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 we are the last people standing

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Sujet: we are the last people standingLun 24 Avr - 20:33

we are the last people standing
at the end of the night



dimanche 6 mars, 01:42 am

Il avait dit à Adam qu’il allait travailler tard et c’était la pure vérité. Jesse avait fermé la porte plus tôt en début de soirée, fatigué de voir ses collègues partir un par un, en lui jetant un regard qui voulait dire qu’il essayait pour rien et qu’il perdait concrètement son temps. Tobias était mort, la honte que pouvait ressentir le service de police allait vite passer et le monde continuerait de tourner. Non, ce n’était pas normal, pas pour Jesse et décidément pas pour le reste de son monde. Il avait tapé du poing en apprenant la nouvelle, déboulant dans le bureau d’Arthur et lui demandant ce qui s’était passé et qui était l’abruti qui n’avait pas su maitriser son arme de service. « Just when he was trusting me and he was about to tell me the truth… do you realize that one of our main leads in this whole fucking affair is dead. Dead. »

Mort, enterré, condamné à être coupable pour le reste de ses jours, parce qu’il ne rentrait pas dans le moule, parce qu’il n’était pas politiquement correct… parce qu’encore une fois, ils avaient tout simplement merdé et qu’une autre vie s’en allait. Là-bas de l’autre côté. Jesse considérait cette mort au même titre que les autres victimes, tant pis si ce n’était pas les mains du tueur qui avait ôté la vie de Tobias, il était dans la ligne de mire, une victime collatérale, alors c’était pareil. Absolument pareil. Jesse n’arrivait plus à réfléchir depuis des heures maintenant, il avait ressorti le rapport d’enquête qui avait été fait après la mort de Laurel, il avait relu ses propres notes, lui qui avait arrêté Tobias il y a des années en arrière. Lui aussi avait failli perdre son tempérament ce matin-là, les pieds dans le sable. Sauf qu’il avait baissé son arme, compris que c’était autre chose qu'il fallait pour le brun, compris que ce maigre corps qu’il agrippait de toutes ses forces était important, la chose la plus importante pour lui. Jesse faisait des mauvais rêves, il voyait tout éveillé, tout se mêlait...  Entre ce matin-là et la dernière soirée qu’il avait passé avec Tobias, où il était rentré bredouille et avait promis de repasser avec du café ou quelque chose de plus fort. Il se souvenait du regard de Tobias lors des deux occasions, toujours aussi perdu, toujours aussi désespéré, toujours aussi loin.

Jesse avait espéré, qu’une fois toute cette affaire finie et rangée qu’il pourrait lui trouver de l’aide. L’emmener dans un de ses hôpitaux spécialisés où sa vie aurait été rangée en case de petites minutes et où on aurait pu maitriser ses colères. Il lui aurait sûrement rendu visite, de temps en temps, lui aurait paré d’Adam et de Fairhope qui cicatrisait lentement. Sauf que tout ça ne se ferait pas et que c’était certainement ça qui irritait le plus Jesse. Il avait été impuissant encore une fois et le meurtrier avait plus d’une longueur d’avance. Ce silence… ça ne s’expliquait pas, cela lui donnait tout simplement la nausée, cela laissait plus de temps pour effacer les preuves ou pour préparer quelque chose d’encore plus macabre et frapper là où cela faisait vraiment mal. Ce qui dans les deux cas signifiait encore plus de dommages collatéraux. Jesse poussa un soupir et s’empara de son téléphone portable pour envoyer un message à Adam. Beaucoup de paperasse, je pense que je vais vraiment rentrer tard, ne m’attends pas, promis je serais là à ton réveil. Il ponctua son texte par un de ses smileys roses dont le blond raffolait tant et il s’empara de sa veste pour la passer sur ses épaules. La lumière fut rapidement éteinte dans son bureau et pour les quelques personnes encore présentes, Jesse rentrait tranquillement chez lui. Ni plus. Ni moins.

Pourtant ses pas le guidèrent bien loin de sa maison, Jesse avançant avec une détermination soudaine à présent. Pourquoi attendre ? L’enquête n’avançait vraiment pas, Tobias avait eu une réponse, tant pis si cela lui prendrait toute la nuit, il trouverait ce que le brun voulait lui montrer, ce que Laurel avait eu dans la main le soir de sa mort. Il trouverait seul s’il fallait. Le do not enter devant la demeure du brun ne le rebuta guère, de manière officielle, Jesse avait une vraie raison de se trouver là et il savait que dans quelques jours, plus rien ne protégerait la demeure du brun, c’était juste la procédure … Personne n’honorerait vraiment les Clyne, peut-être Ruby mais Jesse savait que la professeur de danse était plus en colère contre chose, et comment la blâmer ? Here’s goes nothing, se dit le détective en poussant la porte qui bien évidemment n’était pas fermée à clé. Jesse remarcha dans ses propres pas, faisant le même chemin que Tobias ce soir-là, se retrouvant devant la bibliothèque. « So what was it that you wanted me to see Tobias…  What was it ? »

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Sujet: Re: we are the last people standingJeu 4 Mai - 5:18

Les dernières semaines avaient été éprouvantes, mais certainement pas autant que ces derniers jours. La mort de Tobias avait plongé le commissariat dans un silence macabre. Peter se souvenait avoir pris son service le lendemain matin avec le sentiment étrange d’être rangé du mauvais côté alors qu’il revêtait pourtant son uniforme. Il revoyait encore très clairement les visages qui se tournaient vers le sien alors qu’il passait enfin entre la mare de bureaux éparpillés aux quatre coins d’une seule et même pièce, certains chuchotant sur son passage, le forçant presque à lever les yeux au ciel. Non, ce n’était pas lui qui avait appuyé sur la gâchette cette nuit-là, il avait à peine le droit de se servir d’une arme à feu pour le moment, contraint et forcé de passer d’autres tests avant d’y être autorisé. Que pouvait-il dire ? Il craignait les flingues et autres fusils en tout genre, et du moment qu’il fallait appuyer sur une gâchette ou changer des munitions, il était absolument perdu et angoissé à l’idée de se blesser ou de heurter un coéquipier. Alors il avait démenti les rumeurs le plus simplement du monde, conscient que personne ne le croirait jusqu’à ce que le colonel fasse irruption, encore épuisé de la veille puisque présent au moment des faits. Le blond n’avait jamais vu Arthur dans un tel état, la mine abattue, des cernes dessinant son épuisement sous son regard décidément plus dur que d’ordinaire. Le cinquantenaire leur avait raconté ce qui s’était produit dans le moindre détail ; la façon dont Tobias avait été découvert, la panique de l’officier face à un homme imposant seulement muni d’une pelle, et l’erreur impardonnable. Le colonel les avait tous mis en garde ce jour-là. Il leur avait dit que le Poète avait obtenu le chaos, comme il l’avait souhaité depuis le début ; que tout allait s’accélérer et qu’il faudrait être prêt.

Prêt pour quoi ?

Peter avait préféré ne pas répondre à cette question, passant la soirée suivante avec Willow, leurs deux âmes déchirées se retrouvant au commissariat pour un tête à tête autour de l’enquête qui continuait de défrayer, d'effrayer la chronique. Ils s’étaient retrouvés, et même si cela avait été furtif, Peter y avait presque repris goût. Il ne lui avait fallu que quelques minutes en sa compagnie pour que son coeur flanche à nouveau, et sa peau avait tellement manqué à la sienne qu’il n’avait pas su résister. Rien n’avait plus de sens de toute façon. Ils ne savaient pas contre quoi ils se battaient, mais ils devaient continuer à redoubler d’effort, s’épuisant à la tâche comme leur bourreau le souhaitait justement. Ils allaient tous se rendre fous, et bientôt, quand les citoyens ne pourraient plus supporter autant d’horreur, ils seraient les prochains à tirer dans la foule. C’était inévitable en vérité. Ils couraient à leur perte, et dans peu de temps, le Poète pourrait s’éclipser silencieusement sans que personne ne le remarque, son oeuvre happée par la guerre civile qui allait bientôt exploser. Ce ne serait plus des graviers que les habitants jetteraient sur leurs voitures de fonction, plus de simples insultes qu’ils confieraient au vent en espérant que celles-ci pourraient atteindre les forces de police, et il faudrait être prêt à riposter. Ou se ranger du bon côté, pour une fois. Peter ne savait pas, et il avait décidé d’oublier toutes ces histoires dans les bras de Willow, juste une fois de plus.

