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 TALK ME DOWN

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bad blood - we live here

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◆ Manuscrits : 407
◆ Arrivé(e) le : 15/02/2017
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Sujet: TALK ME DOWNLun 24 Avr - 2:27


"Cause you know that I can't trust myself with my 3AM shadow
I'd rather fuel a fantasy than deal with this alone"


Un nouveau drame avait éclaté à Fairhope. Un nouveau mort – mais pour la première fois depuis ce qui semblait être une éternité, le Poète n’avait rien à voir là-dedans. « Un mauvais concours de circonstances » avait-on dit. On n’avait pas arrêté d’aborder le sujet dans les couloirs du Fairhope Tribune. Évidemment, le nom du défunt apparaîtrait dans la rubrique nécrologique, mais était-ce suffisant ? Et que devra-t-on dire ? Au vu du manque de nouveautés concernant l’affaire du Poète, ne devrait-on pas accorder une page un peu plus importante à cette histoire de maladresse policière ? Offrir un peu plus de détails sur le déroulement de l’incident ? Et d’ailleurs, comment était-il mort, cet homme ? Des coups de feu ? Dans la tête ? Avait-il souffert ? Était-il mort sur le coup ? À l’école de journalisme, ils avaient tous suivi un cours de sens éthique. Ils avaient été confrontés à des cas théoriques qui avaient mis leurs boussoles morales à rude épreuve. Pourtant, des années après, et dans ce genre de circonstances, ils semblaient tous en manquer cruellement. C’était à se demander comment ils avaient bien pu être admis à leur examen. Des vautours, les appellerait-on, encore et encore. Les mines d’enterrement avaient commencé à se multiplier assez rapidement dans les rues de Fairhope. Si nombreuses qu’Oscar n’avait pas tardé à remettre leur sincérité en question : combien d’entre eux connaissaient réellement ce Tobias Clowney ? Collins ? Klein ? Lui n’en avait jamais entendu parler – du moins, avant de recevoir un appel au milieu de la nuit, le convoquant en salle de rédaction pour un débriefing d’urgence, à peine une heure après le malheureux évènement.

C’était malheureux, mais Oscar n’avait pas l’intention de se morfondre pour autant. C’était déjà suffisamment pénible d’avoir à s’enquérir de ses proches, il n’allait pas se plomber le moral pour un parfait inconnu. Il baissa les yeux sur ses trois wasted shots aux rebords couverts de sucre, et décida qu’il en dédierait au moins un à la mémoire de Tobias – et au diable son nom de famille. Il leva trois fois le coude, grimaça, et s’ébroua d’un coup en sentant l’alcool lui couler agréablement dans la gorge. Ses traits s’éclairèrent, et pendant une brève seconde, il se sentit plutôt bien. Il se laissa couler contre le dossier de son siège, et observa la foule autour de lui. Il avait un groupe de personnes autour de lui, avec lesquelles il avait passé le début de soirée à danser ; la musique – étrangement portée sur les Fifth Harmony depuis qu’une petite troupe de femmes s’était lancée sur la piste de danse – battait son plein pour son plus grand plaisir, et Oscar ne pouvait que féliciter l’initiative des forces de l’ordre consistant à repousser le couvre-feu à une heure un peu plus décente – selon ses critères.

« Tu habites loin ? » Oscar eût un rire nerveux – qui passa complètement inaperçu dans la clameur environnante. « Doucement, copine. On ne s’est même pas présentés. » Il haussa un sourcil inquisiteur. Elle s’appelait Jessica, et s’était montrée plutôt tactile depuis le début de la soirée. De ce qu’il pouvait voir, elle avait même abandonné le groupe de filles avec lesquelles elle était venue s’amuser pour s’asseoir à moitié sur ses genoux en espérant ne pas faire mouche. « Je vais me chercher un verre. C’est quoi ton poison ? » Elle lui murmura la réponse à l’oreille, et Oscar se demanda encore une fois pourquoi les barmen donnaient des noms aussi évocateurs à leurs cocktails. Il se fraya un chemin à travers la piste de danse, et ne tarda pas à trouver une place au comptoir de service.

