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 Forgive us our sins

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bad blood - we live here

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Sujet: Forgive us our sinsMer 3 Mai - 4:02

forgive us our sins
and lead us not into temptation



mars 2016
Il ne s’était jamais vraiment habitué, il avait juste appris à vivre avec. Il se souvenait des premières fois où il avait pris place, les mains moites s’agrippant à sa bible, craignant de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir quoi répondre. De peur d’être confronté au pire. Il l’avait d’ailleurs déjà croisé de nombreuses années en arrière, sans savoir qu’il allait grandir et devenir le fléau de la ville, le fléau de sa ville, et qu’il allait tout anéantir sur son passage. Bien sûr, la confession n’avait pas été suffisamment explicite mais Ezra s’était douté de quelque chose, et à chaque fois qu’il reprenait place à présent, il se demandait si le souvenir n’allait pas venir jusqu’à lui pour lui avouer tous les crimes qu’il avait commis, espérant ainsi le pardon de Dieu. Et chaque jour il priait, il demandait de l’aide au ciel pour trouver une bonne raison de rester silencieux si toutefois on venait jusqu’à lui pour confesser de telles horreurs. Autant lui asséner un coup violent derrière la nuque immédiatement pour le paralyser, ce serait plus rapide et sans doute beaucoup moins douloureux d’une certaine façon. Mais en attendant que le dilemme ne s’impose violemment à lui, il restait présent pour sa paroisse, vivant avec le poids des pêchés d’autrui sur ses épaules, jurant à chaque fois de les emporter avec lui.

Avec le temps, il avait aussi appris à repérer les regards hésitants, les âmes esseulées, isolées loin du reste du troupeau, évitant les premiers rangs, exilées à l’autre bout de l’église, comme si elles cherchaient à être oubliées avant même de s’être faites connaître. C’était vers ces âmes-là qu’Ezra se tournait en priorité, les questions ne franchissant même pas ses lèvres, son seul silence pour preuve de la confiance qu’on pouvait avoir en lui. Il suivait ces hommes, ces femmes, souvent seuls, perdus, abandonnés ; il ne les quittait pas du regard. Peu lui importait de savoir s’ils allaient revenir ou non, le but n’était pas de les rendre fidèles ou de leur faire croire en une bonté divine dont ils ne parvenaient pas à voir la lumière. Non, le seul intérêt d’Ezra était de leur faire croire en eux, de leur donner une bonne raison de croire qu’ils n’étaient pas leurs propres ennemis, que leurs blessures allaient cicatriser s’ils en prenaient soin, s’ils leur laissaient seulement le temps de guérir. Les prières pour le Créateur n’avaient de valeur que si on était persuadé de sa présence ; pour les autres, il existait d’autres solutions, d’autres échappatoires, et certainement une autre signification à leur présence. Alors c’était eux qu’Ezra voulait aider, n’attendant même pas qu’on vienne à sa rencontre, qu’on insiste ou qu’on l’implore du regard. Il se dirigeait de lui-même vers son confessionnal, s’installant sans un mot. Il attendait parfois de longues minutes, voire de longues heures pour les plus indécis, et il récupérait souvent des lambeaux d’êtres qu’il essayait de recoller avec autant d’amour que Dieu pouvait en avoir pour ses Fils.

