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 • When my time comes around...

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fonda - lost in the fire

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◆ Manuscrits : 6416
◆ Arrivé(e) le : 15/03/2015
◆ Âge : 32 ans
◆ Décédé le : 3 Mars 2016, suite à une altercation avec les forces de police
◆ Métier : ancien biographe et parolier puis secrétaire
◆ Points : 720
◆ DC : Adam,Pete,Micha & Tutur
◆ Avatar : Tree Pace


Sujet: • When my time comes around...Dim 16 Avr - 1:46

when my time comes around
i'll crawl home to her



jeudi 3 mars 2016, 3:43am

Il avait de la terre sur les bras et de la brume dans l'esprit. Ou peut-être était-ce le brouillard, de l'écume, de fine gouttes de pluie figées dans l'air qui allait l'éteindre, qui allait l'arracher au monde des vivants pour le plonger dans la plus épaisse des nuits.

Il n'y avait qu'une seule paire d'yeux braquée sur lui ; pour le moment. On l'observait de l'autre bout du cimetière, lui qui avait déniché une pelle dans le jardin d'un voisin pour pouvoir creuser son trou plus rapidement. Bientôt, il serait là, sur le palier de sa soeur, prêt à toquer à sa porte et se mettre à genoux ; elle passerait ses bras maigres autour de sa nuque raide, et tout serait parfait. Enfin fini. Achevé.

Il remuait la terre comme on broyait du noir, se demandant si toute cette boue n'était pas juste une couche de peau, un manteau fait des cellules de celles et ceux qui pourrissaient là. Et la peau, ça pouvait se percer ; il retournait la terre comme on remuait le couteau dans la plaie.

Et puis les pas précipités, les armes pointées sur sa poitrine, les ordres qui venaient déchirer la nuit. L'angoisse. La crainte de ne pas pouvoir la retrouver à temps, de ne pas pouvoir la serrer contre lui, son corps froid et rongé craquant entre ses propres os. Un coup de pelle dans le vide, histoire de brasser de l'air. Puis un autre, forçant un officier à lâcher son arme, ses phalanges ayant cogné contre le métal avec tant de force et de désespoir qu'elles avaient probablement été broyées.

Un tir. Plus d'air pendant une fraction de seconde, la douleur le privant de tout le reste, l'obligeant à ne se concentrer que sur la sensation brûlante de la balle venue se loger dans son épaule, le sang imprégnant déjà le tissu de sa chemise.

Un deuxième. Plus rien. Néant.
Fini. Achevé.


samedi 5 mars 2016, 8am

Ils ont fait de leur mieux pour que personne n'en sache rien, mais certains se sont déplacés quand même. Pour brandir des pancartes et crier au scandale, ou pour se morfondre simplement. Sur ma tombe. Je ne vois aucune larme dans le ciel ; peut-être sur quelques joues sensibles, aux coins de regards attristés par la situation plutôt que par ma disparition. Ce n'est pas grave, je n'en veux à personne. C'est mieux ainsi. C'est mieux ici, plus très loin de Laurel, coincé entre la terre et le ciel. Elle avait emporté ses secrets, je porterai les miens pour les siècles des siècles. Au final, personne ne comprendra jamais ce qui nous animait, ce qui nous avait amené ici. Et bientôt, personne ne saura plus vraiment si j'ai existé, si elle a foulé le sol de son talon fragile, si nous étions réels. Ou de simples pensées égarées, deux fous sacrifiés pour apaiser la terre, cicatriser ses plaies, panser ses blessures ; la protéger d'un manteau de peau supplémentaire.

Je reste là à présent.
En paix. Enfin.


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overjoyed - we survived

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◆ Métier : Propriétaire et professeur à Shoes, une école de danse classique
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Sujet: Re: • When my time comes around...Mer 19 Avr - 19:07

UNFAIR.
Les larmes qui roulaient sur sa joue étaient en train de lui brûler la peau, Ruby en était persuadée. Lentement, une à une, goutte de sel après goutte de sel, elles allaient finir par lui ronger sa tendre chair et laisser un simple squelette qu’il faudrait alors déplacer os par os et jeter le tout à la mer. Ou alors elle pourrait rester ici, elle pourrait rester près d’eux et espérer qu’ils trouvent une forme de repos. Enfin, maintenant qu’ils étaient tous les deux morts. La tombe de Laurel n’était plus bancale, plus rien ne manquait, Tobias rentrait chez lui, ni plus ni moins. Alors pourquoi les larmes ? Pourquoi cette sensation dans le creux de son estomac ? Non, rien n’allait, rien ne s’alignait, il avait été abattu comme un animal et cet enterrement qu’on avait voulu garder secret lui donnait juste envie de vomir. C’était de la peine, c’était de la frustration qui faisait que Ruby tenait encore debout, après des heures passées devant son poste de télévision, devant le commissariat de police de Fairhope à faire en sorte que quelqu’un lui parle et lui explique ce qu’il s’était passé, juste pendant une poignée de secondes.