Et puis une autre journée passa.

Une autre, qui lui avait valu un sentiment de culpabilité et un goût amer sur le bout de sa langue. Il avait beau chercher Willow du regard, elle ne le cherchait pas en retour. Pas de phare, et la mer se déchainait autour de lui. Elle l’avait fait dériver jusque dans le bureau d’Arthur qui avait insisté pour le voir, lui faisant part de ses plans le plus clairement du monde, sans aucun détour, sans se soucier de son avis. Lui offrant un aller simple pour l’abattoir. « Il faudrait que vous retourniez sur d’anciennes scènes de crime, que vous vous imprégniez des espaces dans lequel le Poète a évolué. Étudiez tout ce que vous trouvez. Mettez-vous à sa place, vous allez devoir penser comme lui. » Les mots lui avaient fait peur, et Peter aurait aimé avoir la force de remuer la tête de droite et de gauche pour s’extirper de ce guet-apens, mais sa seule raison de le faire l’avait ignoré toute la matinée alors à quoi bon essayer de lutter. S’il avait un seul rôle à jouer, c’était celui-là. Il ne partirait pas en héros, mais il serait au moins utile. Pour une fois. Il s’était contenté d’acquiescer, buvant les paroles du colonel avec le plus grand intérêt, n’émettant aucune objection quand ce dernier jugea bon de l’envoyer faire un tour dans la demeure de Tobias le plus rapidement possible.

Et il s’était retrouvé là une fois la nuit tombée pour éviter les regards inquisiteurs des témoins, sans savoir ce qu’il cherchait, sans savoir ce qu’il allait trouver. Arthur avait simplement eu de bonne raison de croire qu’il y avait une nouvelle piste à exploiter entre les quatre murs que le Clyne avait habité, et il ne fallait pas perdre un instant avant que les preuves ne disparaissent. Son coeur s’accéléra quand il comprit qu’il n’était pas tout seul. « Jesse ? » Est-ce qu’Arthur l’avait envoyé lui aussi ? Est-ce que le colonel bougeait ses pions à leur insu ? Sa lampe torche braquée sur Jesse, il la pointa vers son torse pour ne pas l’éblouir. « Si tu ne m’as pas vu, je ne t’ai pas vu non plus. » Peu importait leurs motivations respectives. Ils partageraient au moins leur silence.

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Sujet: Re: we are the last people standingJeu 11 Mai - 20:30

Personne ne viendrait les réveiller. Jamais aucune main rassurante ne viendrait se poser sur leurs épaules pour les extirper de leur cauchemar. Aucun d'entre eux n'ouvrirait jamais de grands yeux humides et apeurés, le regard anxieux furetant rapidement à travers la pièce devenue étrangère, jusqu'à ce qu'un sourire chasse les ombres. «It was just a bad dream», ne dirait aucune voix, tranquille et douce, dissipant l'obscurité avec des intonations chaleureuses. Aucune main ne viendrait toucher leurs fronts, chassant la sueur, la boue et le sang comme s'ils n'avaient jamais été là. Non, ils resteraient dans leurs mauvais rêves, prisonniers de leur monde infernal. Contraints de tourbillonner dans un ouragan infini, malmenés et ballottés par des rafales toujours plus violentes. Toujours plus insensées. Tobias avait réussi à s'échapper. Même s'il ne s'était pas réveillé trempé d'une sueur glacée, des larmes séchées sur les joues et un cri étranglé dans la gorge, il s'était échappé. Le monde l'avait vomi, incapable de le mâcher et de le digérer sans s'y casser les dents. Alors il lui avait perforé le crâne, le laissant tomber avec ironie dans le cimetière, où l'on viendrait bientôt le cacher pour pouvoir l'oublier. En apprenant la nouvelle, Willow n'avait même pas eu besoin de se concentrer pour sentir l'âcreté lui remonter dans la gorge, une douleur nouvelle trouvant sa place au fond de son ventre. Ni la tristesse ni la colère n'avaient remué ses entrailles, c'était bel et bien l'impuissance qui avait creusé un trou dans ses viscères. A l'instar de tout le commissariat, elle avait entendu le discours d'Arthur, mais elle n'avait pas levé les yeux. Ses paupières alourdies par la honte refusaient d'obéir, refusaient de se relever et de contempler le monde qu'ils avaient créé eux-mêmes, leur incapacité suintant à travers les dossiers qu'ils empilaient soigneusement, classifiant, rédigeant, analysant sans s'autoriser à penser aux cadavres qui s'empilaient dans la fosse commune, l'odeur putride de la décomposition et de l'échec se renouvelant à chaque fois, revenant par vagues à chaque nouvelle victime, relents pestilentiels de ce qu'ils n'avaient pas su faire.

Elle-même n'avait pas su pleurer. Elle n'avait plus de larmes à offrir, Fairhope l'avait asséchée, il ne lui restait que la bile. Au commissariat, face aux miroirs peu usités des toilettes pour femmes, elle avait rendu à la ville ce que cette dernière lui avait fait avaler. La suie et les cendres et l'amertume, la peur et l'angoisse qui s'étaient installés partout, les tressaillements et les frémissements, les sursauts et la méfiance qui avaient coûté la vie d'un homme. Le nom du coupable ne changeait rien, c'était leur faute à tous. Elle avait traversé la journée tel un fantôme, pâle et hagarde, errant d'une tâche à l'autre, d'une tache à l'autre, respectant religieusement le silence qui s'était imposé au commissariat. On ne courait pas en tous sens. On ne cherchait pas d'indices, il n'y avait personne à sauver. Des papiers à remplir, et une boîte en terre, voilà à quoi se résumait à présent la vie de Tobias Clyne. Willow aurait voulu s'insurger, remuer ciel et terre contre ce Poète qui avait détruit un édifice de plus, abattant la ville à coups de corps, d'accusations et de menace latente. Elle aurait voulu frapper des poings et remuer le commissariat qui moisissait dans sa vase, mais elle n'avait pas trouvé l'énergie, ni les mots. Alors elle aussi s'était étouffée dans son silence.

Puis elle avait repris vie, les mots s'étaient ranimés sur sa bouche alors qu'elle et Peter s'étaient retrouvés seuls dans les locaux, refusant de se rendre, refusant de croire qu'il n'y avait rien d'autre. C'était l'autre qu'ils avaient retrouvé un instant, le chaos excusant leurs corps alors qu'ils se manquaient de plus près. Il y avait eu des rires, et elle avait oublié de se sentir coupable, elle avait oublié qu'il y avait un monde au-delà des portes et des murs où ils s'étaient isolés. Un arrière-goût de ce qu'ils avaient été, de ce qu'ils auraient pu être, et elle était retombée dedans si facilement. La brune s'était jetée dans ses bras, s'était jetée dans l'avant qui lui manquait chaque jour, qui lui embrasait la peau lorsqu'il passait trop près, qui lui brûlait les lèvres lorsqu'il lui parlait. La faute au chaos qui régnait au-dehors, la faute à la folie qui couvait au-dedans. Alors seulement, perdue dans un nuage de Peter, avait-elle réalisé à quel point il lui manquait. La douleur constante qui la consumait, se faisant plus discrète, se cachant à l'arrière de sa tête, celle qui avalait ses sourires parfois, qui perdait son regard dans le vide, qui brûlait brûlait brûlait à l'infini, enfin apaisée, pansée par son rire et ses lèvres et ses mains et son lui.

