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 of monsters and men | désirée

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bad blood - we live here

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◆ Manuscrits : 346
◆ Arrivé(e) le : 31/10/2016
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◆ Métier : boulangère douée et impliquée, fouineuse à ses heures perdues, ancienne journaliste radio déchue.
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Sujet: of monsters and men | désiréeJeu 6 Avr - 15:36



 


OF MONSTERS AND MEN

Elle pousse la porte avec, peut-être, un peu trop d'entrain : s'en rendant compte, elle fait l'effort de ralentir ses gestes en entrant, pour ne pas paraître trop brusque. Même elle l'a compris : avoir un comportement déplacé ne sera pas bienvenu. Elle va devoir rester sur ses gardes, et dieu sait qu'elle déteste ça. Il y a quelques personnes au local ce jour là, tant mieux. Bien sûr, son visage est reconnu et reconnaissable, mais après tout, sa présence est légitime ici. N'est-elle pas avant tout la cousine de feu Lila Torres ? La seule raison de sa présence ici, mais pas de son établissement à Fairhope... non, ça, c'est l'affaire de sa solitude et de son errance - et elles se portent très bien, merci.

Mais en effet, si Alba Montero de la Serna, née au creux de la terre chilienne, a parcouru plusieurs Etats pour poser sa valise ici, c'est la faute de Lila. La faute ? Ce serait mentir de dire qu'Alba ne se plaît pas ici, sinon, elle ne resterait pas. Mais elle n'aime pas trop admettre ce genre de choses, c'est plus facile de peindre le tableau en noir. Peut-être a-t-elle peur qu'en énonçant à haute voix, ou simplement en pensant qu'elle est bien ici, qu'elle a trouvé sa place, on la lui prendra. On lui ôtera, on la jettera à nouveau tout au fond du trou dont elle a peiné à sortir. Ce n'est pas une option. Alors, elle prétend ne pas être contente : en gardant bien secret ses petits moments de bonheur, ils ne fuiront pas cette fois.

Son regard se promène dans la pièce, où quelques proches des victimes ou les bénévoles se sont rassemblés. Elle se demande s'ils pensent à elle, à Lila. Elle, elle n'y pense pas. Après tout, le lien qui les unissait, fusse-t-il un lien du sang, était distant et presque fictif. Elles ne s'étaient jamais vues, jamais parlé, leur seul point commun résidant dans leurs origines étrangères et le fait qu'elles aient toutes les deux décidé de rester aux Etats-Unis alors que leur famille se trouvait à plusieurs milliers de kilomètres de là. Pourtant, Lila avait sa vie ici, sûrement des amis, ou un copain; un métier, des passions.

Elle se sent un peu triste de reconnaître que ça l'indiffère, mais c'est comme ça. Eussent-elles été proches, la situation aurait été différente. Mais là... là, Alba ne vient pas commémorer la disparue ni recueillir des larmes. Elle ne vient pas conforter ses proches ou tenter de mieux connaître qui elle était de son vivant. Si elle est là, c'est pour son propre égoïsme, pour satisfaire sa curiosité : elle espère en apprendre un peu plus sur le tueur qui sévit et sème des cadavres derrière lui.

Son lien de parenté avec Lila est l'excuse parfaite. Pourtant, il lui a fallu l'intervention d'une cliente pour venir jusqu'ici : avant, Alba n'y avait même pas pensé. Venir fouiner dans l'association des victimes, c'était un coup de génie ! Alors la voilà, un mercredi après-midi pluvieux. Elle a quitté la chaleur et le confort de sa boulangerie pour se mêler à ceux qui combattent la terreur distillée dans la ville.

Et elle n'a aucune idée de ce qu'elle doit faire.

Heureusement, elle compte sur son instinct légendaire (non) pour s'en tirer. Et c'est ainsi qu'elle avise l'une des responsables, en train de parler à un habitant qu'elle ne connaît pas. Comment le sait-elle ? Ce n'est pas très difficile, vu la manière dont tout le monde regarde et s'adresse à cette grande blonde, très belle et très charismatique de surcroît. L'une de ces femmes qui semble avoir le contrôle du monde au creux de ses mains, perchée sur de hauts talons, au sourire tranquille mais probablement à l'âme de fer.

Alba collectionne les défauts, mais elle n'est pas aveugle. Et donc, avec son plus beau sourire, elle se dirige vers, ah, voilà, Désirée Cravy- son nom lui revient en mémoire, soudainement. L'écrivaine célèbre, dont elle n'a pour le moment pas lu un seul mot. Jalousie ? Peut être un peu. Ça la ronge toujours, d'imaginer quel aurait pu être son parcours à elle si elle n'avait pas... peu importe.

La chilienne attend l'accalmie autour de la secrétaire de l'association, avant de se présenter à elle. Etape un, initier le contact. Etape deux, glaner des informations comme un écureuil chassant les noisettes. « Mrs Cravy ? Un sourire, elle attire son attention. Allez Alba, darling, aie l'air gentille. Bonjour. Je suis Alba Montero, la cousine de Lila Torres. Je n'ai pas eu l'occasion de venir souvent ici, mais je voulais vous remercier pour tout ce que vous faites pour la mémoire des victimes, avec Mrs... Monroe ? Mendes ? Muñoz. » Quoi, ce n'est pas de sa faute si elle ne se donne pas la peine de retenir les informations des gens auxquels elle ne s'intéresse pas. L'absence de réaction de Désirée lui laisse deviner qu'elle n'a pas commis d'impair.