« HEY JACK SPARROW ! C’est mon anniversaire, arrose-moi ! » Il se fendit d’un large sourire gouailleur qui, s’il attendrit les deux jeunes femmes auprès desquelles il s’était glissé pour accéder au bar, n’eût aucun effet sur le barman à la longue barbe emmêlée qui se tenait du « bon côté » du comptoir. Profitant qu’il soit sollicité un peu plus loin, Oscar s’accouda lourdement au comptoir et ses pieds quittèrent brièvement le sol tandis qu’il se pencha en avant pour se servir lui-même. Ses doigts avaient à peine frôlé le long cou d’une bouteille de rhum que le barman la lui retira des mains, l’air de dire qu’il la lui casserait bien sur la tête s’il lui donnait une raison de le faire. Il y eût un moment de flottement uniquement perturbé par la musique qui couvrait la clameur des conversations depuis la fin de l’happy-hour et un nouveau sourire, plus prudent cette fois-ci, étira ses lèvres : « S’il te plaît ? »

Une heure plus tard, Oscar avait quitté l’intérieur du bar pour se réfugier sur la terrasse grouillante de fumeurs. Jessica suspendue à son cou, il s’appliquait à rouler son tabac en l’écoutant lui raconter ses mésaventures à l’université – mais sa main n’arrêtait pas de trembler sous l’effet et du froid et de l’alcool. Il jura entre ses dents. C’était quand même gros de se faire emmerder par une petite feuille de papier maintenant, alors que tout avait roulé comme sur des roulettes jusqu’à présent. « T’as pas froid avec ta chemise ? » s’enquit Jessica en redressant les plis de son col autour de son cou comme pour lui former une écharpe de fortune. « La vodka, ça réchauffe ! » prétendit-il, son gobelet dangereusement calé entre ses dents. Dans un même temps, il finit par troquer sa malheureuse feuille et son tabac contre une bonne vieille clope industrielle. Il l’alluma sans tarder.

S’il n’avait pas levé les yeux pour rendre son briquet à un certain Jackson, derrière lui, il aurait sans doute manqué la silhouette familière d’Adam, dépassant le Wasted Shots. Sans y penser, il retint sa respiration, et fit quelques pas en direction de la rue ; et avant même d’avoir eu le temps de réfléchir à ce que ça impliquerait, il l’interpela : « Hey, stranger. » Il hésita un moment, un peu gauche. Puis, s’avança de quelques pas en décidant d’adopter une attitude désinvolte. « T’es pressé, t’as le temps pour un verre ? C’est mon anniversaire. » C’était pas vrai, mais il l’avait tellement répété au cours de la soirée que le mensonge s’invitait naturellement sur ses lèvres. Il se passa une main sur le visage en espérant chasser les signes de l’ébriété, et lui adressa un sourire enjôleur : « Allez, pour me faire plaisir ? »

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Sujet: Re: TALK ME DOWNMer 3 Mai - 3:34

Plusieurs mois maintenant que ça lui trottait dans la tête. Il y songeait, gardant le secret pour lui, s’imaginant à quoi sa vie pourrait ressembler une fois qu’il aurait franchi le pas et qu’il se serait enfin décidé à changer d’activité. Ce n’était pas aussi facile que ça en avait l’air dans le fond. Lui qui avait quasiment passé sa vie derrière un comptoir, il se souvenait encore de ses premières heures dans son nouveau rôle de barman comme si c’était hier. Il avait commencé en tant que serveur, de peur d’empoisonner les clients s’il avait eu le malheur de préparer quoi que ce soit de lui-même ; et puis il avait fini par ne plus avoir le choix, un soir où l'équipe manquait de bras et où il fallait quelqu’un pour écraser la menthe dans le fond des verres, servir quelques bières ou aligner les shooters pour les remplir de liquide aux teintes tellement peu rassurantes qu’elles en paraissaient toxiques. Il y avait pris goût, aussi facilement que les piliers de comptoir étaient tombés au fond de leurs bouteilles, absorbés par toute cette liqueur qui leur montait à la tête, et qui leur faisait oublier à quel point ils étaient pauvres, les billets s’alignant sur le bar comme certains tendaient les bras vers le ciel. Évidemment qu’Adam s’était habitué à ce mode de vie, à la nuit, à la musique tellement forte qu’elle lui remuait les tripes, aux collègues enivrés qui finissaient par avoir du mal à ne pas trinquer avec les clients. Adam n’avait pas ce problème, parce qu’il en avait d’autres et qu’il ne pouvait tout simplement pas se le permettre. Mais ce n’était pas moins désagréable ; sans parler des nombreux pourboires qu’on lui laissait souvent.