Le soleil avait chassé la nuit, et le monde avait décidé de reprendre sens. Elle avait fui. S'arrachant à son regard, évitant sa présence, elle s'était cachée dans le déni, refusant de le regarder. La brune se répétait en boucle ses mensonges, ses erreurs et les coups. Et puis Tobias était revenu se perdre dans sa tête, sans doute plus surpris qu'elle de se trouver là. Le corps mis en terre, il avait refusé de quitter son esprit, s'attardant dans les recoins, attendant qu'elle revienne lorsqu'elle s'affairait à autre chose. Il ne demandait rien, il se contentait de la regarder. What do you want? avait-elle crié à l'apparition silencieuse. Aucune réponse ne vint, aucune flamme pour éclairer sa lanterne, et elle avait fini par aller se perdre devant chez lui. La voiture garée, elle n'avait su que faire, contemplant la bâtisse que plus aucune carcasse n'habitait avec perplexité. Elle ne cherchait rien mais imaginait l'homme qui avait habité ces murs, qui avait allumé les lumières et tourné ses clés dans la porte.

La silhouette de Peter qui venait d'arriver ne faisait définitivement pas partie du paysage qu'elle s'était attendue à trouver. Elle l'avait regardé entrer sans scrupule, pénétrant aisément et sous couvert de la nuit dans la demeure d'un mort. Son devoir prit le pas sur l’irrépressible envie qu'elle eut de démarrer et de partir, fermant les yeux sur ce qu'elle venait de voir pour s'éviter une confrontation, et elle se dirigea elle aussi vers l'entrée. A son tour, la jeune femme poussa la porte et fit quelques pas à l'intérieur, pas encore vraiment sûre de l'attitude qu'il lui fallait adopter. «Peter?» appela-t-elle doucement. Mal équipée, elle n'avait que la lampe torche de son téléphone pour éclairer son chemin, mais ce fut suffisant pour trouver l'intrus. «Peter, what are you doi-» Ou plutôt les intrus. «Jesse?» Son regard passa de l'un à l'autre. «What is going on here?» Willow eut la vive sensation qu'elle venait de mettre le pied dans quelque chose qui la dépassait. «We shouldn't be here, what are you doing?»
«What is going on?»
 
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Sujet: Re: we are the last people standingVen 26 Mai - 16:57

Il faisait beaucoup trop sombre. Et Jesse savait que ce n’était pas seulement l’obscurité ou son esprit qui lui jouait des tours. C’était autre chose, autre chose qui s’était abattu dans ces lieux et qui était venu jeter un froid sur toute la propriété, autre chose qui faisait qu’il était en permanence alerte et qu’il était incapable de calmer le tambour qu’était devenu son coeur. Il aurait voulu voir la demeure du temps où Tobias et Laurel y avaient posé leur première valise, les espoirs qu’ils avaient nourri et la vie qu’ils avaient eu ici. Loin des yeux de tous, loin du jugement et de la morale, loin de tout. Jesse était bien incapable de les juger, incapable de leur jeter la première pierre, il savait que le monde était complètement fou, suffisamment pour priver les gens de tout et qu’il fallait absolument s’accrocher à ce qu'il y avait de meilleur ou juste de décent. C’était précisément ce que Tobias et Laurel avaient fait, sans penser au reste, sans se dire qu’il y avait une autre alternative, autre chose qui pouvait leur apporter un substitut de bonheur. Mais pourquoi accepter l’autre solution quand on avait la bonne ? Parce que c’était mal ? Parce que ça ne se faisait tout simplement pas ? Foutaises, ils avaient trouvé leur liberté entre ces murs là et ça, personne, pas même la mort en personne, ne pouvait leur prendre, Jesse le savait.

Tout comme il savait qu’il était au bon endroit et qu’il devait fouiller, pendant les quelques heures où sa raison lui permettait de réfléchir. Le Poète avait peut-être foulé ses mêmes lieux, peut-être qu’il avait fixé la même commode avant de se diriger vers la chambre de l’adolescente qui avait été trop seule et trop faible pour se défendre. Et pourtant, à sa façon, Laurel avait changé la donne, c’était sur sa chair qu’avait été gravé les premiers mots, le fruit d’une colère nouvelle, d’une colère profonde. Et Jesse ne pouvait pas s’empêcher de s’interroger, pourquoi punir la jeune Clyne à ce point-là ? Avait-elle reconnue son agresseur ? L’avait-elle regardé droit dans les yeux, avait su qu’elle allait mourir et avait trouvé un moyen de laisser un dernier message pour Tobias et rien que pour Tobias. Une sorte de code secret, de murmure trop faible et qui n’était destiné qu’à son grand frère ? Ça aurait été trop beau pour être vrai mais ça ne voulait pas dire que Jesse n’allait pas essayer et essayer vraiment cette fois-ci. Il pouvait encore sentir la présence de Tobias et le voir s’acharner contre les livres de la bibliothèque et le métis se retrouva à faire pareil, presque pour rappeler le grand brun à lui, quand il entendit son prénom.

Le brun fronça les sourcils face à la lumière et il se maudit un instant de ne pas avoir pensé à allumer sa propre lampe, mais son expression se durcit davantage quand il reconnut Peter. « Of course…. » Jesse ne savait pas vraiment à quoi s’attendre de la part de l’ancien journaliste… ou si exactement ce genre de comportement, irréfléchi et stupide. Pourtant Jesse était là, à fixer Peter et à souhaiter que le grand blond soit loin. Jesse avait du mal à réfléchir correctement quand il était dans les parages et pourtant il devrait faire avec. Avec Peter et Willow visiblement. « Are you guys for real ? » lança Jesse, à voix basse mais avec un ton légèrement agacé. Il inspira profondément, bien conscient de perdre du temps et l’élément de discrétion. Peu importe, ils étaient là pour les mêmes raisons. Et ce n’était pas comme si Jesse, il y a quelques semaines de cela,  souhaitait former une vraie équipe avec les deux personnes en face de lui. Il roula des yeux et alluma sa propre lampe torche la faisant passer de Peter à Willow. « Look… none of us should be here, but we obviously had the same idea. I’m just here because Tobias tried to tell me something before he was shot, so before this place is not part of the case, I just thought I snooped around. » Le très nouveau détective avait conscience de risquer gros mais à en juger par son ton, il n’en avait plus rien à faire. Seule la vérité importait après tout et s’il devait retourner tous les grains de poussière de cette demeure, il le ferait. « And we all had the same idea, because we are the only ones with the brains in the entire department. » Un compliment ? Absolument pas. Jesse en avait marre d’être paumé justement et plus que jamais, il voulait des réponses.

« I have no idea what to look for and we have to be gone before 6 am… that’s when they start sending the squad to check everything out. » Qu’ils ne lui demandent pas comment il savait cela, à dire vrai, Jesse aurait été content que Willow et Peter l’ignore pendant les prochaines heures qui allaient suivre.« So yeah… questions ? I don’t think so. » Conclut le métis, les dépassant tous les deux pour se diriger vers la chambre à coucher de Tobias. Cela lui semblait être un bon endroit pour commencer sa fouille intensive.