« Je voudrais m'investir. Ça fait tellement longtemps que... elle baisse les yeux, essaie d'avoir l'air endeuillée, ou triste, ou désespérée. ... que l'enquête piétine, et que justice n'est pas rendue. Damn girl, you're good. J'aimerais pouvoir me rendre utile. En plus, vous êtes un visage connu, c'est agréable de vous rencontrer aussi. J'espère ne pas vous importuner »

Oh mon dieu, que c'était long. Au moins, les cours de théâtre et de maîtrise de sa voix ne seront pas restés sans porter leurs fruits : Alba la curieuse a vraiment l'air d'une proche peinée, on discernerait presque une touche de bonne volonté. Et surtout, ça ne sonnait pas trop faux. Bon, si on lui pose la question, ce sera plus difficile de justifier son absence d'intérêt même superficiel pour l'association ces trois dernières années, mais ce n'est pas la question.

C'est l'heure de la chasse aux indices.


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Sujet: Re: of monsters and men | désiréeMer 3 Mai - 14:25

L’atmosphère était toujours aussi lourde en ville. Mais c’était compréhensible. Qui devait-on blâmer ? Le Poète qui laissait toujours une trainée de corps derrière lui et qui était étrangement silencieux depuis des mois ou alors la police de la ville qui faisait comme si rien ne s’était passé et qui essayait de les réduire tous au silence justement. Ou alors Tobias et son corps qui venait d’être fraichement mis en terre et qui dans le fond n’allait manquer à personne. Non, Désirée ne blâmait personne pour son manque. Manque de sommeil, manque d’inspiration, manque de vie, la blonde n’était plus que l’ombre d’elle-même depuis quelques semaines. Et pourtant, personne ne pouvait voir la différence. Officiellement, elle nageait dans le bonheur, se reposait enfin maintenant que son dernier roman était sur les étagères et elle collectionnait les critiques et les accolades élogieuses avec un franc sourire sur le visage. Foutaises. Tous les sourires de la blonde étaient faux et travaillés la veille devant son miroir et elle arrivait à convaincre son public et tout le monde avait envie d’être dans ses chaussures, et ce même si les talons aiguilles auraient été un peu trop haut pour certains.

Personne ne connaissait la vérité, personne ne voyait les fissures sous le masque parfait et c’était tant mieux pour la romancière. Comme souvent pendant des périodes de battement, la blonde trouvait refuge au centre de l’action, l'action à Fairhope prenait la forme de l’association des victimes du Poète, présidée par Laura Munoz et depuis très récemment Adam Miller. Désirée avait roulé intérieurement des yeux face à cette soudaine promotion, se disant que oui, aux yeux de Laura, les cicatrices d’Adam le propulsait à une place de choix. Désormais il y avait deux martyr dans Fairhope… Était-ce de la jalousie qui faisait remuer ses doigts parfaitement manucurés ? Peut-être, Désirée ne savait pas et elle préféra se contenter de tâches purement administrative pour se changer les idées. Personne n'était aussi rapide qu’elle face à un clavier d’ordinateur et elle releva la tête au moment où on s’adressait à elle. Désirée posa son regard bleuté sur une jeune brune qui avait un visage et une expression familière. « J'ignorais  que que Lila avait une cousine et qu'elle était en ville mais ... bienvenue Alba. » La première partie de la phrase de Désirée avait été dite sur un ton détaché, et dans le fond plus que perplexe, mais l’instant ne dura que quelques secondes et elle retrouva vite son sourire professionnel au possible, la blonde se redressant déjà sur ses talons.

Sa curiosité avait été piquée, elle l’était toujours dès qu’une des victimes était concernée et surtout Lila. Le propre voisin de Désirée avait été un des suspects principaux pour ce meutrer là vu qu’il avait entretenu une relation purement physique avec l’autre Torres. Était-ce un autre signe que Désirée devait s’intéresser de plus près au meutrer de Lila ? Peut-être. La romancière ne croyait pas aux signes, elle avait été élevée par une famille croyante et pourtant, tout ça lui était toujours passé au dessus, Dieu, le paradis, le bien, le mal. « Laura n'est malheureusement pas disponible mais je suis certain qu'elle serait ravie d'apprendre que vous vous impliquez. » Après tout, cette association avait été créée pour les gens comme Alba dans un premier temps. Pour réconforter les familles et leur apporter un soutien psychologique et financier au besoin. Désirée posa son regard sur Alba pendant quelques secondes, se demandant si cette envie de s’impliquer soudainement avait un quelconque rapport avec le couvre feu ou la mort d’un des suspects. Les gens faisaient de drôles de choses en ce moment. Peu importe. Elle lui tendit un formulaire ainsi qu'un stylo, toujours aussi professionnelle et détachée. « Tenez pour vous, il vous faudra remplir ça avant d’avoir votre carte de membre. Mais sachez qu’il y a des tas de façons de s'impliquer. Je vous conseille de vous inscrire en tant que membre à part entière et pas juste bénévole, vous pourrez ainsi participer aux collectes de fond et également patrouiller dans les rues de la ville. » Même discours vide à chaque nouvelle inscription, Désirée le maitrisait parfaitement et arrivait même à se convaincre.

