé d’une noyade certaine alors qu’il s’offrait à la liqueur comme on aurait pu se laisser bercer par les vagues. Le blond avait d’abord ignoré sa présence, grommelant, gesticulant sur son coin de banc ou de muret - le souvenir n’était pas suffisamment clair dans son esprit - en espérant qu’elle disparaisse aussi rapidement qu’elle était apparue. Il s’était même demandé s’il ne l’avait pas inventée de toute pièce, s’il ne l’avait pas faite apparaître juste pour se distraire un peu et se concentrer sur autre chose que sur les milliers de pensées qui lui rongeaient l’intérieur du crâne, le vacarme de leur festin n’étant visiblement pas suffisant pour faire taire son désespoir. Il ne se souvenait plus exactement de leur conversation, ni de ce qu’elle avait dit pour lui arracher une réaction digne de ce nom et ainsi lui donner envie de ne plus se comporter en simple spectateur, endossant l’un des rôles principaux sans vraiment le vouloir ni même s’en rendre compte. Il n’y avait sûrement pas grand chose à expliquer, et un seul constat à faire dans ces cas-là : Alba était douée.

Et elle le prouvait une fois encore, alors qu’elle toquait contre la fenêtre du véhicule de fonction de Peter, faisant sursauter le jeune officier. S’il n’avait pas eu les deux mains prises par son sandwich, pas de doute, sa paume aurait automatiquement trouvée sa place sur la crosse de son arme, chaque surprise jugée comme meurtrière dans cette ville où l’air commençait à être irrespirable. L’ancien journaliste n’aurait pas eu le courage de pointer le canon de son flingue contre la tempe de qui que ce soit de toute manière, les images de la cervelle explosée de son paternel sur le béton du garage resurgissant du passé à chaque fois qu’il sentait le métal froid entre ses doigts ; mais dans le fond ce n’était pas pour ses qualités de tireur qu’on l’avait recruté, alors il pouvait dormir sur ses deux oreilles, et se persuader qu’en cas de réelle attaque, il pourrait réagir et se défendre autrement qu’en perforant la peau de son potentiel adversaire. Mais pas question de cela ce soir, pas vrai ? Pas encore, son heure n’avait pas encore sonné, et celle d’Alba non plus.

Le blond leva les yeux au ciel alors qu’elle s’installait à côté de lui comme si de rien n’était, à l’image de leur première rencontre où elle s’était imposée à lui ; la solution à tous ses problèmes. Mine de rien, elle avait réussi à lui redonner le sourire quand d’autres avaient lamentablement échoué, et elle était bien la seule dans Fairhope dont le visage aux traits naïvement dessinés ne lui rappelaient pas le sang qu’il avait sur les mains, le gout amer qui lui engourdissait les papilles, l’horreur qui avait toqué plusieurs fois à sa porte et qu’il avait laissé entrer sans réfléchir. Peter se plaisait néanmoins à jouer les agacés, feignant un certain désintérêt en mordant à nouveau dans son sandwich, honorant son diner comme si la jeune femme ne l’avait jamais rejoint. Elle finit néanmoins par piquer son attention ; ce qui n’avait rien d’étonnant. « Hella de- what ? » Il fallait définitivement qu’elle prenne le temps de lui expliquer ce qu’elle disait quand elle changeait de langue aussi rapidement qu’il clignait des yeux. Mais l’officier ne la regardait toujours pas, le regard rivé vers le large, conscient que la soirée serait forcément moins longue s’il pouvait la passer à taquiner la boulangère. « Hella cold for this weather, that’s what it is. » Et de toute façon, le blond ne raffolait pas des friandises de manière générale, ou seulement pour faire plaisir à Alba quand elle insistait pour qu’il goûte un de ses mets - autrement dire, très rarement.

« My evening was fine until you came in. » Son sourire en coin indiquait pourtant le contraire, et il se disait bien qu’il n’avait même pas besoin de le faire savoir. Elle savait, sinon elle n’aurait certainement pas mis les pieds ici. « How many times do I have to tell you. This- » Il gesticula, ses bras faisant de grands gestes circulaires pour désigner l'intérieur de la voiture, son sandwich menaçant au passage de régurgiter salade et autres ingrédients sur les genoux de son propriétaire. « -is a police vehicle. Which means, no one but me -and my sandwich- is allowed to be here. So unless you have a badge to show me, Miss Montero, you have no reason to stay on this seat. And the worst part is, if you do not cooperate, I’m gonna have to arrest you. » Ce qui serait alors une excellente excuse pour la garder auprès de lui toute la soirée.