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Sujet: Re: we are the last people standingVen 9 Juin - 19:22

Jesse avait tort ; ce n’était pas Peter qui avait soudainement eu l’idée de venir hanter la demeure du défunt pour voir ce qu’il pourrait trouver ici. Il n’agissait plus vraiment de manière réfléchie de toute manière, suivant les ordres de son supérieur direct, qu’il savait en passe de devenir encore plus inaccessible au sein du commissariat. Le blond n’était pas au courant de tout, mais il y avait bien certains bruits de couloir, et Peter était tout de même suffisamment intelligent pour comprendre que sa nouvelle mission avait tout à voir avec les nombreux changements qui allaient bientôt avoir lieu au sein du poste de police de Fairhope. Comme si quelqu’un était plus qualifié qu’un autre pour arrêter le fou qui leur pourrissait la vie depuis des années. À bien y regarder, sans Poète, le blond ne serait jamais devenu le journaliste qu’il avait été jusqu’ici, se serait contenté de se noyer dans l’alcool et chercherait sans doute à changer de carrière en s’installant avec Willow dans une maison à échelle humaine, à l’opposée de la villa dont il s’était récemment séparé. Willow, dont le regard lui était insoutenable depuis qu’il s’y était dangereusement replongé quelques nuits en arrière. Interdit face à son arrivée, il fut presque ravi d’entendre la voix de Jesse rompre leur silence, ayant un bon prétexte pour tourner la tête et ainsi faire comme si elle n’était pas là, trop gêné de sa présence, incapable de tirer des conclusions des récents évènements.

D’une oreille distraite, il avait donc écouté Jesse sans même répondre quoi que ce soit, habitué à recevoir des ordres dans le vide, sachant exactement où était sa place et ce qu’il était venu faire ici. Il le laissa partir, ce dernier grimpant à l’étage pour aller fouiller dans la chambre de Tobias comme il l’avait justement annoncé, forçant finalement Peter à se tourner vers la jeune femme, sa lampe torche dirigée vers le sol pour ne pas l’éblouir non plus. Peut-être pourraient-ils faire équipe, travailler ensemble comme il l’avait fait juste après la mort de Tobias et ainsi retrouver leur complicité ? Non, ils avaient déjà essayé de faire une telle chose, et Peter s’était retrouvé à aller farfouiller dans les enregistrements des caméras de surveillance du commissariat le lendemain matin pour effacer toute preuve de leur fameuse complicité. L’officier resta immobile durant une poignée de secondes, se décidant enfin à parler après avoir réussi à retrouver l’usage de ses membres et s’être éclairci la gorge. « I don’t know what I’m doing here, I just… You know… In case we missed something. » Il ne savait pas pour quelle raison il avait ressenti le besoin de se justifier ; certainement pour la rassurer, pour lui faire comprendre qu’il avait bel et bien changé, qu’il n’était plus l’homme qui avait esquinté un inconnu avant de le laisser pour mort afin d’en apprendre davantage sur l’affaire. Mais s’il s’attardait vraiment dans ce salon, elle allait voir la lueur dans son regard, celle qui manquait de le trahir à chaque fois qu’il se trouvait en sa présence. Willow verrait qu’autre chose était en train de se tramer. Elle verrait que Peter en savait davantage, qu’il pouvait déjà prédire ce qui allait arriver dans les semaines ou les mois à venir…

Ne préférant pas s’attarder, le blond prit ses jambes à son cou, disparaissant à son tour en la regardant à peine, quittant la pièce en se contentant d’une dernière réplique sans intérêt qui venait simplement combler le silence angoissant qui s’emparait d’eux. « You heard what Jesse said, we don’t have all night anyway so… » Montant les escaliers quatre à quatre, il se dirigea vers la chambre de Laurel, là où le corps avait justement été trouvé, espérant de tout coeur que Tobias avait eu la force de faire place nette dans la chambre après le meurtre de sa soeur. Il était courant de garder les lieux tels qu’ils avaient été trouvés afin de préserver la mémoire du défunt, mais à en juger par les photos qu’il avait consulté avant d’arriver ici, les draps avaient été suffisamment imprégné du sang de la victime pour que les odeurs soient à la hauteur du souvenir de la jeune femme. Prenant une grande inspiration, il vérifia rapidement dans ses poches s’il n’avait pas eu la brillante idée de s’armer d’un paquet de chewing-gum mentholés ou d’un peu de pommade au parfum particulièrement prononcé, histoire de survivre à ce qu’il pourrait potentiellement trouver. Mais rien. Il ne lui restait plus qu’à prendre son courage à deux mains et à entrer, la porte grinçant légèrement, sa lampe torche balayant rapidement les environs avant de laisser retomber ses épaules face à la propreté des lieux. Il pouvait respirer. Il s’agissait maintenant de ne pas faire passer l’éclat de sa lampe torche à hauteur de la fenêtre, sans quoi il risquait d’alerter le voisinage de sa présence. Il faudrait donc rester le plus discret mais le plus efficace possible.

Le bureau. Voilà qui semblait être la piste la plus évidente, et un bon point de départ. Ouvrant les tiroirs, il commença à fouiller, sortant livres et cahiers, décortiquant chaque écrit de la jeune fille, analysant les courbes de ses lettres comme s'il était expert ou qu'il y connaissait quelque chose, balayant une page après une autre à la recherche d’un fragment d’information susceptible de tout faire basculer, ou de l’aider à comprendre comment le Poète choisissait ses victimes. Il fallait bien qu’il en profite pour se mettre dans l’état d’esprit du tueur, comme Arthur le lui avait suggéré. Didn’t Tobias talk about her diary or something ? Il avait le souvenir d’avoir entendu parler d’un tel objet. Trainait-il encore aux archives du commissariat où Tobias l'avait-il récupéré avant de passer l'arme à gauche ? Il avait encore quelques heures pour s’en assurer.

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Sujet: Re: we are the last people standingDim 2 Juil - 10:51

Face à elle, deux des trois hommes les plus importants de sa vie. Tout serait véritablement perdu le jour où ce serait le troisième, Adam, qu'elle surprendrait à fureter dans les couloirs d'une maison hantée. Parce qu'elle l'était, hantée. Les deux fantômes étaient là, derrière leurs épaules, dans les murs. Ils épiaient leurs mouvements et suivaient leur passage, sourcils froncés d'être dérangés dans leur havre de paix. Et par qui ? La belle équipe, les trois mousquetaires, alliés contre un ennemi commun alors qu'ils ne pouvaient même pas se regarder dans les yeux. C'était risible, vraiment, comme ils se retrouvaient là, par hasard, chacun pris dans le faisceau d'une torche, dans les phares d'une voiture qui roulait trop vite pour être évitée. Ils seraient bientôt fauchés, tous les trois, enfin achevés. Willow ne savait pas s'ils tomberaient tous en même temps, ou si l'un entraînerait les autres, mais la chute semblait inévitable, et imminente. Il n'y avait qu'à les regarder, unis dans le crime quand ils avaient juré de le combattre, trois êtres aux destins qui semblaient inextricablement liés, qui se retrouvaient malgré tous leurs efforts pour s'éviter. Et quand tout ça serait fini, qu'adviendrait-il d'eux?

Willow voulut protester. S'exclure de leurs complots et de leurs machinations en expliquant qu'elle n'avait jamais eu l'intention d'entrer, qu'elle s'était simplement trouvée là, et que le comportement suspect de Peter l'avait alertée. Qu'elle avait simplement eu pour but de le surprendre et de découvrir ce qui se tramait, mais que visiblement fouiller illégalement la maison de victimes était plus répandu qu'elle ne le croyait, et qu'elle allait alors leur souhaiter bonne chance et s'en retourner d'où elle venait en prétendant très fort qu'elle n'était au courant de rien. C'était là, sur le bout de sa langue. C'était plausible, parce que c'était la vérité. Elle avait suffisamment de raisons de se méfier des actions de Peter, vu que grâce à Jesse, elle savait ce qu'il était capable de faire à autrui. Quant à sa propre présence ici, elle-même n'était pas certaine d'en connaître les raisons. Elle avait juste voulu contempler les fenêtres et imaginer des silhouettes s'y mouvoir, elle avait juste voulu se demander comment ils avaient vécu et tenter d'imaginer à quoi ressemblait l'intérieur. Là. Elle s'était demandé à quoi ressemblaient les murs et les couloirs où avait vécu Tobias, gravitant sans cesse autour de la chambre où sa sœur était morte. Si elle et John avaient partagé un appartement et un loyer, elle n'aurait jamais pu continuer d'arpenter les pièces où il était passé. Alors oui, elle s'était demandé si la maison sentait encore la jeune femme, si son empreinte était restée imprimée sur tous les murs, si sa souffrance résonnait dans les pièces vides, s'il y avait quelque chose d'autre qu'ils avaient raté comme ils avaient raté tout le reste. C'était ça qui avait arrêté les mots alors qu'elle s'apprêtait à les dire, à se retirer et à les laisser à leurs investigations. Il pouvait y avoir quelque chose.