UNFAIR.
Elle ne dormait plus depuis l’annonce de la nouvelle, la nourriture ne passait plus et partout où elle allait, la brune s’attendait à voir l’immense silhouette du brun, qui la suivait dans sa villa, qui la suivait dans les rues de cette ville déserte et qui lui demandait pourquoi. Pourquoi est-ce qu’elle ne lui avait pas dit que Laurel portait la vie au moment de sa mort ? Pourquoi avoir gardé le secret aussi longtemps ? Pourquoi ne pas avoir péri elle aussi le soir de son attaque ? Elle qui avait prétendu aimer la jeune fille se tenait encore debout, debout devant leurs deux tombes, pour constater les dégâts et pour continuer. Continuer à quoi ? Ruby avait une douce envie de rire en dépit de tout, de ce rire de tout et de tous et de pointer du doigt les deux amants qui étaient enfin réunis, eux qu’on aurait dû honorer de leurs vivants et non maintenant qu’ils étaient morts. Qu’ils se précipitent tous ici pour faire semblant, pour dire qu’ils connaissaient Tobias ou Laurel, elle les attendait. Elle les attendait de pied ferme, prête à les faire taire et à leur faire comprendre qu’ils ne savaient absolument rien et que le couple avait péri à cause de leur incompétence à tous. C’était bien pour cette raison qu’elle avait tenu à arriver la première, se faisant la gardienne de leur bonheur, prête à éloigner avec sa frêle silhouette tous les indésirables. Tous les mendiants d’attentions et les héros brisés.
Qu’ils s’approchent, elle les repousserait tous.

UNFAIR.
Ruby portait du blanc, elle aurait été incapable de souiller ce jour avec du noir. Sa robe se baladait au grès du vent, comme l’avait souvent fait la tulle des habits de Laurel alors qu’elle se balançait et vivait au son du piano. Heureuse, souriante, si réelle. Ruby essuya rageusement ses larmes et murmura des excuses que personne n’entendrait, elles n’étaient adressées qu’aux Clyne de toute façon et elle espérait bien qu’ils pouvaient l’entendre. Et qu’ils pouvaient voir la pancarte qu’elle avait fait passer autour de son cou. Un seul mot y trônait, écrit dans ce qui ressemblait de très loin à du sang mais qui de près n’était que de la peinture de mauvais goût, les traces des doigts de Ruby encore visibles.

UNFAIR.
Même si elle avait pu hurler, elle se serait contentée de sa pancarte. Ruby était tellement contente de pouvoir se muer dans son silence, Arthur le lui avait bien dit, c’était ça qui l’avait gardé en vie. Peut-être. Peut-être pas. Son silence était sa seule arme désormais, le seul allié qu’elle aurait pu avoir avait péri, le seul qui aurait pu trouver une forme de repos dans l’arrestation du Poète. Plus qu’une connaissance, Ruby avait l’impression d’avoir perdu un ami de longue date. Quelqu’un qui manquerait toujours dans le paysage et dans le fond dans sa vie. Elle savait pourtant qu’il était plus heureux là bas, avec elle, mais… mais elle aurait voulu les voir revenir vers elle tous les deux. Juste une dernière fois, pour qu’ils jurent qu’ils étaient enfin heureux, promettent que de cette façon-là personne ne pouvait vraiment les atteindre, qu’ils la prennent une dernière fois dans ses bras, l’un comme l’autre et lui assure que c’était pour le mieux. Eux seraient de simples fantômes, des murmures dont l’histoire finirait par s’effacer, une fois que le conte ne serait plus soupiré au coin du feu; et elle… et elle, elle serait là, avec le coeur en mille morceaux et en essayant de trouver une bonne raison de continuer.

UNFAIR.
Oh mais elle avait une bonne raison. Il était toujours dans les parages. Celui qui avait jugé bon de la laisser en vie... justement. Parce qu’elle n’avait pas de voix. Plus question de s’en remettre à la police et d’attendre bien sagement, plus question d’être faible et espérer qu’on allait venir la sauver. Il avait laisser une trace indélébile sur elle, son âme, sur cette ville.
Ruby allait faire du bruit. Et tout le monde pourrait l’entendre.

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"Nine times out of ten, I'm in my feelings... But ten times out of nine, I'm only human, Tell me, what did I do wrong?"