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Sujet: Re: vienne la nuit, sonne l'heure | peterSam 27 Mai - 16:30


vienne la nuit sonne l'heure ≈ les jours s'en vont je demeure
“There’s a lot of things you need to get across this universe.
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L'air de rien, Alba se glissa confortablement dans le siège, signifiant ainsi qu'elle n'avait nullement l'intention de partir. Mieux qu'une distraction, Peter était un ami, l'un des rares avec lesquels elle ne se sentait pas perpétuellement obligée de faire semblant. Il savait - ou plutôt, il en savait plus que la plupart du monde, et assez pour la cerner vraiment.Inutile de préciser que tomber sur lui ce soir s’apparentait à une bénédiction.

Elle leva les yeux au ciel et parla lentement, comme pour s'adresser à un enfant. « He-la-do, Peter, helado. Spanish for erm, straw... no, raspberry is it ? Yes. What do you Americans learn at school ? I can't take you anywhere if you don't make an effort, y'know ? » Son regard se posa un peu partout dans l'habitacle, repérant ce qui y trainait, ce qui n'y trainait pas. Elle ne se vexait pas de l'air prétendument absent de Peter, le ton de sa voix indiquant le contraire. Ce n'était pas souvent qu'elle avait l'occasion de provoquer une étincelle de joie sur le visage des autres. D'habitude, elle s'attirait plutôt les moues (vraiment) exaspérées de ses concitoyens, leurs regards dépités.

Après tout, ils ne la connaissent que comme ça, comment leur en vouloir ? Oh, ce qu'elle était, ce qu'elle aurait pu être... cette Alba-là est partie depuis longtemps, il n'en restait désormais qu'une version amère et froide. Pourtant, Fairhope l'avait peu à peu adoptée, cette ville également froide et amère de peur et de douleur. Alba avait trouvé un écho à son esprit tourmenté dans les rues qui non plus ne trouvaient pas la paix. Depuis trois ans, les choses allaient un peu mieux, cependant. Peter n'était pas un hasard dans ce processus. Le blond lui avait permis de s'ouvrir et d'apprendre à respirer à nouveau. La vie faisait son oeuvre sur lui également, ne le couvrait pas de cadeaux, loin de là. L'un à l'autre, ils s'accrochaient, voguant un peu à la dérive, deux bouées de sauvetage un peu perdues en mer, tâchant de s'approcher du rivage.

« Ohh, but that's a threat ! Not cool. Did you ever say that anyway ? I can't remember. Not that I usually pay attention. So, if I refuse to leave, are you gonna knock me out with your sandwich ? That's no way to treat a lady, I am so offended. You're a police officer, your duty is to protect me, from... from the boredom of my evening. How does that sound ? » Difficile de manquer le triomphe sur son visage. La chilienne parle trop, mais la journée avait été horriblement silencieuse - il fallait qu'elle compense. Plus on se rapprochait de la date fatidique, plus elle se renfermait, fuyant toute présence humaine pour ne pas avoir à leur imposer ses détestables remarques ou sautes d'humeurs qu'elle-même ne maîtrisait pas. « I can help. I can help you do whatever they let you do. Including staring at the sea with a deep look on my face. » Elle ne plaisantait qu'à moitié, et termina sa tirade d'un clin d'œil tout en continuant de manger sa glace.

Alba se rêvait souvent en aventurière intrépide, arrêtant les méchants, prouvant sa valeur. Malheureusement, son univers ne lui laissait que peu de place pour rêver. Ça ne lui appartenait plus désormais, cette faculté d'imaginer qu'un jour les choses seraient plus belles. Elle l'avait vécu, ce voeu, et l'avait brisé. Maintenant, la chilienne se contentait de regarder rêver les autres.