Son silence venait de la condamner. Déjà Jesse les avait laissés. Quelques instants douloureux plus tard, Peter avait pris le même chemin, et elle était seule. «I guess I'll look downstairs, then,» lança-t-elle à personne, un rien agacée. Elle était à la fois soulagée, parce qu'elle avait prévu de rester aussi éloignée de Peter que possible pour que leur aparté d'il y a quelques nuits ne se reproduise pas, et pour enfin réussir à se détacher de l'emprise qu'il avait toujours sur elle ; mais en même temps le silence qui retomba dans la maison vide lui fit courir un frisson le long de la colonne vertébrale. Elle aurait presque voulu rejoindre Jesse et chercher avec lui, s'épargnant ainsi la solitude. Presque. Mais c'était stupide, et c'était faible, et c'était précisément ce que Willow refusait d'être. Elle ne courait plus se réfugier dans les bras de qui que ce soit, elle n'avait plus besoin des autres pour prendre ses propres décisions, et elle ne se cachait plus derrière personne. Non, elle était plus forte que ça. Alors armée de son téléphone pour seule source de lumière, elle laissa les autres s'égarer à l'étage, et évita résolument de les suivre. La brune se dirigea par conséquent plus en profondeur dans les entrailles des Clyne, pestant après ses deux complices de l'avoir attirée à l'intérieur avant de l'y abandonner.  

Willow arriva finalement dans ce qui s'apparentait au salon. L'endroit d'une maison qui était d'ordinaire le plus animé, le plus vivant, où l'on se retrouvait en rentrant du travail, de l'école, où l'on contait sa journée et où l'on pouvait s'affaler sur le canapé ou sur l'un des fauteuils dont elle n'apercevait que les contours dans l'obscurité. Tout était mort à présent. La jeune femme s'avança à l'intérieur de la pièce et commença à chercher, sans savoir exactement comment s'y prendre. Si seulement ils avaient la moindre idée de ce qu'ils pouvaient bien espérer trouver. Alors elle étudia les livres qui se trouvaient sur les bibliothèques, se demandant si trouver le bon lui permettrait d'accéder à une pièce secrète, s'il y avait un message caché laissé par le tueur, laissé par Laurel, laissé par Tobias, quelques lettres gravées quelque part, un stylo oublié, elle n'en savait rien. Puis elle ouvrit la commode, en sonda le contenu, faisant attention de ne pas laisser d'empreintes en utilisant ses manches. Elle tenta de rester à l'écart des fenêtres, des fois que d'autres aient eu la même idée qu'eux. Elle refusait de perdre son emploi en se faisant surprendre ici. Pas quand elle était plus impliquée dans l'enquête qu'elle ne l'avait jamais été.
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Sujet: Re: we are the last people standingJeu 13 Juil - 23:51

Pas de doute, Jesse aurait préféré être seul. Certes, Willow et Peter étaient les deux personnes qu’il aurait souhaité avoir un jour avoir dans son équipe. Mais pas comme ça, pas dans des circonstances telles que celles-ci. Pas quand ils étaient en train de remuer le contenu de la vie de Tobias. De sa tombe dans un sens. Une pensée qui ne rassurait en rien le très nouveau détective, qui la rangea rapidement dans un coin de sa tête.

Seul. Seul avec ses pensées et surtout il aurait préféré être seul avec sa culpabilité, le fait qu’il aurait pu éviter tout cela, si seulement il avait eu plus de jugeote et qu’il avait essayé de faire quelque chose, pousser Tobias à faire plus de confessions au moment où il était encore en vie. Jesse ne savait pas pourquoi cette mort-là le dérangeait particulièrement, ils n’avaient jamais été proches, ou alors il l’était, depuis cette matinée sur la plage où Jesse l’avait forcé à poser le corps encore chaud et à la fois froid de Laurel, là, parmi les grains de sable. Peut-être qu’ils étaient proches depuis cet instant-là, depuis que leurs regards s’étaient croisés et que Jesse avait compris, d’un simple regard, que ce n’était pas lui le meurtrier. Que ça ne pouvait pas être lui. Laurel avait été ce qu’il avait de plus précieux, alors pourquoi, pourquoi la faire partir si tôt et surtout pourquoi rester en vie une fois qu’elle s’était éteinte ? Ça ne faisait tout simplement pas de sens et ça, Jesse l’avait répété à maintes reprises pendant le procès de Tobias. Il avait même pris sur lui et avait rendu visite à Tobias, dans sa maigre cellule, l’informant que oui, Laurel avait bien été mise en terre et que oui, ainsi, plus personne ne pourrait lui faire du mal. Pourquoi avait-il fait cet effort ? Jesse ne savait pas, ou alors il savait depuis le début que quelque chose d’inhabituel s’était déroulé cette nuit-là.

Quelque chose que leur petit meurtrier n’avait pas prévu et qui l’avait déstabilisé au point de commettre une erreur. Peut-être … Jesse espérait vraiment que c’était le cas et qu’il pourrait commencer à lever une partie du mystère ce soir. C’était bien pour ça qu’il se dirigeait vers la chambre de Tobias, ayant l’impression que chacun de ses pas grinçait, qu’il y avait bel et bien quelqu’un derrière son épaule. Une ombre, un brin de folie, ce qui avait habité Tobias de son vivant et qui avait quitté son enveloppe charnelle une fois que le brun était mort, ce qui n’avait pas pu le suivre dans l’au-delà… Ou alors Jesse divaguait vraiment et il devait se dépêcher et arrêter de perdre du temps. Il poussa la porte de la chambre de Tobias en déglutissant lourdement. Il n’avait pas vraiment réfléchi à la marche à suivre, ce qu'il faisait ce soir n’avait absolument rien de légal. Risquer son poste ne le dérangeait pas, ce n’était pas comme s’il avait vraiment voulu un jour grimper les rangs de la police, c’était tout simplement arrivé, il devait le faire, il était incapable de se tourner les pouces. Il eut une maigre pensée pour Millie qui lui aurait très certainement dit qu’il ne pouvait pas sauver tout le monde si elle était là. Pensée qui partit bien vite quand Jesse posa un pied dans cette chambre.

Par où commencer ?



Cette maison avait bien des secrets à leur révéler, et se dit Jesse en poussant la porte de la chambre de Laurel… il était temps de remonter à la source, une bonne fois pour toute.