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Sujet: Re: • When my time comes around...Ven 28 Avr - 4:29

Il était venu tôt ce matin-là, à l'heure où d'autres voyaient blanchir la campagne. Les matinées de ce début du mois de mars étaient encore fraiches, un brouillard léger embaumant le cimetière tandis que le pasteur arpentait solennellement les allées, prenant le temps d'observer chaque pierre tombale, accordant un peu de son attention à toutes celles et tous ceux qui reposaient ici, sous ses talons. Il aurait du ôter ses chaussures afin de pouvoir les sentir gronder sous les entrailles de la terre, mais il n'était pas encore suffisamment fou - ou peut-être avait-il simplement peur d'être surpris. Il n'avait pas besoin de ça pour qu'on le juge, lui qu'on pointait déjà du doigt à cause des ses sermons, ses longs discours et la croix qu'il portait sans cesse autour du cou, cachée sous une chemise boutonnée jusqu'au col. Et si ce n'était pas cela, c'était autre chose ; Ezra avait fini par en conclure qu'on ne pouvait pas plaire à tout le monde, et la seule solution avait été d'accepter le monde tel qu'il était en échange. Il avançait donc parmi les morts, seul objet animé de ce décor macabre, allant à la rencontre de l’homme qui était en train de creuser le trou, non loin de celui qu’il avait creusé quelques années en arrière. Ezra et ce dernier avaient leurs petites habitudes ; celui de partager le silence, pour commencer, et puis Ezra aidait le gardien à sortir de son trou, peaufinait chaque détail, mettait tout en ordre pour le service, installant chaises et couronnes de fleurs près de l’endroit où le cercueil viendrait bientôt reposer une fois la cérémonie terminée. Une fois cela fait, et une fois tout en ordre seulement, ils s’autorisaient à parler. Ils abordaient généralement les choses du quotidien, ce qui les avait fait sourire au cours des derniers jours, se rappelant avec mélancolie qu’ils continuaient leur bout de chemin quand d’autres étaient privés de cette chance. Dans certains cas, ils se souvenaient de l’individu qu’ils allaient mettre en terre, hommage discret avant l’arrivée de la famille et des amis.

Mais ce jour-là était particulier. Pas de foule, pas de cérémonie officielle. Les autorités l’avaient prévenu, il n’y aurait personne pour assister à ses sermons, pour le rejoindre au moment d’une ultime prière, pour l’accompagner lors de la veillée funèbre. Il serait seul, face au cercueil, son coeur et sa bible grands ouverts entre ses paumes, l’émotion de voir tomber un autre innocent n’appartenant qu’à lui. Il avait donc attaqué de bonne heure, prenant son temps, cherchant les bons mots pour Tobias qui dormait, paisible. Enfin. Il n’avait jamais vraiment parlé à l’homme, quelques mots sans intérêt au détour d’une ruelle ou autre chose du même genre. Il avait davantage interagi avec sa petite soeur, elle qui cherchait parfois du réconfort et la sérénité, liquidant son argent de poche pour mieux décorer l’église avec des cierges qu’elle disposait harmonieusement près de l’autel ou ailleurs. Elle avait avoué à Ezra qu’elle ne savait pas vraiment si elle croyait ; elle essayait, accordait à Dieu le bénéfice du doute, et il lui semblait que c’était déjà un bon début. Maintenant qu’elle avait disparu, l’image du sourire de la jeune femme semblait encore plus claire dans l’esprit d’Ezra. Maintenant qu’il enterrait son frère, elle semblait encore plus présente qu’elle ne l’avait jamais été auparavant, et le pasteur avait presque l’impression qu’elle lisait par-dessus son épaule, répétant chacun de ses mots dans un souffle qui faisait trembler les branches et danser la chevelure des habitants qui avaient fait le déplacement malgré le peu d’information autour de ce tragique évènement.

Le pasteur releva la tête. Ils étaient plus nombreux que ce qu’il avait prédit, certains regards pleurant celui qui était tombé tandis que d’autres blâmaient silencieusement les coupables. Une pancarte attira particulièrement son attention, mais il resta transparent, aussi détaché que d’habitude, lui qui n’était pas là pour juger ; ça, c’était le boulot du Créateur, pas le sien. Et Il était certainement en train de discuter avec Tobias afin de savoir si oui ou non il allait lui donner accès à ses quartiers très privés. Ezra se plaisait à croire qu’Il l’autoriserait à passer les portes du paradis, malgré l’amour déplacé que Tobias avait pu avoir pour sa soeur lorsque les deux amants faisaient encore partie de ce monde. Après tout, le coeur de Tobias était pur, bien plus pur que tous ceux qui s’étaient amassés devant son cercueil ce matin-là, lui dont l’innocence et la naïveté poussées à l’extrême l’avaient rendu fou ; lui dont l’amour si simple l’avait poussé à venir libérer sa soeur de son manteau de terre. Voilà qu'on le recouvrait à son tour. Quel gâchis.

« May his soul and the souls of all the faithful departed, through the mercy of God, rest in peace. »

Amen.