« Or put me in jail, I don't mind. Just don't drive me back home. »


Emi Burton

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Sujet: Re: vienne la nuit, sonne l'heure | peterVen 9 Juin - 19:07

 « That’s the whole point of being American, Alba. We don’t learn anything at school but to be American. »

Elle lui avait rendu son sourire. Sans vraiment le vouloir, sans vraiment le prédire. Peter ne savait clairement pas ce que c’était d’avoir une famille, ou bien il ne savait tout simplement plus. Sa mère était partie alors qu’il avait à peine sept ans, son père l’avait ensuite lâchement abandonné en se faisant égoïstement exploser la cervelle dans le garage de leur domicile ; ce n’était pas vraiment comme si Peter avait pu se permettre d’exiger un petit frère ou une petite soeur à un moment donné. Il s’était fait à sa solitude, il s’était construit un monde entre les murs de sa chambre, il s’était inventé une vie dans les rues de Cowpen Creek, qu’il remontait de long en large, courant à perdre haleine dans cette ville qui ne pourrait jamais rien lui offrir à part un peu de peine, un poids supplémentaire sur ses larges épaules. Il ne s’était pas autorisé à songer à tout ceci, à une éventuelle famille, une femme, des enfants ; encore moins des frères et soeurs. Et pourtant, il y avait bien Sean, qui ne partageait pas son sang mais qui avait tout d’un aîné parfait, le seul sur qui il pouvait compter. Et puis il y avait la petite Alba et ses cours d’espagnol qui lui mettait du baume au coeur et qui faisait en sorte que ses soirées paraissent moins longues.

Croquant distraitement dans son sandwich, son sourire ne quittait pas ses lèvres, son air fier devenu quasiment indélébile sur son visage. Il la surveillait du coin de l’oeil, la laissant s’expliquer sur la raison de sa présence, son oreille beaucoup plus attentive qu’il n’y paraissait. Ils ne se connaissaient peut-être pas par coeur, mais était-ce vraiment nécessaire ? Elle lui permettait de se défaire de toutes ces histoires de meurtres, d’enquêtes, de pièces à convictions, de plans et d’appâts qui commençaient sérieusement à lui ronger l’esprit et à consumer ses pensées ; c’était déjà un exploit, alors le blond ne pouvait pas se permettre d’en exiger davantage. Et puis, quelque part, il avait envie de la protéger de tout ça, de Fairhope. Il se doutait bien qu’elle était plus forte que ce qu’il se laissait croire, mais cela ne l’empêchait pas de craindre que quelque chose puisse un jour lui arriver. Il ne lui restait pas grand chose après tout, à part elle et Sean, ses bouteilles et… Son sandwich, qui disparaissait bien vite. Une chance que Peter ait la bouche pleine, l’empêchant de pouvoir répondre, laissant la chilienne aller jusqu’au bout de son discours.

« What’s wrong with home these days ? » Fronçant légèrement les sourcils, une once d’inquiétude s’emparant de sa voix, il se tourna finalement vers elle. « I thought it was where most people actually wanted to be. » À part pour Peter, qui retrouvait finalement la solitude des murs crasseux de Cowpen Creek après avoir goûté au marbre de Beach Road, aux rayons du soleil couchant frappant contre la baie vitrée de sa villa, la cime des arbres dansant dans l’air du soir. Il était maintenant condamné à se repasser les films de son adolescence, repensant à la nuit tragique où il avait retrouvé le cadavre de son père en rentrant, tous ces souvenirs dont son esprit n’arrivait clairement plus à se débarrasser. Seul l’alcool l’aidait à panser ses blessures, à panser ses erreurs, à penser à autre chose. « Wanna go somewhere ? Or we could just walk aroung I guess. » Il était en uniforme, son badge, sa matraque et son arme sur lui, les menottes également attachées à sa ceinture. Personne ne viendrait jamais les importuner alors qu’il était vêtu de la sorte, même s’ils dépassaient le couvre-feu de quelques précieuses minutes… Ou de quelques heures. « Too bad we can’t light a fire on the beach, people might see it and that’s not really allowed these days. But maybe some marshmallows could have helped somehow ? » Que faire dans ces moments-là ? Comment être certain qu’Alba pourrait se débarrasser de ce qui la tracassait sans avoir recours aux mêmes solutions extrêmes que celles que Peter utilisait d’habitude ?