Lorsqu’il habitait encore New-York, il avait enchainé les enseignes, songeant qu’il n’était pas possible de faire ses armes s’il ne cherchait pas constamment à repousser les limites de son métier. Il avait appris à maîtriser l’art du shaker, et même s’il n’avait jamais été suffisamment doué pour jongler avec ses bouteilles, au moins il savait réalisé les cocktails les plus sophistiqués. Et puis la vie l’avait rattrapé, faisant vibrer son téléphone par un matin pluvieux. Il n’avait pas répondu aussitôt, encore épuisé de la veille et du service qui avait quasiment duré jusqu’à l’aurore, la deuxième partie de soirée généralement consacrée aux seuls employés qui tardaient à quitter les lieux. Il avait laissé l’appareil sonner dans le vide, et il n’avait consulté ses messages vocaux que le lendemain, en rentrant au milieu de la nuit. Peut-être qu’il était assis dans un bus crasseux ou en train de marcher jusqu’à son domicile lorsqu’il avait appris que son père était mort ; dans tous les cas, ça n’avait pas vraiment d’importance. Il avait regroupé ses affaires, fait ses valises et il était parti après avoir signé bon nombre de papiers, apprenant qu’il avait eu un père durant tout ce temps mais que ce dernier avait tout simplement refusé de se manifester. Un père dont il avait hérité une villa défraîchie et une boutique miteuse qui avaient besoin d’un bon ravalement de façade. Adam avait fait comme si ça ne l’atteignait pas, comme toujours, et il s’était dégotté quelques colocataires motivés à l’idée de l’aider à réaliser des travaux dans sa demeure, ouvrant également son propre lieu de débauche et d’excès, qu’il remplaça quelques mois plus tard par un simple bar pour éviter d’attirer l’attention des autorités.

Et ce soir-là, en fermant le Vanilla Palace, Adam avait la gorge serrée. C’était une étape de plus qu’il s’apprêtait à franchir, et même s’il n’y était pas vraiment préparé, il savait pertinemment qu’il devait se faire violence s’il voulait réussir à avancer. La bar n’ouvrait plus que rarement, de toute manière ; entre le couvre-feu et ses propres craintes qui le rongeaient à chaque fois qu’il passait cette porte, il ne restait plus vraiment de place au succès de son bar. Tant pis après tout, le Vanilla Palace avait fait son temps, et c’était à quelqu’un d’autre de venir ranger ces tables et ces chaises, de passer un coup sur le comptoir avant de baisser la grille, d’aligner les tabourets, de nettoyer les verres et de recompter les stocks. C’était à quelqu’un d’autre de se lancer dans l’aventure, il y avait autre chose qui l’attendait ailleurs, et il pouvait maintenant le sentir. C’était effrayant et excitant à la fois, mais il était enfin décidé à prendre les mesures nécessaires pour parvenir à ses fins.