_________________

I once kneeled in shaking thrill, chided by that silence of a hush sublime, blind to the purpose of the brute divine. Staring in the blackness at some distant star, the thrill of knowing how alone we are, unknown we are. I confessed the longing I was dreaming of some better love, but there's no better love. Beckons above me and there's no better love, that ever has loved me.
there's no better love
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Sujet: Re: • When my time comes around...Ven 28 Avr - 17:33

La nouvelle avait été décriée dans toute la ville. Les bulletins spéciaux diffusés à la télévision n’en finissaient plus, déroulant le dernier acte sordide d’une histoire d’épouvante qui, là aussi, paraissait sans fin. Indirectement, Tobias Clyne était la dernière victime du Poète. Il ne s’était pas attaqué à lui, ne l’avait pas contraint à pencher ses tirades menaçantes sur le papier, mais son ombre avait plané sur le parolier le reste du temps qu’il avait passé sur Terre – et c’était en voulant s’en délivrer qu’il avait fini par succomber lui aussi, la tension et la terreur ayant atteint son paroxysme en ville. Les autorités avaient cédé au jeu que le Poète s’évertuait à initier depuis bien trop longtemps, préférant s’en remettre à la violence pour faire passer un message inutile : ils avaient la situation bien en mains, tu parles. Amelia n’avait pour ainsi dire jamais nourri ne serait-ce qu’une quelconque rancœur pour ceux qui faisaient régner l’ordre et la morale à Fairhope, reconnaissant leurs efforts et la difficulté de l’affaire qu’ils avaient à traiter, quand bien même s’étaient-ils acharnés en l’accusant elle aussi d’y être mêlée. Mais maintenant, pendant qu’elle contemplait le gâchis qui s’étalait sous ses yeux démaquillés, elle s’aperçut qu’elle leur en voulait, elle aussi.

Accotée au tronc d’un arbre s’érigeant en contrebas du cimetière, Millie observa la scène de loin. Elle avait trop de fois assistée à ce genre de cérémonies pour avoir le cran de s’égarer au milieu des pierres tombales sans sentir son cœur se fissurer davantage, et elle choisit la sécurité en ne se faisant par remarquer. Vêtue d’une simple petite robe noire, les pieds à plats dans des ballerines qui rendait compte de sa vraie taille, elle passa une main fébrile dans ses longs cheveux, dérangée par le souffle doux de la brise de printemps. Reconnaissant la haute et massive silhouette d’Ezra, elle resta tout de même en retrait, et croisa les bras pour prémunir sa poitrine de l’effet qu’aurait ses beaux mots sur son cœur qui se mit à battre à un vive-allure, tandis qu’elle repérait enfin la jeune femme à l’ardoise fichée autour du cou. Elle ne pouvait qu’être d’accord avec elle, et elle admira le courage qu’elle décela à travers les larmes souillant son joli visage. Combien d’individus prendraient la défense de Tobias aujourd’hui ?

Par égard pour la jeune femme qui pleurait, Amelia détourna pudiquement le regard pour le reposer sur Ezra, réduit à une miniature. Son visage était nu, l’ombre qui teintait ses traits était d’une dureté inhabituelle et faisait saillir sa mâchoire ; elle n’avait pas pleuré et elle ne pleurerait sans doute pas, convaincue de ne pas y être autorisée. Car elle ne pouvait prétendre connaître intimement Tobias ; néanmoins, pendant un court instant, elle se demanda s’il avait reçu la boîte à musique qu’elle lui avait envoyée, et un petit sourire malvenu fit briller ses iris assombrit par la tristesse et la colère. Elle baissa la tête. Ils s’étaient croisés à de nombreuses reprises sans pour autant se parler, mais sans qu’elle ne puisse savoir comment ils en étaient arrivés à ce moment hors du temps, ils avaient partagé une danse. D’une certaine façon, ça a avait poussé l’institutrice à soupçonner qu’il y avait quelque chose au fond qui les liaient – après tout, ils avaient été jetés dans la fosse aux lions tous les deux à cause de leur proximité avec les victimes, et leur réhabilitation avait été particulièrement difficile. Sauf qu’elle n’aurait plus l’occasion de confirmer sa théorie : Tobias était mort. Cette mise au point violente de son esprit la fit déglutir avec ennui, et elle comprit qu’elle mourrait de soif – alors peut-être qu’elle pleurerait finalement.
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Sujet: Re: • When my time comes around...Jeu 4 Mai - 14:50

• When my time comes around...