« Maybe we’ll just figure it out. Come one, let’s go. » Reposant son sandwich rapidement dans l'emballage qu’il avait laissé trainer négligemment sur le tableau de bord, il sortit de la voiture avant d’en faire le tour pour aller ouvrir la portière d’Alba. « First one with his feet in the sea wins… Something. » Restant immobile, il allait naturellement la laisser prendre un peu d’avance avant de la battre à plate couture. Sinon, quel intérêt ?

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Sujet: Re: vienne la nuit, sonne l'heure | peterSam 1 Juil - 15:37


vienne la nuit sonne l'heure ≈ les jours s'en vont je demeure

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Un soupir exagéré, une moue faussement tragique. « Ain't it sad... »

Alba se tortille sur son siège lorsqu'il pose ses questions. Elles ne sauraient être indiscrètes - il n'y pas d'indiscrétion qui tienne avec Peter. De lui, Alba ne cherche pas à fuir les regards ni la curiosité. Maintenant, elle s'y est habituée, à retrouver une relation normale avec quelqu'un, à se laisser apprivoiser et à se remettre sur les rails de l'amitié. Il fait ça parce-qu'il tient à elle, et il ne la déteste pas, il ne lui renvoie pas le mépris et la colère qu'elle voyait dans le regard de ses proches, il y a quelques années.

Elle doit emménager à la fin du mois avec Oscar dans un nouvel appart, mais pour le moment, lorsqu'elle rentre le soir, il n'y a que son ombre à elle entre les cartons éparpillés, le lit aux draps défaits, sa lourde armoire dont les beaux vêtements lui font l'effet de tristes fantômes attendant d'être portés. Cette période est la pire, pour chasser les souvenirs qui reviennent se terrer dans un coin de sa tête, pour conjurer la peur et éloigner les maux qui menacent, elle allume les lumières, les guirlandes de couleur qu'elle a acheté, mais aussi la chaîne hi-fi et tourne le bouton du volume au maximum. Elle dispose ses petites plantes grasses et ses fleurs en évidence sur les surfaces planes de son salon, et tire les rideaux pour ne pas avoir à affronter l'immensité obscure de la nuit, l'abîme du vide qui, peut-être, abrite une âme torturée au couteau affuté. « It is, but... not now. These days, home is a cage more than a shelter. I don't like being alone at night. » On pourrait s'y méprendre, sa voix semble indifférente mais c'est un tremblement discret sur le o de alone qui la trahit et ajoute une pointe d'amertume. Ou croire que seule la nuit renvoie au Poète, et oui bien sûr elle y pense, mais d'un autre côté c'est si peu comparé à la date anniversaire qui à portée de main sur le calendrier. « Everyone say that home is where the heart lies, but I'm not really sure I even have a heart. ». Alba prend une grande inspiration avant que les images ne viennent danser dans son esprit, et elle force un sourire pour se reprendre. Brusquement, changeant de sujet, elle tourne la tête vers Peter et les hésitations de sa voix ont disparu, bien vite remplacées par son habituel enthousiasme et flot de paroles. « Did I tell you I'm moving out ? I'm renting a flatshare now, with a guy - still on Fairhope Avenue though. And the guy is quite... nice. I thought I might need a change, I've had my current flat for three years now, so... You'll have to come and visit ! » Oscar e telle avaient fait fort : l'appartement déniché était spacieux, lumineux, agréable. Et surtout, avoir de la compagnie lui ferait du bien.