Il rentrait donc, seul avec ses pensées, arpentant les rues de la ville en songeant à la réaction de Jesse lorsqu’il lui annoncerait la nouvelle. Il devait être le premier à l’apprendre, les choses ne pouvaient être autrement. « Hey, stranger. » Adam manqua de sursauter, oubliant aussitôt tout le reste et faisant volte-face, une main fragile se plaquant instinctivement sur sa poitrine avant de lever les yeux au ciel en voyant de qui il s’agissait - mais rassuré, tout de même. Comment ne pas l’être ? « Tu sais bien que je ne bois pas. », répondit-il en souriant, jaugeant aussitôt le taux d’alcoolémie d’Oscar pour voir s’il avait encore le droit à un verre supplémentaire. Il n’était plus de son devoir de s’inquiéter de cela ; c’était à un autre barman de prendre le relais à présent, mais on ne pouvait tout simplement pas chasser le naturel sans qu’il ne revienne aussitôt au galop. « Et je m’apprêtais à rentrer, longue soirée au bar. » Oscar n’était pas le seul à mentir ; après tout, c’était humain. « J’ai un peu de route qui m’attend. Et toi, tu ferais mieux de prendre un peu l’air. Ou de rentrer te reposer, tu as l’air d’avoir eu ton quota pour ce soir. » Il n’attendit pas de réponse avant de reprendre sa route, s’éloignant déjà de quelques pas, souriant. « Je me trompe ? » Peut-être qu’ils partiraient ensemble dans la même direction.

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Sujet: Re: TALK ME DOWNMar 6 Juin - 19:16

« On ne sert pas que de l’alcool dans un bar, tu devrais le savoir. » répliqua-t-il, un sourire en coin. Il savait qu’Adam ne s’accordait aucun écart de ce genre au vu de sa maladie – c’était tout à son honneur, et il aurait été la dernière personne dans cette ville à vouloir le pousser au vice, même si ça signifiait s’immerger seul dans l’alcool. En revanche, l’idée de passer la fin de sa soirée avec Adam avait un attrait certain, et celle de le laisser bêtement repartir sans rien ajouter, désolante. Les raisons qui l’avaient poussé à éviter le Vanilla Palace au cours des dernières semaines perdirent soudainement en épaisseur. Après tout, pourquoi se priveraient-ils ? Ils avaient été amis, avant toute autre chose et, jusqu’à preuve du contraire, ne faisaient absolument rien de répréhensible. Arrivé à la moitié de sa tentative d’auto-persuasion, il fronça les sourcils et planta ses poings sur ses hanches, l’air réprobateur de celui qu’on ne dupe pas aussi facilement. « On n’apprend pas au vieux singe à faire la grimace ! » qu’il aurait lancé – si le dicton n’avait pas appartenu à la génération de ses grands-parents. Les « longues soirées au bar » n’étaient plus tellement d’actualité au Vanilla Palace. Il le savait très bien, depuis le temps qu’il fréquentait l’établissement. Combien de fois s’était-il installé au bar, d’abord pour tenir compagnie à Adam, ensuite pour prendre quelques verres ? Et combien d’autres fois avait-il terminé du « bon côté du comptoir » pour s’amuser à goûter les nouveaux cocktails du barman assommé d’ennui ? Ça faisait seulement quelques semaines qu’il n’y allait plus ; alors peut-être que le nouveau couvre-feu avait bénéficié au Vanilla Palace comme il bénéficiait au gros barbu du Wasted Shots. Les rouages de son cerveau tournèrent, lentement, tâchant de déterminer si Adam lui disait la vérité ou s’il avait trouvé deux bons prétextes pour mieux se débarrasser de lui, et rentrer chez lui aussi sec. Pour avoir passé un certain nombre de soirées sur les talons d’autrui, Oscar pouvait plus ou moins sentir quand sa compagnie devenait un fardeau pour les autres. Cette fois-ci, néanmoins, l’aiguille de son radar s’affolait sans pouvoir lui donner de réponse concluante.