◆ Feat Fairhope ◆


Les enterrements, ce n'est clairement pas mon truc, pourtant, dans le métier que je fais, depuis que le Poète est là, bien présent dans nos vies, je ne cesse de retourner dans ce cimetière pour enterrer des personnes qui n'auraient pas du mourir aussi vite. Pourtant, dans le cas présent, je ne sais pas vraiment quoi en penser. Je suis sceptique par rapport à la mort de Tobias. Méritait-il de mourir ? Non, personne ne le mérite, même le plus grand des criminels. Méritait-il de mourir de cette façon ? Je ne sais pas, je n'ai fait que lire le rapport de mes collègues à propos de cette altercation qui avait mal tournée pour la victime du jour. S'il n'avait qu'une pelle, mes collègues auraient du s'en arrêter à cette première balle dans l'épaule. Ils n'auraient pas du l'achever avec ce tir dans la tête, ce n'est pas humainement noble, mais peut être menaçait-il vraiment leur vie, n'est ce pas ? Je ne saurais dire, l'enquête interne nous dira ce qu'il en est, et les sanctions tomberont quoiqu'il arrive sur leur tête, plus ou moins grave selon les circonstances jugées comme étant ce qu'elles étaient. Légitime défense ou mort presque gratuite ? Si cela n'avait pas été Tobias sur la tombe de sa soeur, est ce que mes collègues auraient agit de la sorte ? Ne se seraient-ils pas "contentés" de la balle dans l'épaule ? C'est une possibilité, mais pour le moment, je ne préfère pas m'avancer en conjecture. Une chose était certaine, cette mort ne laisserait insensible personne, pas même moi. Je versais une petit larme, rien d'extraordinaire, mais même si je suis blindée depuis le temps, cela me fait quelques choses de voir cette figure de mon quotidien ou presque disparaître de façon définitive de mon champs de vision. Il y avait plus de monde que je ne l'aurais pensée, sans doute parce que la nouvelle avait réussie à se propager malgré le fait d'un silence radio du côté des forces de l'ordre. Personne ne pouvait rester insensible devant ce cercueil, mais n'ayant plus de travail, peut être voulait-il simplement rejoindre sa soeur. Peut être qu'ils sont en train de se parler en ce moment, de nous regarder même, se demandant si cela allait changer quelques choses à notre monde. Malheureusement, cela ne changerait pas grand chose, si ce n'est de nous faire perdre un peu plus de crédibilité. La police de Fairhope ne semble pas être à la hauteur, mais il n'y a pas qu'elle qui ne l'est pas. L'idée du couvre-feu n'était assurément pas une bonne idée, et même s'il est à présent pratiquement levé, il a déjà fait plus de mal que de bien. Sans se couvre-feu, peut être que Tobias serait encore en vie, mais je ne suis pas là pour jouer avec la nostalgie, ou de regretter certaines actions. Ce qui est fait est fait, il n'y a pas d'autres choix.

 



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Shandra O. SarmoiseLieutenant de Police
Je suis ici depuis mon enfance, et je vois bien que ma ville autrefois calme, n'est plus le même havre de paix qu'autrefois. La faute à ce poète de malheur. Serais-je celle qui réussira à lui mettre la main dessus ? Je ne sais pas, mais j'ai déjà passé trois ans de ma vie à lui courir après, je suis prête à faire encore bien plus même si cela doit me ronger jusqu'à l'os.


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Sujet: Re: • When my time comes around...Ven 12 Mai - 3:19

Il l’avait senti. D’une certaine façon, il l’avait presque prédit. Ou bien était-ce simplement son esprit qui avait décidé de lui jouer des tours, maintenant qu’il savait, qu’il avait été là pour le voir, pour assister au carnage. Arthur avait décidé de prolonger une journée déjà trop longue en patrouillant sans réel but, tournoyant dans la ville, prédateur affamé qui n’avait pas été nourri depuis des mois. Vautour à l’abris dans son véhicule de fonction qui attendait l’heure du crime avec impatience pour voir si son fou favoris n’allait pas montrer le bout de son nez et lui servir un repas digne de ce nom. Il espérait un peu de chair tiède, de la peau neuve et quelques mots de plus, immobile alors que le feu vert illuminait ses traits fatigués, lui donnant cet air malade qui ne sembla pourtant pas le quitter une fois que la nuit reprit ses teintes normales. Il avait fait un détour en entendant l’appel à la radio, son pied rencontrant l’accélérateur avec un intérêt certain, une curiosité maladive, morbide. Sans prendre le temps de se garer correctement, il avait à peine tirer sur le frein à main qu’il était sorti de la voiture, se précipitant vers les cris qui fendaient l’air, saisissant son arme de manière si instinctive qu’il était sans doute bon de se demander si l’homme valait encore quelque chose sans son droit de vie ou de mort. Le revolver pointé sur le responsable du vacarme, il mesura l’urgence de la situation et compris que sa cible n’était pas la bonne.

« Reculez ! Reculez ! »

Mais on ne l’avait pas entendu. Sa voix enrouée avait été couverte par d’autres plaintes enragées provenant de la gorge de leur future victime qui se débattait encore. On ne l’avait pas compris, ses ordres se dissipant dans l’air toxique de la nuit, happés par les peines des cadavres qu’on venait de réveiller.

« Officiers, reculez. Reculez, c’est un ordre ! »


Le coup de grâce, avant qu’Arthur ait eu le temps de réagir, son doigt refusant d’appuyer sur la gâchette alors qu’il visait les mains de celui dont les phalanges seraient bientôt recouvertes du sang d’un autre. Trop tard. Tobias s’était écroulé sur le sol, pantin désarticulé, les paupières ouvertes et le regard pointé sur le monde, tellement large qu’on aurait dit qu’il allait gober la terre entière. Arthur avait baissé son arme, soupirant, affrontant ces iris que la vie quittait lentement, tandis que le silence reprenait ses droits, que les morts se retournaient une dernière fois dans leur sépulture avant de se rendormir, que les têtes se baissaient autour de lui. Les secondes s’étaient écoulées plus lourdement, un coup sur la nuque du colonel qui n’arrivait plus à décoller ses rétines du défunt qui s’agitait une dernière fois, les spasmes caractéristiques remuant sa carcasse dans un ultime effort avant qu’il ne s’éteigne officiellement.