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Sujet: Re: we are the last people standingMar 25 Juil - 21:46

Il ne savait pas par où commencer, trop perdu dans ce qui allait se passer ensuite, dans les propos qu’Arthur lui avait tenu quelques heures ou quelques jours auparavant. Les nouveaux corps qui ne seraient plus vraiment là par hasard, abandonnés pour mieux prendre le tueur à son propre jeu. Le provoquer. Rien n’était clair et Arthur avait sûrement fait exprès de rester le plus vague possible pour s’assurer qu’il pouvait faire confiance à Peter, pour voir si l’information reviendrait finalement à ses oreilles par le biais d’une tierce personne, mais le blond avait décidé de sceller ses lèvres, laissant son regard trainer sur les dossiers et les preuves conservées aux archives du commissariat. S’imprégner du monde qui l’entourait pour mieux comprendre, mieux marcher dans les pas du Poète afin de prédire ce que serait la suite, afin de mettre en scène la prochaine découverte macabre que les autorités feraient dans une demeure de Fairhope, si ce n’était pas sur la place publique. Est-ce que Peter avait peur ? Sans doute. Il essayait de se convaincre du contraire, le coeur tambourinant dans sa poitrine à en perdre haleine, persuadé qu’il avait fait les bons choix et qu’il se trouvait maintenant du bon côté de la barrière. Il pénétrait toujours les maisons endormies de ses voisins ou de potentiels suspects, mais cette fois-ci il y était autorisé, pour ne pas dire que c’était même le gouvernement qui l’y obligeait. Ce n’était pas tant l’idée de suivre l’exemple d’un fou qui l’effrayait, c’était plutôt l’idée que Willow ne pourrait plus supporter ses bras si toutefois elle apprenait ce qui se tramait dans son dos, sous les yeux de tous leurs collègues qui n’y voyaient que du feu. Il n'existerait même plus dans le regard de la brune, ne goûterait plus à ses lèvres, n’apprécierait jamais plus la tiédeur de sa peau contre la sienne. Peut-être que c’était ça, dans le fond, qui le terrorisait ; perdre la seule personne qui lui restait, qui lui donnait une bonne raison de se tenir encore debout.

Se redressant, un soupir lui échappant, Peter passa le revers de sa main sur son front qu’il jugea bien trop chaud comparé à la température des lieux, les soirées de mars n’étant pas réputées pour être aussi brûlantes. Il craignait probablement de ne rien trouver ici, entre ces murs. Après tout, les forces de police avaient déjà fouiller la maison de Tobias à de nombreuses occasions, avant et pendant l’incarcération du défunt suspect ; ses nouveaux collègues avaient certainement été suffisamment intelligents pour récupérer tout ce qui avait de l’importance, ou pour souiller tous les autres indices qui avaient pu traîner là. Peter avait beau ouvrir chaque tiroir, fouiller dans les rares livres qu’il pouvait trouver dans le bureau de Tobias, feuilleter les pages de chaque classeur, il ne trouvait rien. Que des factures, des papiers sans importance qui prouvaient que le pauvre Clyne avait trouvé le moyen de gérer sa fortune avant de mourir, certainement plus à l’aise avec les chiffres qu’avec le reste du monde. Qui allait bien pouvoir hériter de tout ça ? Peter avait lu quelque part que Tobias avait encore de la famille, sans doute une mère, un père qui devaient le chercher depuis de nombreuses années et qui avaient fait le choix de ne pas se manifester en voyant le visage de leur progéniture apparaitre sur leur écran de télévision, alors qu’ils étaient tranquillement en train de souper à l’autre bout du pays. Repliant une facture d’électricité des plus banales, Peter soupira, se demandant si ses propres parents auraient eu la même réaction s’ils avaient été mis au courant des crimes que leur unique fils s’apprêtait à commettre, si seulement ils avaient encore été de ce monde.

Clairement, le blond ne cherchait pas au bon endroit. Ouvrant le dernier tiroir, il ne s’attendait pas franchement à une révélation cachée. Des stylos en vrac ou quelques feutres, mais après tout, si c’était la seule chose qui reliait Tobias au Poète, alors ils avaient bel et bien abattu un innocent cette nuit-là… Non, vraiment, il n’y avait rien ici, strictement rien, et Peter s’apprêtait à tourner les talons quand son regard se posa sur un cadre qui trônait sur une étagère du bureau où l’ordinateur commençait déjà à prendre la poussière. Une jeune Laurel semblait lui sourire de l’au-delà, son regard ambré se plongeant dans celui de Peter avec tant de force qu’il avait l’impression qu’elle était encore là, assise dans un coin de la pièce, l’observant pour s’assurer qu’il ne viendrait pas à manquer les secrets que son grand frère avait pourtant laissé derrière lui. Jetant un rapide coup d’oeil par-dessus son épaule, balayant la pièce à l’aide de sa lampe torche, il prit soin de se rassurer. Il était seul. Et si toutefois le souvenir de Laurel hantait cette pièce, elle se voulait bienveillante. Reportant à nouveau son attention sur le cadre, il se demandait ce que Laurel était en train de dire ou faire sur ce cliché, pourquoi Tobias avait voulu immortaliser ce moment plutôt qu’un autre, les longs cheveux bruns de la jeune femme visiblement trempés et son regard éclairé d’une maigre lueur d’espoir. Juste une perle pourpre. Aussi rare qu’un bijou, un joyau que le Poète aurait voulu porter autour de son cou ?



Il avait besoin de s’asseoir.

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Sujet: Re: we are the last people standingMer 6 Sep - 15:08

Ses livres et ses entraînements ne l'avaient pas préparée au travail qu'elle exerçait tous les jours. On lui avait inculqué des protocoles, on lui avait appris à remplir de la paperasse, on lui avait même appris à se servir d'une arme à feu, mais rien ne l'avait préparée à effectuer la fouille illégale du domicile d'un mort au milieu de la nuit. Il n'y avait pas de procédure, il n'y avait pas de protocole ou de méthode derrière lesquels elle aurait pu se réfugier, s'en remettant aux actes tels que les livres en parlaient. Non, elle était là, c'était bien sa décision, pas des règles, des ordres qu'elle aurait suivi parce qu'il le fallait, parce que c'était la loi, parce que c'était le bien. Alors elle était un peu perdue. Perdue entre la foi qu'elle tentait de placer en son métier et son utilité, et l'évidence. L'enquête entière était un échec cuisant. Si elle avait encore besoin de preuves, pas une mais bien deux personnes avaient ressenti le besoin de chercher les lieux avant que leurs collègues ne viennent le faire officiellement. Difficile, dès lors, de garder confiance en la capacité du commissariat à jamais attraper le Poète, comme les médias aimaient à l'appeler, et comme elle avait elle-même pris l'habitude de l'appeler, sans vraiment s'en rendre compte. Il était rentré dans leur vie, il s'y était fait une place, s'était immiscé sinueusement dans leurs pensées, et ils avaient même fait une place dans leur vocabulaire pour accommoder ses agissements meurtriers. Peut-être que les risques qu'elle prenait aujourd'hui permettraient d'appréhender celui qui ruinait bien plus de vies qu'il n'en prenait, laissant des éplorés, des veufs, des veuves, des orphelins, des amis attristés, des grands-parents et des petits-enfants désemparés, dans son sillage sanglant. Tous vagissaient dans la traînée sanguinolente qu'il laissait en s'en allant, nouveau-nés de l'horreur qui s'était abattue autour d'eux à défaut de leur tomber dessus. Elle, elle avait eu la chance de parvenir à rebâtir sur ses cendres, phénix abîmé mais bien vivant. Tobias, lui, n'avait pas pu, pas su, pas voulu. Elle ne savait pas si elle trouverait la raison, si elle trouverait quoi que ce soit, mais ça valait bien la peine d'essayer. Pour qu'aucun autre n'ait à subir ce qu'ils subissaient tous depuis des années.