Terminant sa glace, elle acquiesce à la proposition de son ami. « Oh yeah, marshmallows are the best ! I'm not usually one for the rules, but you're right. We just have to postpone the fire on the beach. Let's save it for a warm summer night, mid-july maybe, with alcohol too and no people around. » Alba sort du véhicule lorsqu'il lui en donne l'occasion, alléchée par le défi. « You're so gonna lose, mate. You're a tall muscular overdressed cop, I'm as light as a feather and swift like the wind. And when I win... Elle lui adresse un regard malicieux - elle sait bien qu'elle n'a aucune chance face à Peter, mais la lumière qui brille dans ses prunelles est trop vive, trop excitée pour laisser tomber. When I win, I want us to start a radio program. Elle détache les mots, laissant planer un suspense entre chaque syllabe, et finit par un sourire triomphant. We'd call it "The AP Show", for Alba and Peter, but no one would know. You could talk about the stuff you do in the police, and I'd tell the audience about recipes and Chile. I could teach people to swear in spanish, and you'd charm the whole town with your voice. How about that ? Deal ? » Et dans un grand cri de joie, sans attendre la réponse, elle ôte ses petites chaussures - de simples sneakers en toile, et se met à courir, à redescendre vers la mer. Le vent porte ses cris qu'elle lui lance en espérant le larguer, quelque chose qui ressemble à "tu ne me rattraperas jamais" alors qu'il l'a déjà dépassée. Hors d'haleine ses pieds foulent le sable encore tiède, puis les bandes plus foncées gorgées d'eau de mer, l'écume, et enfin les vagues viennent lécher ses chevilles. La fraîcheur de l'eau la fait grimacer, et puisque c'est un jeu, elle éclabousse l'uniforme... ou ce qu'il en reste.

« Muy bien hombre, you win. Now, what’s your prize ? Name it and you shall have it ! » Elle prend de grands airs, bien consciente que le sel et le sable ont volé dans ses cheveux, les emmêlant au vent, et que ses vêtement sont parsemés de tache d'eau de mer. Mais il n'y a presque personne sur cette bande de terre entre le continent et l'océan ; la course a libéré son esprit et elle se fiche bien des regards curieux.

Emi Burton

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Sujet: Re: vienne la nuit, sonne l'heure | peterMar 11 Juil - 18:28

C’était simple, aussi facile qu’une évidence. Elle rayonnait, quand les nuages ne venaient pas assombrir son regard, quelques phrases qui la rendait humaine après tout, personne ne pouvait être enjoué sans le moindre moment de faiblesse, sans une once de mélancolie quand la nuit reprenait ses droits sur l’humanité et qu’elle plongeait le monde dans le silence. Et Alba craignait la solitude qui allait avec, la lune ne lui suffisait certainement pas à lui tenir compagnie. Qui pouvait la blâmer ? Même Peter, qui n’avait pas la même carrure, les mêmes angoisses que la jeune femme, n’était pas rassuré par la présence des étoiles au-dessus de sa tête, les souvenirs les plus sombres refaisant alors surface pour l’accompagner dans ses ivresses. Il avait longtemps cru que la nuit parviendrait à lui faire tout oublier, à faire abstraction de tout ce qui s’était produit avant pour se concentrer sur les promesses que le petit matin apporterait avec lui ; il avait cru vainement, car il n’avait rien obtenu et la nuit n’avait jamais été clémente. Elle lui avait arraché sa mère, l’avait privé de son père, et semblait maintenant le séparer de Willow qui dormait paisiblement trop loin de lui, dans d’autres draps. Avec Alba, c’était différent ; évidemment que ça l’était. Mais tout paraissait simple, aussi clair et limpide que de l’eau de roche, aussi facile qu’une évidence. Et tandis qu’elle parlait, le grand blond ne mouftait pas, croisant même les bras sur sa poitrine en attendant la fin de son discours, presque pris de cour par la brune lorsqu’elle se mit à courir vers la mer au beau milieu d’une phrase.

Il était arrivé avant elle, il n’avait même pas essayé de la laisser gagner. Non, peut-être par pure fierté, ou juste parce qu’il avait envie de la taquiner. Ou simplement parce qu’il avait entendu les mots « émission de radio » et « the AP show » dans la même phrase, et son sang n’avait fait qu’un tour. Pas le choix, il fallait qu’il gagne, qu’il remporte la course, soit pour s’éviter une énième reconversion professionnelle, soit pour s’épargner de devoir présenter une émission au nom qu’il jugeait un peu trop extravagant et pas suffisamment sérieux pour le type d’informations qu’ils pourraient transmettre sur les ondes. Arrivée à sa hauteur, reconnaissant les efforts de l’officier, les cheveux de la jeune femme semblaient batifoler avec la brise légère du bord de mer, son sourire encore agrippé à ses lèvres, ses pieds nus dans le sable et la mine rayonnante. Ce crétin en aurait presque oublié qu’il n’avait même pas pris la peine de fermer son véhicule de fonction à clé, laissant à n’importe qui la possibilité de rentrer dans la voiture pour s’installer au volant, manger son sandwich et partir avec tout ce qui se trouvait dans la boite à gant. Pas grand chose, à moins que la police de Fairhope ait maintenant pris l’habitude de laisser des pièces à convictions et autres indices planqués à la portée de tout le monde.