« Avec la levée progressive du couvre feu, nous avons définitivement besoin de gens disponible pour raccompagner leurs voisins… » Et qui n'aimait pas jouer les héros des temps modernes ? Cet argument avait réussi à convaincre un bon grand nombre de bénévoles à arpenter les rues avec des lampes torches et un air rassurant pour leurs pairs. Une concept ridicule selon la blonde. «Mais vous ne devez pas savoir pour le couvre-feu…  Je suppose que vous venez d'arriver récemment à Fairhope non ? »  La question arriva tout naturellement, un sourire bienveillant sur le visage de Désirée qui ne perdait définitivement pas le nord. Si Alba décidait d’aider, parfait, mais pourquoi maintenant ? La mort de Lila remontait à trois ans de cela, il était un peu trop tard pour des condoléances…

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Sujet: Re: of monsters and men | désiréeLun 22 Mai - 23:22



 


OF MONSTERS AND MEN

C'est peut-être assez osé de venir là, finalement, de venir comme on trompe l'ennui, comme on irait au cinéma pour se distraire ou comme on appellerait un parent éloigné pour prendre des nouvelles en finissant sa manucure. L'endroit regorge de compassion : dans les murs, dans le regard des quelques bénévoles, elle peut la sentir, cette odeur tenace qu'elle ne veut plus jamais avoir à respirer. Une main dans le dos, des condoléances soufflées entre des yeux larmoyants: Alba déteste ces simagrées. Sa douleur elle l'a toujours endurée seule et la chilienne pense qu'avoir vingt personnes sur le dos pour essayer de faire passer le traumatisme que subit toute une ville depuis plusieurs années n'est pas judicieux. C'est un repère à fouines et à égoïstes : la preuve, elle y est elle-même.

Les morts ne reviennent pas et ne reposent pas plus en paix une fois qu'on a oublié leur défauts et célébré leur mort, comme si chaque décès injuste et violant devait les canoniser. Les morts restent morts et leurs erreurs et leurs vices marquent encore les vivants. Laissez-les reposer en paix et tournez la page, c'est acide et cruel mais sincèrement Alba n'a pas d'autre mode opératoire. Les lieux comme ceux-ci sont un repère pour les lamentations et l'éternelle douleur. Construisez un mémorial au lieu d'une association, et vous éviterez les chercheurs d'embrouille. Beaucoup de morts ont parsemé son histoire, mais elle a fui les enterrements, les pleureuses et les voiles noirs pour transmettre ses respects dans un cadre plus intime où sa tristesse maladroitement exprimée n'était vue que par le disparu.

Alba observe Désirée, sa posture, sa beauté. Qu'est-ce qu'une femme comme elle fait ici, dans ce trou ? Avec un talent comme le sien et cette apparence, elle serait en train de conquérir le monde. Oh, maintenant, elle aime beaucoup Fairhope. Elle s'est habituée à cette ville malgré tout discrète, malgré les meurtres, la peur et le Poète. Une ville endommagée qui pourtant l'a accueillie alors qu'elle ne pensait plus pouvoir se sentir chez elle nulle part, surtout pas en Floride. Aurait-elle cependant eu la force de partir si ce n'avait été pour Lila ? Non, probablement pas.

Alors, finalement, malgré son indifférence et son manque d'empathie cruel vis à vis du décès de la jeune femme qui était, en fait, une inconnue pour elle, Alba se dit que faire l'effort de venir ici pour lui témoigner sa gratitude n'est pas trop difficile.

Chère Lila, merci de t'être faite assassiner par un taré, maintenant je suis ici grâce à toi et je m'y sens chez moi. Bisous, ta cousine Alba x  

Hmm, non. Mais cette réflexion rendait les choses plus faciles, un peu plus naturelles, alors la chilienne sourit pendant que Désirée lui tend un formulaire à remplir pour devenir membre et participer aux collectes de fond et également patrouiller dans les rues de la ville. Si elle n'avait pas été aussi sérieuse sur le moment elle lui aurait lancé un regard plus que dubitatif, mais elle se contenta de sourire en retour. « Oui, très bien, très bonne idée. Je vais faire ça. » Les gens en général, ce n'était pas trop son truc, et se balader la nuit non plus. Le courage ne constituait pas sa principale qualité, et très sincèrement jusqu'à présent, elle n'avait pas eu peur. C'était peut-être un peu exagéré de dire qu'Alba n'avait pas peur du Poète, mais la jeune femme craignait bien plus les monstres en elle que ceux qui frappaient dans le noir. Toujours, sans son esprit, elle hébergeait une tueuse et ça la hantait plus qu'une phrase tracée dans la chair.  

« Raccompagner les gens, faire des rencontres.. wahou, c'est tout moi. » Elle adoucit le sarcasme naissant par un clin d'œil qu'elle espérait complice. Des centaines de fois, se prêtant au jeu, elle avait laissé son imagination vagabonder. Et si, et si le Poète s'en prenait à elle, que ferait-elle ? Lutter ou s'abandonner ?

La dernière question la prit de court, même si raisonnablement, elle pouvait s'y attendre. Mentir ne constituait pas une option : information trop facilement vérifiable. Dire la vérité non plus - je m'ennuyais alors je viens mettre mon nez ici pour voir si je peux récolter deux trois indices. Ça vous dit un café ?