Et quand, enfin, le massacre cesserait, les quelques survivants pantelant et affaiblis, alors le commissariat aurait quelques comptes à rendre. Elle aussi, peut-être, si ses agissements d'aujourd'hui étaient mis en lumière. Ils répondraient de leur incompétence, ils répondraient des crimes qu'ils n'avaient pas empêchés, des hommes qu'ils avaient abattus dans leur chasse au sorcier, ils répondraient des écarts de leurs officiers qui doutaient tant qu'ils en venaient à enfreindre les lois qu'ils défendaient. Des changements surviendraient alors, beaucoup incapables de se débarrasser du manteau de mensonges et de sang qu'ils s'étaient fabriqués pour supporter les hivers funestes, alors ils s'en iraient, laissant la place à d'autres, moins marqués, moins blessés, plus jeunes ou étrangers aux drames qui avaient souillé les bureaux et balafré les sourires. Willow, elle, espérait bien qu'elle ferait partie de ce renouveau. Qu'elle serait là pour ramasser toutes les miettes de sa ville éparpillées sur les trottoirs, pour combattre les autres crimes qu'on avait oubliés dans la folie meurtrière, les dealers, les cambrioleurs et les violences auxquels on n'accordait plus autant d'importance. Pour aider toutes les victimes qu'ils n'entendaient plus, assourdis par les cris de panique et le sang qui coulait. Le Poète ne durerait pas éternellement, elle voulait y croire.

Après quelques minutes à explorer sans aucune logique, elle prit quelques instants pour se concentrer. C'était peut-être sa chance de faire une différence, à son niveau, certes, hors des lois et cachée de ses supérieurs, mais s'ils parvenaient à attraper le tueur, ça importait assez peu. Elle n'avait plus besoin de reconnaissance, elle voulait juste un peu de sérénité. Bien sûr, les avocats et les supérieurs diraient que ces pratiques les empêcheraient de monter un dossier solide contre l'assassin, mais vraiment, elle espérait de tout cœur qu'une main vengeresse abattrait un coup de scalpel fatal et libérateur bien avant le procès. Willow n'avait plus besoin d'être cette main, savoir qu'elle l'avait guidée jusqu'au Poète était suffisant. Elle ne pouvait pas simplement tout retourner à l'aveuglette, alors elle décida de se concentrer meuble par meuble.



La brune se dirigea ensuite vers le garage où, avec un peu de chance, l'ambiance serait moins oppressante.
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Sujet: Re: we are the last people standingDim 1 Oct - 18:21

Il l'avait dit plusieurs fois à Denis, répété à Willow mais également à Arthur il y a quelques mois de cela... Il y avait quelque chose de profondément dérangeant dans la mort de Laurel, quelque chose, comme si pour le Poète elle avait représenté une étape cruciale. Comme si elle avait eu quelque chose de plus. Quoi ? Jesse n'en avait pas la moindre idée mais son instinct lui avait toujours dit de tout faire pour remonter à cette fameuse nuit.

Et voilà qu'il était là, devant la porte de la chambre de Laurel, le coeur battant le tambour dans sa poitrine, tandis qu'il essayait de se rappeler à quand remontait la dernière fois qu'il avait été aussi nerveux. Avait-il été aussi anxieux la dernière fois qu'il s'était trouvé dans cette maison, ses iris azur posés sur Tobias, encore en vie, encore en train de s'agiter et de lui dire de bien regarder. Justement, Jesse aurait souhaité avoir eu la présence d'esprit de l'écouter un peu plus, de pouvoir deviner ce que le grand brun avait voulu lui dire... Mais si ses tripes lui indiquaient la bonne direction à prendre la plupart du temps, le reste n'était malheureusement pas inné. Ce qui expliquait pourquoi il se retrouvait ici ce soir, pourquoi il était complètement figé devant cette porte et pourquoi, il était complètement incapable de faire demi-tour maintenant qu'il était là. À un autre moment, il serait probablement allé chercher Willow et aurait suggéré qu'ils se lancent dans cette fouille ensemble mais pas maintenant...

À cette pensée, Jesse décida de se secouer et il finit par ouvrir la porte lui-même. Il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre, l'adolescente ne serait pas assise au bureau ou même sur son lit, elle était morte depuis bien longtemps et son fantôme ne trainait plus dans les rues de Fairhope et certainement pas ici. Il se maudit intérieurement, plus pour essayer de stabiliser ses mains tremblantes qu'autre chose et fit quelques pas. La chambre de Tobias lui avait apporté un autre élément de réponse et avait également semé le doute dans son esprit. Les victimes du Poète, même si elle semblait être choisie toute au hasard, finissait par se retrouver liées. Liées au milieu de l'horreur, comme si le meurtrier s'amusait à tirer un immense fil rouge lui-même, histoire d'empiler les corps un à un, pour ensuite s'éloigner et observer son oeuvre. Le résultat était... Jesse n'avait pas vraiment de mots pou expliquer toute la peine que cette affaire avait engendré, sans oublier tous les dégâts collatéraux tels que la mort de Tobias. "Jesus focus Mahoney." murmura Jesse dans la pénombre, histoire de se sortir de son état léthargique. Quelque chose s'était passé ici, Laurel avait été retrouvée, nue, su son lit, son journal intime près d'elle. Le dit journal était devenu une pièce à conviction.



Serrant la nouvelle page contre, Jesse prit une longue goulée d'air, il pouvait sentir une colère sans nom le parcourir et il sut qu'à cet instant il devait sortir de cette maison. L'air se faisait de plus en plus nuisible et il avait la désagréable sensation d'être revenu au soir de la mort de Laurel. Il avait eu ses réponses, s'attarder ici... était inutile. Jesse finit par quitter la pièce, refermant lentement la porte devant lui, dévalant rapidement les escaliers.  "Je crois qu'on ne devrait pas trop trainer." lança t-il enfin, ne sachant pas si Willow ou Peter allait l'entendre.

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Sujet: Re: we are the last people standingLun 2 Oct - 21:10

Ses yeux parcouraient toujours les mêmes lignes, en boucle, à l’infini, un disque rayé qui revenait toujours au début après le point final. Les phrases lui martelaient le crâne au point de lui faire mal, au point qu’il ait besoin de s’asseoir dans le fauteuil qui se trouvait justement là. Il essayait de lire entre les lignes, déduisant ce qui n’était pas écrit mais ce que Tobias aurait pu trouver dans ces aveux. Une vérité oubliée ? De quoi remuer Tobias qui avait pourtant tenu le corps de sa soeur contre lui. De quoi le rendre fou si toutefois il avait fui un autre monde, une autre ville avant d’atterrir ici avec une gamine qu’il avait embarqué avec lui, juste pour avoir une ancre, quelque chose qui parviendrait à le rattacher à la réalité. Et puis on l’avait privé de tout ce qu’il y avait de plus pur, et il avait perdu sa boussole, ses repères, la famille qu’il s’était créé pour survivre. Pour qu’elle revienne simplement au galop quelques années plus tard, des menaces qui lui avaient certainement donné la nausée. Une vérité encore plus dérangeante que celle qu’on avait publié dans les journaux de Fairhope, une vérité que peu de gens pourraient accepter, que peu de gens pourraient croire ; y compris Tobias qui avait sûrement fini par céder.

Le doute s’installait, nouveau résident de cette maison abandonnée, prenant le contrôle sur le coeur de Peter qui s’imaginait le pire. Et si c’était vrai justement, si Tobias avait fui pour éviter d’être pris en flagrant délit ailleurs ? Si c’était lui, le Poète ? Les mois qui allaient suivre seraient là pour le prouver de toute manière. Si d’ici quelques semaines, aucun autre corps ne venait salir les rues de Fairhope, alors il y avait de grandes chances pour que Tobias ait été le bon suspect depuis le début. Quand aux cadavres retrouvés pendant l’incarcération du Clyne… Non, il y avait encore des détails qui ne coïncidaient pas et qui ne faisaient pas sens. C’était insupportable, et Peter se demandait s’il ne valait pas mieux prévenir Jesse et Willow de ce qui se tramait dans les hautes sphères du commissariat, juste histoire de les mettre au courant et de leur faire comprendre que plus rien n’était sûr, qu’ils s’aventuraient en terrain miné et qu’ils ne pouvaient maintenant plus faire confiance à personne ; pas même à lui, évidemment. Il était le nouveau joujou d’Arthur, il fallait clairement l’éviter comme la peste. C’était même le chef de la police qui l’avait « invité » à faire ce voyage jusqu’au domicile de Tobias au beau milieu de la nuit, ce dernier s’attendait forcément à un rapport complet de la part de Peter. Jugeant qu’il préférait rester muet, il rangea les bouts de papier dans la poche arrière de son jean, éteignant toute source de lumière entre ses doigts pour éviter d’être repéré par le voisinage.