« Si tu voulais que je te raccompagne, il suffisait de demander. » éluda-t-il avec une certaine habileté, puis tapa dans ses mains comme pour montrer que sa décision était prise. Il n’accorda aucun commentaire à l’examen rapide qu’Adam semblait avoir porté sur lui en moins de temps qu’il n’en faut pour dire merde à un emmerdeur comme lui. C’était peut-être une déformation professionnelle de sa part, mais ça l’avait toujours un peu dérangé qu’Adam soit capable de déterminer presque instantanément où il se trouvait sur l’échelle de l’ébriété – surtout quand il s’efforçait d’avoir l’air sobre comme un chameau. Il abandonna son verre de vodka sur le bord de la terrasse, et jeta un dernier coup d’œil par-dessus son épaule : Jessica discutait avec le reste du groupe, sans s’inquiéter de sa disparition. Elle pensait peut-être qu’il reviendrait à un moment donné. Il se demanda brièvement si elle serait encore là quand il reviendrait sur ses pas un peu plus tard dans la soirée. Sans doute que non. Il hésita encore une fraction de seconde avant de pousser un soupir inaudible. Il tenta de se réconforter en se racontant qu’ils se recroiseraient à l’occasion, avant d’emboîter le pas d’Adam.

« Je ne sais pas si t’es au courant, mais on a un tueur en série en liberté. C’est pas conseillé de traverser la ville seul à cette heure. Tu devrais adopter un chien. Ou mieux, un garde du corps ! » lança-t-il avec légèreté au bout de quelques minutes. Ils avaient marché l’un à côté de l’autre, sans rien dire, et après avoir jeté son mégot de cigarette, Oscar avait commencé à se demander s’il avait pris la bonne décision en choisissant de le raccompagner chez lui. D’un autre côté, c’était forcément une bonne décision, puisqu’effectivement, ils avaient un tueur en série en liberté, et se faire raccompagner après la tombée de la nuit était une mesure de prudence élémentaire. Mais d’un autre côté, Oscar ne savait pas combien de temps il pourrait éviter de mentionner l’éléphant dans la pièce. « Il en pense quoi, le copain ? » Les deux pieds dans le plat, saluez l’artiste ! Il enfonça ses mains dans les poches de son jean, et baissa la tête sur les pavés de la rue en s’appliquant à afficher un air désinvolte qui ne lui allait pas au teint. S’il avait toujours été bon pour le bluff, Oscar n’avait jamais été un très bon acteur, et Adam s’était déjà montré perspicace vis-à-vis de lui par le passé. L’idée même d’être un livre ouvert devant ses yeux était particulièrement dérangeante dans ce contexte. Aussi s’éclaircit-il la voix, désireux de faire virer la conversation de trajectoire : « T’as donné ta langue au chat ? Je t’ai connu plus bavard. Raconte, quoi de neuf chez Adam Miller ? Je veux tout savoir. » Il transféra son poids sur son pied gauche pour venir lui donner un petit coup d'épaule joueur.

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Sujet: Re: TALK ME DOWNMer 28 Juin - 2:01

Oscar parvint à lui arracher un sourire rapidement dissimulé, le blond poursuivant lentement sa route comme s’il espérait que l’autre homme le rattrape ou ne le laisse tout simplement plus jamais partir. Au moins, Oscar avait été présent, il l’était toujours ; et Adam n’avait même pas besoin de le lui demander. En tout cas, pas explicitement, pas en suppliant. Les larmes n’avaient pas eu besoin de couler sur ses joues et il n’avait pas eu besoin de se vider de son sang pour qu’Oscar se rappelle qu’il existait bel et bien. Il avait été là, purement, simplement, si facilement qu’Adam avait failli flancher plus d’une fois, lui accordant ses bras, ses lèvres, et un peu de son temps. Les étreintes avaient été rares, mais pas moins fortes, pas moins précieuses aux yeux des deux hommes. Le trentenaire revoyait encore la silhouette du brun dans son salon, discutant avec Willow ou Chloe en attendant qu’Adam ait fini de se préparer, qu’il ait choisi la tenue parfaite pour qu’ils aillent faire un tour ou qu’ils s’accordent une après-midi au cinéma où Adam ferait encore la grimace en se rappelant qu’il n’avait définitivement pas le droit au pop-corn. Tant pis, cela lui avait donné une raison supplémentaire de rester contre Oscar, tout contre lui, sans que rien ne soit compliqué. Et puis leurs chemins s’étaient séparés quand Jesse était revenu, repeuplant la demeure d’autres discours, d’autres étreintes, d’autres baisers ; plus longs, plus passionnés, plus désespérés. Mais pas mieux, non, ce n’était décemment pas comparable.