Ce jour-là, il l’avait reconnu parmi les autres. Le pasteur ne s’était pas contenté de l’observer ou de le suivre du regard ; il l’avait vu, et Ezra avait tout de suite su que la confession serait longue, ou qu’elle serait déchirante. Et si ce n’était pas cela, alors il s’agirait d’aveux qui l’attendraient personnellement, qui viendraient réveiller des sentiments qu’il avait réussi à mettre de côté depuis longtemps. Il avait fini son sermon avec autant de conviction qu’il l’avait commencé, insistant sur ce que la population avait besoin d’entendre, se chargeant à lui seul de panser les esprits les plus troublés par la situation actuelle et les heures sombres que Fairhope traversait. Et puis il avait sagement attendu que le lieu de culte se vide, serrant quelques mains, acquiesçant simplement ou appréciant les remarques que certains avaient à faire sur la question qu’il avait soulevé ce jour-là, jugeant qu’il serait bon de traiter de l’espoir - une énième fois. Après tout, la ville s’y prêtait si bien… Il avait tout remis en ordre, rangeant les feuilles du discours qu’il avait peaufiné tout au long de la semaine jusqu’au dimanche fatidique. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne ; à part lui, cet autre qui semblait perdu. Aucun témoin, pas la moindre présence. Et il avait agi, comme il avait appris à le faire au cours des dix dernières années, se dirigeant finalement vers le confessionnal avec la ferme intention de se retirer du reste du monde un instant. Pour écouter.

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Sujet: Re: Forgive us our sinsDim 21 Mai - 23:16

Sebastian ne savait même pas ce qu’il fabriquait là. Plus il y pensait et plus il se disait que c’était une mauvaise idée. Son esprit lui hurlait de faire demi-tour, de retourner se cacher dans les ténèbres, là où seule sa peine pouvait le nourrir et venir lui polluer l’esprit et en même temps... en même temps, ses pieds étaient restés bien ancrés dans le sol, comme s’ils savaient que leur propriétaire devait se trouver là. Comme si une force invisible faisait en sorte qu’il soit ici, sur le petit pavement de l’église tous les dimanche matins.

L’affaire durait depuis quelques mois et à chaque fois, Sebastian se retrouvait la bouche complètement pâteuse, les poings serrés à tenter d’expliquer le phénomène et à essayer de rentrer chez lui, la vérité était simple : il ne pouvait tout simplement pas. Des croyances ? Il n’en avait pas, pourtant, sa soif intarissable semblait presque apaisée face à cette croix imparfaite, faite de bois, qui semblait le narguer et lui dire que s’il le souhaitait vraiment, vraiment, elle pouvait s’abattre sur son crâne et venir le libérer. Si seulement… si seulement le repos pouvait être aussi simple. Si seulement le silence pouvait être aussi simple, Sebastian aurait volontiers dit oui et il se serait réfugié dans les bras de ce Dieu qui n’était guère clément, déjà prêt à lui baiser les pieds… juste parce que c’était la bonne chose à faire. Mais non, au lieu de cela, tous les dimanches depuis un certain temps, il se retrouvait là, et après les autres, longtemps après les autres, il finissait par pousser la porte du lieu sacré et il s’asseyait le plus loin possible du premier rang et écoutait des mots qui ne pouvaient pas le sauver. Il aurait tellement voulu croire, croire qu’il y avait autre chose, quelque chose que ses mains ne pouvaient pas réduire en cendres, quelque chose que son esprit ne pouvait pas corrompre. Sebastian aurait pu dormir la nuit s’il avait su que sa condition d’homme n’était pas la fin de tout, mais quand il levait les yeux vers le ciel, il ne voyait pas de rédemption, il ne voyait pas de pardon et il se traitait de fou et finissait par tourner le regard et par fuir.