Arthur se tenait aujourd'hui bien loin de cette tombe. Suffisamment loin pour qu'on ne puisse pas l’apercevoir, emmitouflé dans un manteau sombre, le regard absorbé par le décor qu’il imaginait encore taché du sang de Tobias. Il revoyait la mare se répandre à leurs pieds, tellement lentement que le colonel s’était même demandé si ce n’était pas plutôt du poison, le rideau foncé de la nuit donnant des reflets noirs au pourpre habituel. Il ne s’expliquait pas pourquoi ni comment il était resté éveillé cette nuit-là, disséquant un dossier après l’autre en espérant y trouver une solution, si ce n’était pas plutôt une énigme supplémentaire qu’il peinerait à résoudre. Peut-être qu’il n’y avait tout simplement plus rien à dire, à faire ou à tenter ; plus rien à expliquer ou à rationaliser. Ils avaient usé toutes leurs cartouches, tirant même dans la foule, au cas où. Après tout, si Tobias était le Poète, c’était une bonne chose dans le fond, non ? C’était déplorable, mais qui pouvait prouver l’innocence de cet homme ; celle de tous les autres ? Il s’agissait d’une odieuse erreur, mais à force d’en commettre, ils finiraient bien par viser juste, pas vrai ? Le colonel tourna les talons. Détruit.

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i don't care if it hurts, i'll pay my weight in blood to feel my nerves wake up. so love me now or let me go, let me feel these high and lows before the doors to my heart close. show me that i'm human, make me feel something.

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Sujet: Re: • When my time comes around...Lun 15 Mai - 14:27

Willow connaissait ces allées. Elle les avait souvent arpentées, trop souvent. Un peu plus loin, sur la gauche, elle reconnaissait sans peine la stèle qui gardait sa mère, la pierre abîmée par le temps et l'usure, par le chagrin. Elle n'avait pas besoin de plisser les yeux pour lire les lettres qui ornaient la sépulture, et elle n'avait même pas besoin de la regarder pour savoir qu'elle manquait de fleurs. Celles que son père déposait chaque année, dans les mois d'hiver, avaient flétri et fané, et avaient été jetées, et oubliées. Comme le corps qui moisissait sous terre et auquel la brune refusait de penser. Elle aurait presque eu envie d'aller s'y réfugier, s'enroulant là, sur l'herbe, bercée par des caresses et des murmures imaginaires, par des sourires dont seul l'éclat avait survécu aux années. Elle aurait fermé les yeux et attendu que la douleur passe, attendu qu'ils s'en aillent pour pouvoir s'échapper à son tour, glissant silencieusement dans une autre journée. Elle s'était tenue devant cette tombe, les yeux barbouillés de larmes, sa petite robe noire trop rêche, trop neuve, trop triste pour la gamine qui se tortillait à l'intérieur, interdite par tant de visages sombres. Elle détourna les yeux. Quelques rangées plus loin, sur la droite, c'était John qui dormait paisiblement. La tombe était fleurie et saine, et les souvenirs vivaces lui brouillèrent un instant les yeux. Cette robe-là aussi avait sonné faux, le tissu froissé entre ses poings serrés, les manches de son châle humides d'avoir essuyé ses larmes. Elle s'arracha aux souvenirs, simplement pour constater avec effroi que sa robe ne la dérangeait plus. Qu'elle s'était habituée à sa signification, à son message, qu'elle s'était habituée au tissu qui lui collait à la peau et qui la faisait disparaître dans la masse. Le vent qui lui frôlait les jambes ne l'horrifiait plus, il ramenait simplement les défunts, quelques instants, les faisant danser autour des tombes sur la mélodie que le pasteur écrivait. Lorsque la cérémonie s'achèverait, ils repartiraient d'où ils étaient venus, retournant à leur néant avec un voyageur en plus.

Tobias et elle s'étaient croisés dans ces allées, portant chacun leurs croix, chacun leur fardeau. Elle avait reconnu un peu de sa propre douleur dans l'expression du brun, elle ne savait pas s'il en avait été de même pour lui. Sans doute pas. Ça n'avait plus vraiment d'importance, ils avaient respecté le silence, ils avaient respecté la mort qui régnait en maître au milieu de ses pierres. Willow n'était pas là en tant qu'officier, elle n'aurait pas osé. Elle n'aurait pas osé se tenir là, affichant les couleurs qui l'avaient abattu. Elle n'était pas assez forte pour se repentir au nom de tous ses collègues. Même le nom de la police dégoulinait de honte. Alors c'était Willow qui était venue, la petite fille qui avait pleuré sa mère, la jeune femme qui avait pleuré un homme, l'âme blessée qui n'en voyait pas la fin. Son sang avait-il tâché l'une de leur tombes? Elle refusait furieusement de représenter cette police qui se trompait de fou, qui chassait ses propres pions au lieu d'attaquer le roi. Willow était une femme de foi. Elle n'avait pourtant jamais cru en un Dieu tout puissant, mais quelqu'un d'autre avait toujours porté cet honneur, érigé en modèle. Elle avait besoin de se reposer sur quelque chose, de savoir que malgré tout, il y avait quelqu'un, pas un Père absent qui les observait de son ciel tourmenté, mais une personne réelle. Une à une, ses divinités tombaient, leurs autels souillés par la trahison, le sang ou la mort.