Alors, elle opte pour une demi-vérité, comme tout ce qu'elle dit dès qu'il s'agit de se dévoiler. Tout est question de dosage maintenant.
O tout ce que je ne dis pas
Ce que je ne dis à personne
Le malheur c’est que cela sonne
Et cogne obstinément en moi


« En fait, ça fait trois ans que je suis là. Je suis arrivée à cause de Lila. Je ne la connaissais pas. On peut dire que c'était une inconnue pour moi, mais sa disparition m'a beaucoup affectée quand même. Je suppose que quand c'est la famille, même éloignée, ça fait quelque chose. Haussement d'épaules, sourire contrit. Et l'idée surgit, brillante, parfaite. Prétexte idéal. C'est pour ça que je ne suis pas venue avant. Question de légitimité, vous voyez... Lila et moi on n'était pas proches et je ne connaissait aucune autre victime ou proche des victimes alors, je trouvais ça un peu indécent de venir. Mais les récents événements, ça fait réfléchir je suppose. Il faut bien s'entre aider dans ces moments là. Elle hésite, c'est un peu quitte ou double. Et vous ? Si c'est pas indiscret... quelqu'un que vous connaissiez est mort ? Je veux dire, pourquoi vous investir à ce point ? C'est admirable d'assurer ces responsabilités comme vous le faites. »

Et le son des violons, presque en arrière plan.



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Sujet: Re: of monsters and men | désiréeVen 9 Juin - 13:19

Au royaume du mensonge, Désirée était probablement la reine. Elle le faisait depuis aussi longtemps qu’elle était capable de s’en souvenir et dans le fond, la blonde était persuadée que les premiers mots qui s’étaient échappés de ses lèvres avaient dû être de beaux mensonges. Racontés avec une passion certaine pour qu’elle soit en mesure de se défendre, pour terroriser les autres et pour les pousser à fuir. Car il était vrai que cet animal-là n’appréciait la compagnie de personne et qu’elle savait évoluer dans le silence et se contenter de sa propre personne, sans jamais questionner l’existence de l’obscurité autour d’elle ou du froid. Désirée n’était pas faite pour la société, ni pour ses règles et pourtant, elle faisait semblant mieux que personne, elle avait appris à se tordre en une sorte de différent animal. Un animal qui pouvait plaire face à quiconque qui posait les yeux sur elle, après tout, la nature l’avait tellement gâtée et lui avait donné une plastique absolument parfaite. Comme pour compenser ce qu’elle était vraiment à l'intérieur, comme si. Après tout l’équilibre devait toujours être maitre de tout en fin de compte ? Et Alba, n’était pas une bonne menteuse, preuve qu’il y avait encore quelques traces de bonté dans toutes les intentions de la brune, ainsi qu’une certaine naïveté, Désirée en était certaine.

Face à son discours, elle se contenta de lui offrir un sourire qui se voulait bienveillant mais qui s’apparentait surtout à un sourire assassin. D'un simple regard, la blonde l’avait déjà jugée et rangée dans la catégorie des personnes qu’on pouvait ignorer. Alba était surement là pour essayer de dénicher deux ou trois informations sur le meurtre de Lila, la croyance populaire voulait que Laura ait des contacts avec la police et soit au courant de beaucoup plus de choses que le commun des mortels. Et auquel cas elle allait partager ses informations avec la douce et charmante Alba ? Même pas en rêve, pensa aussitôt la romancière, fourrant un peu plus de formulaires entre les mains d’Alba, battant des cils dans une autre expression qui se voulait humaine. « Il y a tout de même des activités un peu moins dangereuses, nous avons sans cesse besoin de lever des fonds. Vous pourriez troquer la lampe torche pour la tablier, ça peut être plus utile. » Le sarcasme était latent et pourtant, Désirée ne faisait qu’énoncer une autre vérité. La principale activité de cette association était la levée constante de fonds et pour ce faire, tous les moyens étaient bons. Vente de gâteaux, organisation de spectacles pour les enfants, tout était bon pour faire culpabiliser l’habitant lambda de Fairhope et le cracher un peu d’argent dans les caisses de l’association. Un marché cruel selon Désirée qui ne voyait rien de noble dans le fait de donner sous la menace. Mais c’était son avis personnel. « En effet, tragique ce qui est arrivé à votre cousine, toutes mes condoléances vraiment… » Le sourire disparut de son visage, parce que c’était à faire en cas de politesse, c’était le bon comportement à adopter. Désirée n'en avait que faire de Lila, mais à cause d’elle, sa route avait croisée celle d’Alba, qui semblait persister dans sa quête de questions.