Son regard se figea sur Alba, presque absorbé par les yeux ambrés de la jeune femme, et sans y réfléchir à deux fois, il la souleva sans le moindre effort, un bras sous ses genoux, l’autre sous ses bras, la tenant face à la mer comme on aurait soulevé une mariée lors de sa nuit de noces. « Let me think… » Il fit semblant de se concentrer, haussant un sourcil et prenant de faux air de penseur. « I would have considered your offer if you had found another name for our show… I mean, come on : The AP Show ? We’re too cool for this. We need something… Awesome. » Il retrouva son air fier qui allait généralement de paire avec un sourire benêt qui lui allait à ravir. À se demander si Peter se prenait parfois au sérieux ; rarement avec Alba en tout cas. C’était simple avec elle, c’était l’évidence, et le regard de Peter s’attarda une fraction de seconde sur les lèvres de la jeune fille, une simple hésitation qui disparut alors même qu’elle avait pointé le bout de son nez. Non, il ne pouvait pas l’embrasser. Ses lèvres n’effleureraient pas celles d’Alba pour les bonnes raisons. Elle était belle, charmante et elle lui redonnait le sourire quand tout laissait croire qu’il n’y avait plus aucun espoir pour lui ou pour cette ville, mais ce n’était pas une raison suffisante pour se laisser berner et croire que son coeur n’appartenait pas encore et toujours à Willow, qui dormait certainement dans d’autres bras.

Un sourire satisfait plus tard, Peter comblait déjà la distance entre la mer et lui, gardant Alba contre lui, oubliant son uniforme et les responsabilités que ce dernier impliquait. « So until you find a real cool name, I guess my prize will be carrying you into the ocean. » Le bout de ses chaussures se mêlaient déjà à l’eau salée qui remontait sur la plage pour effacer les traces de leur présence au fur et à mesure. « And by the way, who’s that guy you’re gonna move in with ? Want me to run a background check on him or something ? » Non, personne n’essayait de changer de sujet pour déconcentrer Alba et s’assurer qu’elle ne trouverait pas l’idée du siècle, qu’elle ne serait pas à l’origine d’un nom d’émission parfait, pour qu'elle finisse à l’eau comme Peter l’avait visiblement prévu.

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Sujet: Re: vienne la nuit, sonne l'heure | peterJeu 17 Aoû - 18:10


vienne la nuit sonne l'heure ≈ les jours s'en vont je demeure

“There’s a lot of things you need to get across this universe.
You know the thing you need most of all? You need a hand to hold.”

Pendant un instant, un instant précieux comme tout l'or du monde, celle qui court n'est plus une adulte tourmentée, mais une enfant innocente. Ses pieds touchent à peine le sable lorsqu'elle court et on croirait qu'elle va s'envoler. Il y a dans ses foulées la grâce d'une fée, ou d'un petit lutin, et au fond d'elle-même elle espère que le vent va l'emporter. Son rire résonne à l'infini et ils ne sont plus que deux au monde. Ça lui suffit amplement. Un ami, un véritable ami, c'est plus qu'elle mérite, c'est inespéré, et elle se battra pour le garder. Soudain les foulées s'arrêtent et ses pieds se posent au même endroit. Elle a à peine le temps de reprendre son souffle, de se plier en deux, les mains sur les genoux, épuisée ; non, la réalité n'a pas le temps de s'installer que déjà Alba ne touche plus terre. Le vent s'appelle finalement Peter et il ne l'emporte pas au loin, peut-être parce-qu'elle se débat avec des éclats de rire et des cris aigus. Peut-être qu'on n'emporte pas les enfants qui n'en sont plus vraiment, on les laisse espérer et affronter le présent.