Aujourd'hui, alors qu'Ezra délivrait Tobias à Dieu, elle ne croyait plus en rien.

Cette cérémonie manquait de sens, manquait de cœur. Elle se sentait hypocrite, à se tenir là, au milieu des autres qui avaient fait le déplacement et osé se montrer. La bonne réponse aurait peut-être été de rester éloignée, de le laisser en paix, enfin réuni avec celle qu'il avait cherché au péril de sa vie. Elle ne l'avait pas cru coupable. Pas longtemps. Pas vraiment. Elle était intimement convaincue qu'elle saurait. Qu'il lui suffirait d'un regard, et qu'elle saurait. Qu'elle saurait voir toutes ces âmes danser dans des yeux qu'elle ne pouvait pour l'instant même pas esquisser. Chaque pas qu'ils faisaient en avant, d'indice ridicule en trouvaille hasardeuse, semblait insignifiant face à l'horreur qui grandissait dans leurs cœurs. Quand Willow sondait le sien, elle peinait à voir par-delà la couche noircie de sang et de morts. Elle était là pourtant, le dos bien droit, le regard inexpressif planté droit devant, au-delà du pasteur, derrière son épaule.

Le brouillard masquait l'horizon, et il ne se lèverait plus. 

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Sujet: Re: • When my time comes around...Mar 30 Mai - 16:22

• When my time comes around...

◆ Feat Fairhope ◆


Tu ne sais pas pourquoi tu es là, tu ne le sais pas vraiment, mais tu as fait l'effort d'être là alors même que tu ne le connaissais pas, pas vraiment comme sans doute beaucoup de personne ici. Tu le connaissais par rapport au Poète, à ce qu'il représentait, à ce qu'on le soupçonnait d'être, mais personne n'a jamais pu prouver sa culpabilité. Pour toi, tu ne sais pas ce qu'il en est, pas vraiment, parce que tout ce qui est lié au Poète te fait mal, beaucoup trop de mal même. Tu te fais sans doute des films à ce propos, mais tu es comme ça, ton esprit ne peut pas s'imaginer d'autres choses, parce que tu aurais du être celle qu'il voulait tuer ce jour là. A quelques minutes sans doute cela aurait été le cas, et inlassablement tu te repassais cela, toujours, tu repensais à la chronologie de cette journée. Peut être que tu avais croisée le Poète ce jour, certainement même, peut être avait-il attendu que tu t'en aille pour faire sa besogne. Mais ta mémoire n'est pas assez bonne pour savoir si tu avais pu croiser Tobias, ni qui que ce soit. Avais-tu seulement croisé quelqu'un ce jour là ? Si tu avais une mémoire mnésique, une mémoire où tu pouvais te souvenir de chaque détail de chaque journée, tu pourrais t'en souvenir mais là ce n'était pas le cas. Alors tu ne cherchais pas plus que ça à te souvenir de détails que tu ne connaissais pas, plus.

Mais lorsque tu avais appris la mort de cet homme, un presque inconnu pour toi, inconsciemment, tu avais été pour ainsi dire soulagée même si tu n'en avais pas plus que cela conscience. C'était insidieux, imperceptible, mais la réaction avait bien été là. Pourtant, tu n'étais pas là pour le condamner, bien au contraire, tu n'aimes pas la mort, pas celle des autres. Pourtant, la tienne ne te ferait rien du tout, tu aimerais pouvoir la signer à un moment ou un autre. Peut être que tu feras une tentative prochaine en apprenant la mort de certaines personnes, ou le retour du Poète tout près de chez toi parce que tu croirais qu'il t'en voulait encore et que ce n'est qu'un nouveau rendez-vous manqué pour toi. Cela te fera rester chez toi pendant de nouvelles semaines. Mais là, tu t'étais préparée, seule pour te rendre au mémorial à côté de l'église, pour verser une petite larme en ce mois de mars. Tu n'en avais pas encore versée une du mois, mais là, devant cette scène si triste, tu n'avais pas pu t'en empêcher, devant tant de regards fermés, devant tant de personne aussi. Parce que même si la larme coule à cause de la tristesse, tu te sens légèrement oppressée également, à cause du monde qu'il y a, la foule n'est pas ton amie et elle ne le sera jamais. Tu ne restes pas trop longtemps après la mise en terre, tu t'en vas rapidement, parce que tu ne veux pas te griller, on ne sait jamais.