Désirée finit tout simplement par se redresser, presque imposante sur sa paire de talons aiguilles de très exactement 14 centimètres. Elle haussa les épaules, récupérant plusieurs dossiers entre ses mains. « Moi ? J'aime simplement aider mon prochain, ça va faire bientôt cinq ans que j’habite ici, j’étais déjà là au moment des premiers meurtres. Disons qu’il m’en faut peu pour m’impliquer, famille ou pas. … Et puisque vous êtes là, laissez-moi vous montrer les locaux.» La blonde fit le tour du bureau d'accueil et indiqua à Alba qu’elle devait la suivre dans les locaux de l’association. Rien d'extraordinaire, des bureaux, celui de Laura dans la distance et quelques bénévoles qui discutaient devant un plan de la ville, probablement en train d’organiser les prochaines rondes. « Mais si je puis me permettre, les bénévoles n’apprécient pas beaucoup les questions, nous devons déjà travailler en permanence avec les services de police qui effectuent des background check assez régulièrement donc…. » Désirée s’arrêta abruptement, pivotant sur sa pire de talons, toisant Alba de la tête aux pieds. « Mon conseil serait d’éviter l’humour vaseux et de vous concentrer sur votre futur rôle de bénévole… » Un simple conseil, qui ferait l’ombre d’un premier avertissement dans le cas d’Alba, notion immédiatement balayée par le sourire radieux qu’afficha ensuite la romancière tandis qu’elles arrivaient devant les distributeurs de boissons sucrées. « Café ? Je vous l’offre. »

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Sujet: Re: of monsters and men | désiréeSam 1 Juil - 19:23



 


OF MONSTERS AND MEN

Ce proverbe lui trottait souvent dans la tête - curiosity killed the cat. Elle l'aimait bien, cette phrase, et les allitérations qu'elle contenait. Était-elle un chat, elle aussi ? De toute évidence la femme devant elle était un félin d'un genre bien plus gros, plutôt une lionne ou une panthère. Oui, voilà, Désirée Cravy faisait à Alba l'effet d'une panthère dans son habitat naturel. Les mêmes yeux qu'on aurait pu croire jaunes, un sourire qui pouvait prendre un air carnassier, une silhouette élancée mais puissante. Probablement qu'à côté, avec ses yeux trop ronds et sa moue d'ennui trop souvent présente, Alba ressemblait plus à un chaton. Un petit chaton fouineur qui risquait à tout moment de se prendre un gros coup de pattes aux griffes acérées dans la figure.

Elle releva à peine la remarque et la pointe de sarcasme, trop occupée à se maudire d'être venue. Combien de fois devrait-elle se le répéter ? Non, Alba, tu ne sais pas mentir, et tu ne sais pas non plus improviser. Maintenant, elle allait devoir se taper la charité locale et faire des gâteaux trop sucrés pour les habitants qui compensaient leur mal-être ou leur manque de générosité annuel en achetant trois parts de pâtisserie lors des ventes. Dear god. Elle voulait juste fouiner un peu, rien de mal, elle n'avait pas signé pour ça ! Au moins, elle avait droit à un tour des locaux gratuit. Se débrouillant pour poser le tas de papier sur la première surface, elle s'engagea à la suite de Désirée, dont la côte de sympathie décroissait de manière vertigineuse de seconde en seconde. Déjà que naturellement, Alba n'était pas prompte à apprécier les autres ou à leur témoigner une sincère sympathie, il lui en fallut peu pour étiqueter Désirée de bitch. Totalement gratuit, en effet. Mais la chilienne n'appréciait pas la pointe de dédain qu'elle lisait dans les iris bleus de Miss Cravy. Certes, elle était cramée à des kilomètres, et quelque part, trop naïve pour son propre bien, mais son intuition lui souffla ce qualificatif qu'elle ne chercha pas à écarter.

Elle fronça les sourcils à la mention de background check. Elle n'y avait pas pensé, mais cela faisait sens... Elle sentit un frisson courir le long de sa colonne. Non, merci, elle n'avait nul besoin qu'on vienne fouiller dans son passé. Elle avait mis suffisamment de temps à s'en extraire, et Fairhope lui avait permis un tout nouveau départ. Tout reprendre à zéro, presque se réinventer. Elle ne laisserait personne remuer sa boue. Son fil de pensée fut interrompu par la gifle verbale que Désirée lui asséna et qui eut pour effet de clouer Alba sur place avec la grâce d'un éléphant.

D'habitude, c'était à elle que revenait le plaisir d'être mesquine avec les inconnus, pas l'inverse. Au lieu de lui rendre un regard assassin, sa réaction primaire, elle opta à la place pour un sourire en toc et entra dans le jeu. « Moi, faire des blagues vaseuses ? Enfin, Mrs Cravy, vous voyez bien que ce n'est pas mon genre... Et oui, ne vous en faites pas, je me concentrerai, je serai irréprochable et je ferai des gâteaux. Les meilleurs de toute la ville. » Elle se mordit la lèvre pour ne pas ajouter qu'avec les fonds récoltés par ses pâtisseries elle pourrait se payer une autre paire de talons de... dix ? quinze ?, mais préféra ne pas vider une bouteille d'huile sur le feu qu'elle sentait couver. Elle ne voulait pas s'écraser, mais elle n'était pas venue là pour se mettre l'écrivaine à dos. « Avec plaisir pour le café. »

Une fois sa boisson en main, elle s'absorba trois secondes en regardant le petit stick de plastique pour remuer son café qui se tordait sous l'effet de la chaleur, puis elle releva la tête. « Vous connaissiez bien Lila ? Pour être parfaitement honnête, je suis venue ici aussi pour chercher des infos sur elle. Rencontrer des gens qui pourraient me faire un portrait d'elle, vous voyez ? Qui elle fréquentait, ce qu'elle aimait, ce qu'elle faisait... » Pas du tout. Mais bon, si ça pouvait lui permettre de lancer un sujet de conversation et d'éviter de regarder son café tourner dans son gobelet en se laissant martyriser par la blonde... Le sentiment de supériorité que dégageait Désirée faisait frémir Alba. Elle voulait tirer le maximum de cet après-midi, parce-qu'à vrai dire elle n'était pas sûre de remettre un jour les pieds à l'association. Enfin, peut-être que si - Désirée connaissait son job et ne parlerait pas, mais peut-être que d'autres membres avaient des confessions à faire ou de petits secrets n'attendant que d'être débusqués par un nez trop curieux.