Au milieu du vent et des sons de la mer, Peter parle mais Alba l'écoute à peine avant de se calmer, lassée. Peter est un géant qui ne se plie ni ne se brise, alors elle se laisse aller dans ses bras, sereine dans cet étau protecteur. Alba ne pèse rien, ils doivent former un drôle de couple là, l'eau de mer qui grignote leurs chevilles comme un petit animal, tandis qu'il la porte comme une jeune mariée. « Well I'm sorry Lord Genius, I was only trying to give me a prize to look for. And you didn't give me much time to think about a name. You could cooperate a bit ! I'm not good with names. » scande-t-elle avec défi, rejetant comme il se doit la faute sur les autres. Jusqu'à ce qu'elle entende la deuxième partie de sa proposition, qui la fit encore hurler de plus belle, tout en feignant une tentative d'évasion. Les voyelles s'allongent sous les intonations natales qui ressurgissent spontanément et se noient dans le rire de son gardien blond. « Nooo ! Peeeter ! Suéltameee ! » Terrifiée qu'il la lâche effectivement, et que son petit corps fasse un bruit de poupée en tombant sur le sable mouillée, elle se cramponne à son cou dès qu'il fait mine de relâcher la tension dans ses bras, et lui tire la langue.  « Why do you even care, lance-t-elle, insolante. Actually I even like him and... and he's a true criminal, you know, a gangster, like the ones you cannot catch. Or is he a spy ? A true vilain from the James Bond movies ! He will make me his wife, the evil queen Alba of doom and darkness. »

Oscar est effectivement beaucoup de choses, mais on repassera pour le côté seigneur des ténèbres et maître du monde. Alba n'a jamais vu un James Bond de sa vie, non plus, et se fie uniquement à ce qu'on lui en a dit : un homme malveillant dans un fauteuil qui se retourne, tapi dans l'obscurité et caressant un gros chat aux yeux acérés, énonçant d'une voix ténébreuse quelque chose comme "je vous attendais, mister Bond". Rien que pour le plaisir de voir les sourcils de Peter se froncer, un plaisir inégalé, elle continue d'une voix mielleuse. « He's hot, too. But he's also a pain in the ass sometimes, although I suppose that's because he's a man. This, I can deal with.  »

L'océan se rapproche dangereusement et ses divagations n'ont fait qu'accélérer l'échéance. Peu importe, au fond, qu'elle rentre dégoulinante, des algues mêlées à ses cheveux et la peau salée comme les poissons, tant qu'ils sont deux à se chamailler. Tant pis pour ses vêtements, elle en rachètera bien d'autres. Pour la forme, par contre, elle ne se rendra pas. « Guess what, I have a name ! L'improvisation n'a jamais été son fort, mais elle fait avec depuis qu'elle est en âge de comprendre quelque chose au monde qui l'entoure. Et les noms, tous plus délirants et absurdes les uns que les autres, s'échappent de ses lèvres comme des bulles d'oxygène, une fois qu'on a la tête sous l'eau. "The evil queen and the hunter's tales", that's good ! Then you'd be the evil queen and I, the hunter, because we need to surprise people. Or, "The confession of two weirdos", which would be closer to the truth but a bit creepy. Or, "Good cop bad cop", but I'm afraid people would think I'm the good cop. How about "the drowned woman's show", which is what I'm going to be soon if you don't stop walking ? »

S'il cède une seule seconde, elle espère profiter de son inattention pour essayer de le pousser à son tour, de le faire tomber, d'imprimer l'uniforme officiel et si solennel des marques de leurs gamineries. De l'eau de mer des pieds à la tête, il faut pour ça qu'elle déjoue sa force à lui et mise sur sa ruse à elle.  

Alba aime beaucoup les plans voués à l'échec.

Emi Burton

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Sujet: Re: vienne la nuit, sonne l'heure | peterLun 2 Oct - 20:59