Pas aujourd’hui, aujourd’hui il ne fuyait pas. Leurs regards s’étaient croisés et Sebastian su aussitôt qu’il ne pouvait pas se cacher davantage. Pas dans la maison de Dieu, pas auprès de son serviteur le plus fidèle. Sebastian portait tellement sur ses épaules, peut-être que se décharger un peu l’aiderait à avancer, et à passer à autre chose. Pour une journée, pour une nuit, juste pour dormir un peu et récupérer des forces pour continuer de rouler sa pierre jusqu’en haut de sa montagne, tout ça pour la regarder rouler de nouveau vers le bas et recommencer le lendemain matin. Avec les mêmes genoux écorchés et les mêmes mains brisées. Il pouvait vivre avec cela, se dit alors le brun, il pouvait vivre avec l’espoir d’une seule journée, il pouvait croire en cela. Alors les pas de Sebastian s’étaient dirigés vers le confessionnal, son esprit fonctionnant à toute vitesse. Choisissant quelle erreur il allait révéler pour commencer, laquelle serait la première faute qui allait passer par ses lèvres et qui allait le condamner aux yeux de son ainé. Laquelle. La main hésitante du quarantenaire se posa sur le confessionnal. Il n’était pas trop tard pour tout arrêter. Et dire que Sebastian arrivait à révéler des détails gênants de lui-même aux réunions des alcooliques anonymes, devant des néons et des visages qu'il connaissait. Ce n’était pas pareil, de l’autre côté, ce n’était pas vraiment un homme, pas vraiment Dieu, pas vraiment quelqu'un qui pouvait effacer ses fautes et pas vraiment un sauveur. C’était toutes ces notions qui se rencontraient à la fois et le brun ne put s’empêcher de penser à sa mère. Elle qui lui avait toujours dit de prier, de s’agenouiller, d’être sage… où était-elle maintenant ? Probablement six pieds sous terre, probablement près de son Dieu, ou alors il l’avait punie parce qu’elle avait été incapable d’aimer tous ces enfants de façon équitable, parce qu'elle avait renié son dernier et avait laissé Père et Fils le battre de toutes leurs forces.

Sebastian poussa la porte à ce moment-là, presque en colère, presque épuisé, et il finit par s’asseoir dans cette semi-pénombre, inspirant profondément. « I don’t know what to say… what do people usually say first …? » Il avait été le premier à briser le silence, sa voix trop grave à son goût dans ce lieu si étroit. « Something along the lines of … Father forgive me for I have sinned… » Sebastian se trouva ridicule en prononçant ces mots-là, il osait à peine relever la tête, fixant ce qu’il imaginait être ses mains, là perdu quelque part devant lui. « I’m just confused and lost… I heard this was a home, so that’s why I’m here. Mine was broken a long time ago. »

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i was on a heavy tip, trying to cross a canyon with a broken limb
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Sujet: Re: Forgive us our sinsJeu 1 Juin - 4:40

Ils étaient nombreux à ne pas savoir par où commencer, à s'asseoir là en espérant que le Divin leur tombe entre les mains avec la réponse à toutes leurs questions. Ils étaient nombreux à rester silencieux, la solitude leur ayant si souvent rongé les os qu'ils ne parvenaient plus à prononcer un seul mot, appréciant la présence du pasteur à leurs côtés pour seul témoin de leur existence misérable. Ezra patientait jusqu'à ce que le silence soit teinté d'une certaine mélancolie avant de s'armer d'une bible pour réciter quelques psaumes, partager quelques pensées qui se noieraient bientôt dans un esprit tourmenté. L'homme n'irait pas jusqu'à dire qu'il appréciait ces moments plus que les véritables conversations qu'il entretenait parfois avec des fidèles égarés, mais il les chérissait particulièrement, conscient que son travail prenait une toute autre ampleur dans ces cas-là. Certains ne reviendraient sans doute jamais, il était essentiel de les laisser repartir avec un peu d’espoir, une flamme qu’ils pourraient laisser trôner dans un coin de leur demeure suffisamment longtemps pour que le foyer retrouve sa chaleur, pour qu’il redevienne agréable de rester au coin du feu sans craindre que ce dernier ne ravage tout sur son passage. Ezra faisait de son mieux pour transmettre cette force qui le poussait à quitter ses draps tous les matins, cet élan qui le forçait à abandonner sa demeure pour rejoindre celle que Dieu avait voulu qu’il habite.