« Et... c'est quoi cette histoire de background checks au fait ? Qu'est-ce qu'ils cherchent exactement ? » La chilienne essayait d'avoir l'air décontractée, mais vraiment, elle ne pouvait pas supporter l'idée qu'on vienne extraire les cadavres de son placard. Si personne ne pouvait savoir pour la thèse et la liaison, elle n'avait pas spécialement envie qu'on découvre qu'elle avait passé de nombreux mois en institut psychiatrique, et que ses déménagements successifs ne servaient qu'à dissimuler une fuite en avant.


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Sujet: Re: of monsters and men | désiréeJeu 20 Juil - 21:21

C’était un fait avéré que Désirée ne supportait pas la compagnie des autres. Elle trouvait le reste de l’humanité particulièrement fade, insipide et ennuyeuse, à se préoccuper de choses qui ne l’intéressait vraiment pas. À vivre une existence qu’elle aurait qualifié de déconnectée de la réalité, plus que ce qu’elle faisait en se réfugiant derrière les pages de ses propres romans, là où elle pouvait tisser des horreurs digne de ce nom et ne laisser personne l’atteindre. Sur le papier, elle était libre, il n’était alors pas question de trouver l’homme parfait, d’avoir des enfants ou d’être mariée ou ce genre de foutaises qu’elle avait toujours trouvé parfaitement ridicule. La femme parfaite n’existait tout simple pas et l’homme parfait non plus. Les contes de fées étaient pour les enfants alors pourquoi en tant qu’adulte, pourquoi devaient-ils se raccrocher à des notions aussi ridicules et tellement stupides, comme s'ils étaient des enfants ? Etre riche ne l’intéressait pas et fonder une famille encore moins. La blonde était terrifiée rien qu’à l’idée d’imaginer un autre être, juste là, en train de grandir en elle et de se servir d’elle comme hôte personnel. Non.  

À croire que personne ne finissait vraiment par grandir, à croire que c’était elle qui était née dans le mauvais corps ou à la mauvaise époque. Mais Désirée ne s’en offusquait absolument pas, elle avait appris, depuis longtemps, à marcher seule et ce sans l’aide de personne. Aussi oui, Alba l'ennuyait vraiment, la brune était un livre ouvert que la romancière n’avait pas envie de lire et elle se demandait qui avait pu écrire quelque chose d’aussi banal et sans saveur. La preuve, une fois son café en main, elle révéla à Désirée la vraie raison de sa venue ici et tout l’ombre d’un sourire disparu du visage de la blonde. Il n’y avait donc pas de plan, pas de stratégie possible, Alba comptait juste poser ses questions de but en blanc jusqu’à avoir un semblant de réponse. Quelque chose de particulièrement dangereux selon la blonde mais… ce n’était que le point de vue de Désirée. « Non je ne la connaissais pas personnellement. » lâcha simplement la romancière. Le café qu'elle avait entre les mains était encore brulant mais cela ne la dérangea pas outre mesure et elle l’avala d’une traite avant de rapidement se défaire du gobelet en plastique et de le jeter à la poubelle. Aussi simplement que cela. La blonde passa sa langue sur sa lèvre inférieure avant de se pencher de nouveau sur Alba. Désirée perdait son temps de toute évidence, peut-être que cette innocente-là réussirait à se hisser au rang de bénévole mais c’était tout, elle pourrait mener son enquête en plein jour et laisser la blonde faire le vrai travail de fond. « Vous devriez aller poser des questions à mon voisin Deirdre… » Elle marqua une pause en évoquant le brun qui vivait dans l’appartement juste en dessous d’elle, elle avait fini par se renseigner sur son charmant voisin et avait conclu qu’en plus d’être un connard sans aucune once de talent, il était également un homme à femmes. Un cliché ambulant en somme.

« Visiblement ils se sont connus, et oui, au sens biblique du terme. » Désirée avait retenu le commentaire cru qui menaçait de passer par ses lèvres, mais quelque chose l’en avait empêché, peut-être Alba, peut-être le fait que cela ne lui apporterait absolument rien de salir la mémoire de la défunte Lila, ou peut-être que la blonde s’ennuyait trop pour penser à une insulte digne de ce nom. Cela devait définitivement être la dernière option, pas comme si Désirée se retrouvait soudainement avec un coeur. Pas comme si. La dernière question d’Alba lui fit hausser un sourcil parfaitement dessiné, que pouvait-elle craindre ? Ou alors elle avait quelque chose que Désirée ne voyait pas, qu’elle ne voyait définitivement pas. « Vous craignez que les autorités locales déterrent quelque chose de compromettant Miss Montero. Je vous trouve légèrement tendue. »  releva la blonde, son regard soudainement plus insistant sur la silhouette de la petite brune. « Quoi que vous ne semblez pas vraiment avoir de problème à vous confier auprès d’une parfaite inconnue… est-ce qu’on vous a déjà dit que vous parliez beaucoup trop pour votre propre bien ? »