Les choses auraient pourtant pu être tellement plus simples ; Peter aurait pu se concentrer sur les noms d’émission et ainsi oublier tout ce qui avait été avoué juste avant. Non vraiment, il avait beau essayer de l’écouter, les sourcils froissés et le front plissé, il ne voyait pas plus loin que ce qu’elle avait dit auparavant, lorsqu’elle avait annoncé qu’elle emménageait avec un type. Qu’elle le veuille ou non, Peter finirait bien par rencontrer le colocataire en question, par obtenir son identité et vérifier si ce mec tenait la route en le cherchant dans toutes les bases de données auxquelles la police de Fairhope avait accès. Pas question de laisser Alba vivre avec une bombe à retardement ou pire encore. Un petit caïd de bas étage qui s’amusait à vendre de la poudre sur son temps libre, un gamin des banlieues de Fairhope ou d’ailleurs qui avait essayé de pimenter sa vie monotone en allant voler des voitures ou des scooters ; ce genre de méfaits passaient encore. Mais si une femme l’avait déjà accusé de violences conjugales, si on l’avait déjà vu glisser un cachet dans un verre de vin blanc au comptoir d’un bar, Peter savait qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour arrêter un type pareil. Rien ne l’empêchait de falsifier des preuves, de laisser traîner quelque chose de compromettant dans la chambre du suspect alors qu’il venait innocemment rendre visite à Alba dans son nouvel appartement. Il était prêt à tout pour protéger les siens, il l’avait compris dès lors qu’il avait accepté les ordres d’Arthur sans rouspéter, sans y réfléchir à deux fois ni même réaliser où il pourrait terminer si seulement on le démasquait et qu’on comprenait son implication dans cette fichue affaire.

Voilà qui était angoissant également : si Alba emménageait avec le Poète sans le savoir. Après tout, si Peter était le tueur, si seulement il avait à se mettre à sa place l’espace d’un instant, il agirait certainement de cette façon et emménagerait avec une fille aussi naïve qu'Alba. Cela retarderait probablement tous ses projets, puisque envahi par une jeune femme bavarde nécessitant de l’attention, mais c’était la planque parfaite pour qu’on le pointe du doigt le plus tard possible. Tout le monde cherchait un type fou, un type malade qui arpentait les rues à la recherche de sa prochaine victime. On l’idéalisait tellement que c’était à peine si certains ne l’imaginait pas enragé, de la bave au coin des lèvres et le regard fou et perdu. Ce n’était sans doute pas loin de la réalité, d’une certaine façon. Mais non, Peter ne voyait pas leur coupable de cette façon. Il le voyait particulièrement humain, sûrement bien intégré dans la société et encore plus dans la communauté des habitants de Fairhope. Il le pensait capable de se rendre à l’église tous les dimanches avant de faire un détour par la pâtisserie pour récupérer la même commande à chaque fois. Et tomber sur une boulangère particulièrement charmante à qui il aurait pu faire une ou deux blagues avant que la plaisanterie ne prenne une autre tournure, qu’ils se retrouvent au restaurant ou ailleurs, et qu’ils décident maintenant de vivre sous le même toit.

Au final, Peter aurait peut-être dû la lâcher sans prévenir, sans autre forme de procès, juste pour la réveiller et qu’elle ouvre enfin les yeux sur ce qui était en train de se produire. Le sourire qui déformait les lèvres du blond jusqu’à présent s’était complètement dissipé, il n’y avait plus de chamailleries qui tenaient, plus d’émission de radio non plus. Son esprit s’était figé sur ce dont elle venait de lui faire part, sur le visage d’un inconnu qu’il commençait à dessiner silencieusement dans son esprit, sur le regard qu’il imaginait et sur les mauvais présages qui allaient avec. Immobile, Peter soupira une première fois avant de s’arracher aux illusions pour mieux se concentrer sur la réalité. « Alba, are you really sure about this guy ? » C’était maintenant de l’inquiétude qui teintait légèrement sa voix, qui la rendait presque fragile. « See, I wouldn’t want anything bad to happen to you. I need you to stick around until we can start our own show so… » Pas question qu’il lui arrive quoi que ce soit d’ici là et qu’il se retrouve seul. Les journées étaient bien longues depuis qu’il ne pouvait plus serrer Willow contre lui, il ne pourrait pas supporter s’il devait apprendre à mettre un pied devant l’autre sans Alba aussi. « What’s his name ? I need to make sure he’s reliable, until then don’t do anything okay ? » Il ne bougeait plus, conscient qu’il ne pourrait pas le supporter si elle refusait sa proposition ; qu’il la reposerait sur la terre ferme, qu’il ferait demi-tour sans un mot de plus.

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vienne la nuit, sonne l'heure | peter

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