Un bruit sourd dans la pièce d’à côté l’extirpa de ses réflexions, aux aguets, prêt à bondir sur Jesse si toutefois il s’agissait d’un piège et qu’il allait se retrouver menotté dans les prochaines secondes… Rien de tout ça, évidemment, et il fallut quelques instants à Peter pour chasser définitivement la pensée. La culpabilité commençait clairement à le ronger, et il était temps pour le blond de se racheter une conscience, de se ranger du bon côté de la barrière. Pas question de partager ses découvertes avec Arthur, pas pour le moment. Pas question non plus de les partager trop tôt avec Jesse et Willow, sans avoir fait ses preuves auprès d’eux, sans qu’ils aient prouvé qu’ils étaient dignes de confiance ; peut-être étaient ils les sbires d’un certain Åkerfeldt eux aussi, et il serait dommage de perdre son poste en décevant son supérieur. Dévalant les marches de l’escalier quatre à quatre, il regagna le salon, susurrant le prénom de Willow dans l’obscurité, juste pour s’assurer qu’elle ne s’était pas évaporée, emportée par des fantômes qui les observait sans doute, flottant autour d’eux, glaçant le sang de ceux qui osaient pénétrer leur demeure. « Willow ? » insista-t-il une deuxième fois, avec plus de conviction cette fois-ci. Mais la voix de Jesse fut la seule réponse qu’il parvint à obtenir, faisant volte face.

« Je crois qu’il faut qu’on parte. » Un écho qui vint seulement confirmer l’annonce du métis. « Les trucs qui trainent ici sont beaucoup trop évidents, trop faciles à trouver, trop… » Ça sentait le roussi, ça sentait vraiment mauvais et il fallait qu’ils filent, qu’ils déguerpissent avant que les véritables forces de police débarquent ici et mettent la maison à feu et à sang. « Est-ce que tout le monde portait des gants au moins ? » Pas de preuve de leur passage, à part pour les cheveux qu’ils auraient pu perdre à un moment donné… Une grande inspiration. Il ne fallait pas paniquer, ne pas tirer de conclusions trop hâtives, sans quoi on allait sans doute juger qu’il exagérait ; mais après avoir entendu le discours d’Arthur, Peter ne serait pas surpris si le chef de police avait lui-même décidé de laisser trainer de faux indices par ici, juste au cas où le Poète reviendrait en premier, juste pour énerver le tueur et le mettre au défit de se révéler. « This is way too easy guys, something smells awfully wrong. We need to go, we need to go now. » Il y avait définitivement quelque chose qui clochait.

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Sujet: Re: we are the last people standingMer 4 Oct - 22:16

Willow n'était pas certaine de vouloir trouver quoi que ce soit. C'était paradoxal, ce désir de participer à la chute de ce monstre, ce besoin de voir cette horrible section de sa vie menée à son terme, et le profond sentiment d'angoisse qu'elle sentait monter en elle à l'idée de faire une véritable découverte. Partir à la chasse aux indices avait eu son attrait, il n'y a pas si longtemps. Parcourir la boue du Willow Lake à la poursuite d'une idée, partager des séances de recherche enfermée dans un placard avec Jesse, c'était facile, c'était gratifiant, ça lui donnait de fausses impressions d'appartenance, d'importance. Pourtant, alors qu'elle parcourait la demeure inhabitée des Clyne, seule et déterminée à le rester, tout sonnait faux. Ils n'étaient encore que des jouets, des figures d'argile modelées entre les doigts d'un assassin qui ne leur laissait que du carnage, et Willow, qui apercevait enfin un futur derrière les rideaux de sang, se demandait quelle forme elle aurait si elle continuait de se plier au jeu. Le vide qui l'entourait semblait bien trop lourd, bien trop vaste, et elle avait peur de ne pas retrouver son chemin si elle s'y laissait happer. Elle n'allait pas renoncer, bien sûr, elle s'était déjà trop impliquée pour ça. Ca ne changeait rien au nœud qui s'était formé dans sa gorge alors qu'elle évoluait dans le garage abandonné que ses collègues retourneraient bientôt à la recherche de pistes, de quelque chose. Ils avaient tous le même objectif, et pourtant plus personne ne se faisait confiance. Plus que de tuer, le Poète déconstruisait lentement tous les liens jamais tissés. Il poussait les amis à se trahir, les amants à se craindre, il poussait les parents à se regarder avec méfiance, il fragilisait l'équilibre précaire de leur petite société de campagne. Et qu'il devait en rire. Rire à gorge déployée de toutes les accusations qu'ils lançaient à tout va, se moquer de bon cœur des doigts pointés et des murmures, fantôme invisible qui évoluait parmi eux et se délectait de leur mal-être.

Elle aurait pu rejoindre Peter et Jesse à l'étage. Là où les chambres se trouvaient et où les secrets qui avaient survécu aux années dormaient sous les oreillers. Elle aurait pu laisser les toiles d'araignée, les pots de peinture et les outils à leur repos silencieux, mais elle ne se sentait pas assez forte pour contempler les lits où ils s'étaient aimés, le lit où Laurel était morte, la chambre qui avait tout vu, immobile et impuissante, porte fermée sur l'horreur. C'était trop intime, c'était trop personnel, et la brune se contenterait du garage, aussi glauque et froid qu'il puisse être. Elle resserra sa veste sur sa poitrine pour combattre les frissons qui l'assaillaient. Peter et Jesse. Le brun avait voulu la recruter, les faire travailler tous les trois ensemble et pourtant c'était chacun de leur côté qu'ils étaient venus. Elle n'avait pas encore donné sa réponse au métis et n'était pas certaine du poids qu'aurait cette nuit dans sa décision.



Les voix de Peter et Jesse lui firent faire demi-tour et retourner dans le hall. Elle y rejoint les deux hommes, chacun ayant l'air beaucoup moins à l'aise que lorsqu'ils avaient tranquillement décidé de pénétrer ici sans autorisation. Willow fronça les sourcils, mais elle n'eut pas le temps de demander des explications que Peter s'était lancé dans un discours presque paranoïaque qui la réduisit au silence, et qui grinça comme des ongles sur un tableau noir au fond de sa tête. L'alchimie de la veille était définitivement oubliée, c'était bien un peu d'inquiétude qu'elle avait à nouveau au fond du ventre. A l'entendre, la pièce allait exploser, ou les services de police allaient soudainement braquer des projecteurs sur leurs yeux éblouis et les emprisonner. Pas qu'elle soit en désaccord avec le désir urgent de quitter l'endroit, mais c'était un éclat dans ses yeux, une note quelque part dans sa voix. «Well, I'm done down here, so if you guys are ready let's just get out of here.» Elle accompagna ses mots de quelques pas vers la porte, qu'elle ouvrit. L'air frais de l'extérieur était presque une bénédiction. Elle pensa partir sans un mot, les laisser à leurs complots et s'en aller comme elle était venue, mais finalement, elle décida de s'attarder quelques instants supplémentaires. «I think, I guess... I'll just go home, have a think about all this and see what I really think in the morning.» Elle voulait juste rentrer et mettre ses idées au clair, examiner ses photos, les clés et la lime à ongles ensanglantée plus en détails, et penser aux implications de cette visite nocturne. «I'll see you then. Just... Just don't do anything stupid, you know? Both of you.» Willow quitta ensuite la demeure torturée de Tobias Clyne.
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