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Sujet: Re: of monsters and men | désiréeSam 19 Aoû - 18:34



 


OF MONSTERS AND MEN

La sensation de regret s'amplifiait de seconde en seconde. Non, Alba n'aurait pas dû venir là, poussée par une curiosité malsaine, comme on cherche à remplir un emploi du temps trop vide. Ou peut-être que si, après tout, mais que sa seule erreur avait été de tomber sur elle. La blonde et la brune devaient à peu près avoir le même âge, mais un fossé abyssal les séparait - qu'il s'agisse de leurs manières physiques ou du choix des mots, de leurs regards ou leurs postures. De Désirée émanait une sorte d'aura puissante mais intimidante, menaçante, même, malgré l'impeccable retenue dont elle faisait preuve. Alba sentait que la chose qui s'agitait au creux de son ventre depuis quelques minutes grandissait, une boule qui ressemblait moins à de l'anxiété qu'à de la frustration. Elle se faisait l'effet d'une amateure et imaginait planer au-dessus de sa tête l'ombre d'une humiliation certaine, ce qu'elle ne supportait pas et qui par dessus tout trahissait la présence du doute. Ce spectre odieux qui la maintenait vicieusement dans le passé, lui rappelant d'une voix doucereuse d'où elle venait et qui elle était vraiment malgré les artifices qu'elle s'épuisait à déployer. Celui qui plantait dans sa tête les souvenirs du sentiment d'infériorité, celui qui la poussait à se comparer à chaque autre fille, à vouloir être plus douée, plus belle, plus intelligente, plus rusée, plus tout.  

De plus en plus, en observant Désirée, Alba voyait se peindre sur elle le reflet de son propre échec. Sans l'ombre d'un doute elle catégorisait Désirée parmi les femmes puissantes, qui savent ce qu'elles veulent et qui l'obtiennent coûte que coûte. Pourtant, rien n'obligeait Alba à se comparer à Désirée, puisqu'elles ne se connaissaient pas et n'évoluaient pas dans le même monde. Elle n'avait pas à se laisser avoir par le charisme de la blonde, elle n'avait pas à imaginer qu'elle incarnait un produit de maîtrise et de pure réussite. Or, plus le temps passait en sa compagnie, plus Alba sentait la jalousie mauvaise, mais trop familière, se distiller dans son sang et ramper dans ses muscles. Le pire étant que la romancière n'y était pas pour grand-chose, se contentant d'être elle-même. Mais Alba devait toujours chercher la querelle, comme pour se prouver qu'en réalité, rien n'avait changé, et surtout pas elle. Comme pour se punir, encore.

« J'irai. » Une simple réponse, sans commentaire sur la relation que Lila et... cet homme entretenaient. De toute façon, il n'y avait rien de particulier à dire, la brune se fichant bien de savoir avec qui ou non Lila avait couché. Sa cousine restait une inconnue, un prétexte pour en apprendre sur son meurtre et la ville. Une petite ville, pensa-t-elle amèrement, s'il fallait que l'amant de sa cousine soit par dessus le marché le voisin de Désirée.

La remarque suivante ne lui fit pas plus plaisir et elle dût faire un gros effort pour ne pas ruiner ce qui restait de son masque de composition. Pour quelqu'un qui soutenait que les bénévoles n'appréciaient pas les questions, la secrétaire en posait une de trop. « Peut-être... » répondit alors la chilienne en plissant légèrement les yeux, désirant soudain attiser la curiosité de Désirée en faisant volontairement traîner ses intonations. Un jeu ridicule et puéril, dont le seul but devait lui permettre de se sentir beaucoup plus intéressante en ayant quelque chose à cacher, ou en tous cas de le paraître, plutôt que de rester campée dans le rôle du pot de fleur que semblait lui avoir attribuée l'écrivaine - quelque part, à raison. Quand bien même cela était fou, inutile, et surtout dangereux. Parce-que la petite brune avait effectivement des choses à cacher et si elle avait pu voir au-delà de son immédiate envie de clouer le bec à son interlocutrice, si elle avait la peine de réfléchir deux secondes avant de parler, elle se serait tue. Avec des "si"...

« Ou peut-être que c'est juste de la méfiance. D'où je viens on aime bien laisser les choses comme elles sont. Les questions ne sont pas non plus les bienvenues. » L'ironie était si grande que si elles avaient eu un public, il aurait ri aux éclats - mais c'était néanmoins la stricte vérité. Que ce soit à cause de son enfance vécue dans la clandestinité ou tout simplement parce-qu'elle avait été élevée par des parents fuyant un système autoritaire bâti sur délations opportunes, Alba et ses semblables n'aimaient guère les questions, surtout de la part des autorités. Ce qui ne les empêchait pas, eux, personnellement, de chercher à en savoir le plus possible. « Mais il faut bien s'enquérir du minimum, ne croyez-vous pas ? Vous avez tout à fait raison, j'entends ce reproche très souvent. Je m'en accommode comme je peux. Ce ne sont que des confessions innocentes, après tout. reprit-elle avec un sourire guilleret, comme si cela pouvait effacer la tension de sa dernière phrase. N'êtes vous pas la secrétaire de l'association ? Si on ne peut pas se confier à vous, on se demande bien à qui, alors. » Là encore, Alba ne se départit pas de son sourire. Elle savait qu'elle laissait une mauvaise impression, peut-être celle d'une fille qui ne savait pas ce qu'elle voulait et dont l'humeur ambivalente agaçait - mais elle s'en fichait, si seulement elle avait pu dessiner un point d'interrogation dans l'esprit de la blonde. Sa petite victoire personnelle, en fait.