Dans le regard de cet homme, il n'avait pas vraiment réussi à lire ce qui se tramait, incapable de conclure à une profonde solitude ou un simple besoin de reprendre contact avec les cieux. Ezra restait pourtant convaincu qu’il n’y avait personne là-haut, mais c’était une autre histoire, un autre débat qu’il avait souvent avec les fidèles de sa paroisse. Pour l’heure, il posait sa bible sur ses genoux, le pauvre bouquin farci de notes et de dessins qu’Ezra avait griffonné à la hâte en rédigeant ses sermons, s’inspirant des vérités qu’il avait trouvé entre ces quelques pages et qu’il s’était efforcé de remettre en doute. S’il ne questionnait jamais sa foi, alors à quoi bon ? Le pasteur esquissa un sourire, les lèvres de cette âme brûlantes de questions, elles aussi. Qui ne cherchait pas de réponses, après tout. Même sans le savoir, même sans vraiment le vouloir ; il y avait une réponse dans chaque acte, Ezra en était convaincu. Et en ce qui le concernait, il s’efforçait de toujours donner les bonnes, de donner l’exemple, fournir aux autres les éléments nécessaires pour trouver leur propre voie sans jamais imposer la sienne. Le pasteur ne broncha pas, habitué à ce genre de discours qui commençait de manière hasardeuse. L’homme saurait rapidement mettre des mots sur ce qui le faisait saigner ; après tout, c’était humain. Là où les plaies laissaient exprimer la douleur, le silence n’avait jamais réussi à les panser.

« You don’t have to call me Father, I’m a pastor. » Il aurait pu s’étendre sur le sujet et donner davantage d’explications, mais ce n’était pas le plus important. Do not call anyone on earth your father; for One is your Father, He who is in heaven. Il ne valait pas mieux qu’un autre parce qu’il avait consacré sa vie et tout son être au Créateur, et il n’était pas question que son interlocuteur puisse ressentir une quelconque différence à un moment ou à un autre. Les titres pompeux n’étaient clairement pas pour lui ; pas de costume particulier non plus, une chemise à carreaux ou à la teinte unie suffisant généralement à lui donner cet air accessible, le pasteur particulièrement mal à l’aise à l’idée de devoir mettre de la distance entre lui et ses fidèles par un accoutrement ou un langage différent. Non, il passait plus longtemps à prier, à espérer, à remettre en question et à tenter de comprendre que la plupart des gens, voilà tout. « It is considered a home for a lot of people, yes. » Non pas que ce ne soit pas le cas pour lui aussi ; entre ces murs, tout avait subitement un sens et il avait enfin l’impression d’être là pour la bonne raison. « A lot of people come here thinking they will find answers, thinking it would be the end of the line, that there wouldn’t be anywhere else to go after that… » Ezra savait qu’il pourrait le perdre rapidement, quelque part au milieu de son discours s’il ne faisait pas suffisamment attention. Les plus perdus espéraient généralement un miracle en venant à sa rencontre, mais Ezra n'en faisait toujours pas et il ne valait pas mieux qu’eux, vraiment pas mieux. « …But isn’t a home supposed to be somewhere you grow before you leave ? » Ce dont ils ne se doutaient pas, c’était que les miracles venaient d’ailleurs, venaient de ceux qui s’étaient donné la forcé d’y croire, qui ne s’étaient pas lâchement assis en croyant que le bonheur tomberait entre leurs mains tendues vers le ciel en désespoir de cause. « There’s enough love and space for everyone to grow here, we can listen and heal, like a proper home. And once you’re ready, you can go and build your own and make sure it’s just as comfortable as this one. » Mais il s’égarait n’est-ce pas ? Non, il essayait juste d’anéantir les idées reçues, de faire en sorte d’être entendu avant que d'écouter. Ezra ne guérirait pas cet homme, tout comme il n'en n'avait sauvé aucun autre ; il l'aiderait simplement à reprendre sa route plus sereinement. Peut-être l'accompagnerait-il sur le chemin, qui pouvait le savoir ? « Nothing you will say will leave this home, if you so desire to make it yours for the time being. »

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