Il suffisait d’un regard d’Oscar pour qu’Adam sente son coeur se pincer dans sa poitrine, et que sa main, un peu plus fébrile, un peu plus tremblante depuis son agression, cherche celle du brun. Mais pas ici, pas maintenant. Ils n’avaient plus le droit, ils ne pouvaient plus s’autoriser de gestes aussi simples et évidents. Et quelque part, Adam était presque ravi que le jeune homme ait bu suffisamment ce soir-là pour qu’il y ait une chance qu’il ne se souvienne pas de leur rencontre le lendemain matin, pour qu’il n’ait pas l’image des joues rosies d’Adam imprégnée sur ses rétines, pour qu’il ne se remémore pas le sourire sincère du barman, que tout ceci ne revienne pas le hanter une fois le jour venu. Adam, lui, n’avait pas cette excuse. Il n’était ni ivre, ni insouciant ; il était juste un peu perdu, égaré dans la ville comme dans la vie, son esprit s’imaginant ce que son quotidien pourrait devenir s’il choisissait de ne pas choisir. Jesse un soir, Oscar le lendemain. Qui avait décrété qu’il ne fallait qu’une personne ? Qu’une seule ? Il avait failli utiliser l’excuse du garde du corps pour toute réponse justement. Un détective à domicile, et un garde du corps personnel dans les rues de la ville, voilà qui pourrait aisément résoudre son problème et faire taire le dilemme. Pour ce qui était de la menace qui planait dans les rues de Fairhope, Adam en avait pleinement conscience, et il préféra lever les yeux au ciel plutôt que de tendre son avant-bras vers le jeune homme pour lui rappeler ce qu’il savait déjà, pour faire la démonstration de ce qu'il avait déjà vécu.

Une foulée de plus, quelques regards, et le bruit de leurs talons sur le bitume et les trottoirs de l’avenue. « Il en pense quoi, le copain ? » Son coeur se fendit quelque part dans sa poitrine. L’imaginer était une chose ; réaliser qu’Oscar était devenu inaccessible en était une autre. Prendre conscience que les fantasmes n’avaient rien de réels, rien de sains, et qu’ils ne feraient le bonheur de personne, n’était pas une tâche facile. Le coup d’épaule joueur d’Oscar le sortit de ses pensées, le forçant presque à croiser son regard à nouveau, ses joues le trahissant sans qu’il n’y puisse rien. Bavard ? Certainement ; mais il parlait généralement pour ne rien dire, pour parler de la pluie et du beau temps, pour partager des ragots qui n’en valaient pas franchement la peine, ou pour s’étaler sur ses passions pendant de longues et harassantes minutes. Ce soir-là, c’était complètement différent ; il avait peur d’en dire trop. De ne pas s’arrêter à temps, de laisser les aveux fuser sans même essayer de les retenir, de sentir sa langue chauffer et ses lèvres brûler des mots qu’il n’avait pas eu le temps de prononcer avant que Jesse ne revienne et qu’Oscar ne s’éclipse, happé par l’ombre du détective. « Pas grand chose de nouveau, juste… » À quoi bon être sincère ? Cela ne les mènerait nulle part. Ils avaient détruit leurs fondations avant même d’essayer de bâtir quelque chose de stable et de solide, il n’y avait plus rien à espérer de tout ce chantier. « Je crois que je vais vendre le bar. Ça ne marche plus très bien et puis… Trop de mauvais souvenirs. » Adam releva la tête, ralentissant la cadence de ses pas, réalisant soudainement ce qu’il venait de dire. « Enfin, pas seulement. De bons souvenirs quand même. Vraiment très bons. » Il ne pouvait pas affronter son regard, c’était au-dessus de ses forces. « Mais j’ai besoin de… De tourner la page je crois. » Et dans sa poitrine, un pincement qui le ralentit encore davantage.

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