Maintenant, prendre la poudre d'escampette. La boulangère jeta son gobelet vide depuis longtemps dans la poubelle, qui émit un petit son triste en touchant le fond, puis baissa ostensiblement les yeux vers le cadran de sa montre. « Oh, déjà... Miss Cravy, je suis désolée mais je vais devoir vous laisser. Je n'avais prévu de m'absenter que quelques minutes, ça fait un moment que je devrais être rentrée à la boutique. Merci pour le café. Et pour le formulaire, je le remplirai ce soir et passerai à nouveau dans la semaine. » Elle ne demanda pas s'il existait une autre secrétaire, convaincue que non, et qu'il lui faudrait la revoir à chaque fois qu'elle reviendrait ici.

La brune se mordit la langue avant de demander si Désirée la raccompagnait : si ce n'était pas le cas, elle aurait peut-être l'occasion de passer la tête dans un ou deux bureaux, de s'imprégner de l'atmosphère et des lieux.



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Sujet: Re: of monsters and men | désiréeVen 8 Sep - 23:40

Juste de la méfiance ? La romancière en doutait vraiment, Alba avait quelque chose à cacher et ses intentions n’avaient absolument rien de noble. Mais c’était quelque chose qui était commun à tout l’espèce humaine, Désirée n’allait certainement pas la blâmer pour ça. Non, ce qui était insultant, c’était que la blonde la prenait, elle, Désirée Cravy, pour une idiote finie. Si elle voulait croire que Désirée n’était qu’une simple plastique parfaite et absolument rien de plus, cela serait son erreur. Elle en savait plus sur les bénévoles de cette association que la fondatrice elle-même et c’était précisément ce que Désirée avait voulu en rejoignant les rangs des dits bénévoles il y a quelques années de cela. Quand l’affaire n’avait pas encore fait autant de dégâts qu’aujourd’hui, son geste et celui de tant d’autres avait paru plus que noble alors… tellement noble, il n’y avait eu personne pour remettre en cause ses motivations, pas même cette vipère de Liam Haynes… Alors non, la blonde ne comptait pas regarder Alba essayer de faire la même chose qu’elle… Pas avec elle en tout cas, pas comme ça. « Et d’où je viens, on applique à la lettre la philosophie : shoot first, ask questions later. Mais c’est juste une question d’éducation je suppose… » répondit simplement la blonde, son regard bleuté tombant une nouvelle fois sur Alba et sur ses commentaires qui se voulaient d’une bienveillance certaine.

Peut-être qu’une autre femme qu’elle se serait attendrie face au visage rond de l’autre femme et n’aurait vu qu’une citoyenne concernée face à cette brune qui était loin de chez elle mais pas Désirée. Sympathie et compassion ne faisaient absolument pas parti de son vocabulaire et surtout pas aujourd’hui. La romancière avait prononcé ses avertissements, si Alba ne voulait pas l’écouter, cela ne regardait qu’elle à présent, elle finirait pas apprendre la leçon tôt ou tard et d’une façon qui serait certainement des plus désagréables. C’était la loi à Fairhope. « Secrétaire oui, pas thérapeute ni psychiatre… Nous avons des professionnels pour cela, je pourrais vous donner leur numéro de téléphone dès que vous aurez rejoint nos rangs. Enfin je devrais plutôt dire si… » La blonde haussa les épaules et imita l’expression d’Alba, bien décidée à montrer à la brune qu’elle ne jouait pas dans la même catégorie. Désirée n’aurait jamais débarqué ici en posant ses questions aux premiers venus et en espérant trouver des réponses, non, Alba aurait dû rester le plus loin possible de la ville qui avait emporté sa cousine et très loin des habitants qui continuaient de résider ici… Comme si de rien était. Ils étaient tous un peu dérangés dans le fond, à prétendre que le cauchemar allait finir par s’arrêter comme ça, d'un simple claquement de doigt, parce qu’ils le voulaient, ils continuaient d'espérer, les plus naïfs se réfugiaient dans les locaux de l'association et juraient de faire une différence, ils juraient sur absolument tout ce qu’ils avaient, le bon comme le mauvais. Les plus naïfs vraiment…

« Je vous en prie Alba, je suis certaine que la boutique ne peut pas se passer de vous… vous trouverez la sortie toute seul je suppose, dans le pire des cas, vous pouvez toujours poser des questions, vu que c’est ce que vous semblez faire de mieux. » Le ton était donné et Désirée pivota sur elle-même, prête à retourner à son bureau, quelques pas plus loin, elle regarda par dessus son épaule et se contenta d'un bref : « Je ne vous dis pas à bientôt. » en guise d’au revoir. Si Alba avait un minimum de jugeote, elle arrêterait sa petite vendetta personnelle là, elle comprendrait qu’elle n’avait rien à faire ici et qu’il n’était jamais bon de trop s’agiter. Surtout pas devant un prédateur aussi redoutable que Désirée, surtout pas. Et si elle voulait continuait eh bien… C’était à ses risques et périls pas vrai ?

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