 



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Sujet: Re: • When my time comes around...Jeu 1 Juin - 20:18

Elle ne verserait aucune larme.
Dans le fond, elle n'en voyait pas vraiment l'intérêt, et mentir le jour où on mettait en terre Tobias... Non. Désirée ne ferait pas l’affront de mentir en ce jour ci particulier alors qu’il était l'un des seuls dans toute cette petite foule qui avait eu un aperçu de son vrai visage. Le seul probablement.

La blonde ne se voyait pas fouler les allées du cimetière, elle ne se voyait pas marcher parmi les morts, ses talons finiraient surement par s’enfoncer dans toute cette terre et elle finirait par succomber sous le poids de ses pêchés. Ou alors de viles mains allaient sortir du sol et s’emparer d’elle pour de bon. Pour la ramener à la maison, là où elle devait se trouver. Là où elle devait résider, elle qui était déjà morte et pourrie jusqu’à la moelle et ce depuis bien longtemps. Alors oui, Désirée se tenait devant l’entrée du cimetière, apercevant les silhouettes qui se dessinaient au loin, elle n'allait pas se joindre à cette petite fête, elle regardait sans avoir l’intention de venir dire quelques derniers mots face à cette pierre tombale. Elle préféra se mordre la lèvre inférieure et répandre ainsi le rouge de ses lèvres sur ses dents d’une blancheur immaculée, ses yeux bleu azur rivés sur cette assemblée, son esprit fonctionnait à toute vitesse.

C’était … du gâchis. Ce n’était pas de la tristesse qui l’habitait non, juste une profonde irritation. Elle aurait pu, tirer profit de cette mort si elle avait pu mieux planifier les choses, faire en sorte de trainer la carcasse du brun dans toute la ville. Ou alors le garder dans son maigre petit appartement, là dans sa baignoire, le seul endroit où il aurait pu se vider de tout son sang en paix. Peut-être que la romancière aurait fini par le rejoindre après une longue journée, dans ses robes d’une blancheur inquiétante et elle aurait cherché le battement de son coeur mais en vain. Elle aurait pu. Désirée aurait pu être celle qui appuyait sur la détente, elle aurait pu être celle qui fixait ce corps qui tombait et qui finissait par se reposer. Ou alors Désirée était jalouse parce qu’il avait trouvé une forme de repos, parce qu’il était parti le premier. La blonde ne se voyait pas vivre longtemps, l’idée d’avoir des rides un jour la terrorisait, voir l’emprise que le temps aurait sur elle n’était pas au programme pour elle. Il n’y avait qu’un seul genre de maux qu’elle autorisait ici bas et ce ne serait certainement pas la vieillesse. Elle aussi avait l’intention de partir tôt, de graver son nom dans la pierre et de devenir une légende.

Y aurait-il plus de monde à son propre enterrement ? Peut-être. Elle en doutait sincèrement. Son grand frère serait probablement dévasté, peut-être qu’il finirait par creuser la terre pour venir la chercher, peut-être, il avait dit l’aimer après tout, pourtant il avait osé passer à autre chose. Désirée fit un pas en arrière, son esprit retournant vers Tobias et ce qu'ils avaient un jour échangé. Pour un oeil étranger, ils étaient amis, mais à y voir de plus près, il n’y avait pas une seule once de sympathie qui était passé entre eux. Pas une seule. Seulement des ordres, des faux sourires, et leur démons intérieurs qui se côtoyaient. Dans un sens, Désiré était curieuse, elle voulait savoir s’il avait saigné du sang rouge ou si tout ce qui régnait en général dans sa tête avait fini par s’échapper. Si les gens normaux avaient vu la folie, la beauté, s’ils y avaient vu Laurel qui essayait tant bien que mal de s’échapper du coeur de son frère. Non, se dit la blonde une seconde plus tard, pour voir tout cela, il fallait vraiment regarder et malheureusement, très peu de personne ne pouvait le faire.

Dans un sens, Tobias allait laisser un vide dans sa vie, ne pas prétendre devant quelqu’un était rafraichissant. Il y avait quelque chose de divin dans le fait de montrer les parties les plus brutales de soi-même et tout simplement passer à autre chose. Mais tout ça ne comptait plus, il s’était éteint. Le jeu était fini, le brun dans un sens avait gagné et même elle, elle en avait conscience. Vu qu’elle demeurait ici. Pour combien de temps ? Surement assez pour regarder d'autres corps tomber, assez pour regarder le Poète tuer et s’en délecter. Assez pour se rapprocher de l’identité du tueur et le regarder droit dans les yeux avec un immense sourire aux lèvres. Si c’était dans ces termes-là, Désirée voulait bien accepter sa fin. Si c’était avant, hors de question. « Well goodbye Clyne. At least now even I can’t hurt you. Too bad. » Un murmure contre le vent, Désirée passa sa langue sur sa rangée de dents supérieure avant de faire demi-tour, s’éloignant dans un claquement de talons.

Elle ne viendrait probablement jamais le revoir.

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